Est-ce ma profession qui a fini par déteindre sur moi ? Se peut-il que j'accuse injustement ma femme, ou mon couple est-il vraiment en péril ? Cela vous paraîtra sans doute difficile à croire, mais je ne m'étais douté de rien. Et pourtant, je ne suis pas un homme naïf. Depuis presque trente ans que j'exerce la profession d'avocat, j'ai entendu mes clients me confier toutes sortes de mensonges et de crimes. Mais dès que je rentrais chez nous, dans notre maison familiale sur les bords de la Loire, j'avais pour principe de ne jamais mettre en doute ce que me disaient ma femme ou mon fils. Bien sûr, je sais que mon fils a parfois abusé de ma confiance, en me racontant que tous ses copains avaient eu comme lui une mauvaise note en géométrie, ou en me demandant de l'argent de poche en prétendant que sa mère avait oublié de lui remettre la somme prévue. Je ne lui ai jamais fait de reproches parce qu'il n'a pas abusé de mon indulgence et que, pour tout dire, je m'étais comporté de la même façon avec mon père, trente ans plus tôt. Aujourd'hui, mon fils achève brillamment ses études d'ingénieur, et s'il continue d'habiter chez nous, c'est parce qu'il se sent bien, entre sa mère et moi. D'ailleurs, tout le monde se sent à l'aise chez nous, peut-être parce que nous formons
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