Benjamin Lavernhe a le cerne creusé, mais le sourire large. Les journées sont denses, la saison est folle, il est un peu épuisé… Mais prêt à dévorer l'écran, la scène, encore et encore. Au moment où la rencontre a lieu, il est Rodrigue, dans Le Cid, cinq représentations par semaine : « C'est un rôle exigeant, physiquement, émotionnellement, raconte-t-il. On va chercher tout au fond de soi pour mettre ses tripes sur la table, ça prend beaucoup de place. J'en suis très heureux, mais le lendemain matin, je suis un peu sonné de tout ce que j'ai traversé sur scène. » Travailleur acharné, amoureux de son métier, l'acteur tente, ose, goûte - et peut-être même la fatigue qui va avec. Le Cid joue à guichets fermés, il se prépare déjà à attaquer les répétitions de La Vie parisienne. La Comédie-Française impose son rythme, soutenu, depuis quinze ans, en ce qui le concerne.“J'AI MIS DU TEMPS À M'AUTORISER À RÊVER”Mais quand on veut, comme lui, ne jamais s'enfermer nulle part, on glisse le tournage des Misérables et la promo de la série Des vivants dans un interstice, à l'automne, et puis, l'hiver suivant, le marathon Césars. Depuis Le Sens de la fête, en 2017, et une première nomination aux Césars, le comédien monte constamment en puissance : « Jongler entre le cinéma et le théâtre peut vous bouffer toute la vie, mais c'est tellement enrichissant, galvanisant, passionnant… C'est surtout un luxe énorme », sourit celui
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