Psychologies Magazine - Le numéro 486 du 16 septembre 2026

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La Une de Psychologies Magazine n°486 du 16/09/2026

Au sommaire de ce numéro

Psychologies Magazine 486 Aller ou ne pas aller AU BOUT DES CHOSES

Aller ou ne pas aller AU BOUT DES CHOSES

Il n’est jamais aisé de rompre une histoire d’amour ou de mettre un terme à sa psychanalyse. La fin nous tétanise, le « plus jamais » nous effraie. En même temps, nous aimons boucler nos projets, les voir aboutir ; nous savourons aussi les parenthèses qui se referment. C’est à ce paradoxal entre-deux que Blanche Leridon consacre son nouvel essai, un texte éminemment subtil et « abouti » qui valo-rise l’ébauche, l’incomplétude, la vie comme un « chantier perpétuel ». L’autrice, qui confesse une « inclinaison à l’abandon », nous promet que la procrastination ou le renoncement ont aussi leurs vertus, nous aident à « reconnaître que la perfection n’existe pas, que rien n’est jamais totalement clos ». Une marque d’humilité, d’humanité. Dans un univers d’abondance quasi illimitée, nous avons aussi le droit de ne pas finir un livre, de repousser une échéance, d’interrompre un travail en cours, de refuser de trancher ou de conclure. Nous pouvons choisir de bricoler plutôt que de parfaire. De laisser des portes ouvertes, des horizons dégagés. Blanche Leridon ellemême n’offre pas de conclusion clé en main à sa démonstration mais préfère naviguer entre le récit intime et la sémiologie, le carnet de lectures et la chronique avisée d’une époque. Son livre défend très joliment la force du fragment et la « fortune de l’ébauche ». On y croise Rodin ou Michel-Ange. On y salue des auteurs adorés (Jean-Philippe Toussaint, Sally Rooney, Deborah Levy, Colette). Ce chœur de brillants irrésolus nous invite à accepter nos élans avortés, nos contradictions ou nos choix versatiles. « Le grand règne de l’inachevé » rouvre aussi des possibles au cœur de nos vies. Erwan DesplanquesCOUP DE CŒUR Nos inachèvements BLANCHE LERIDONDirectrice éditoriale à l’Institut Montaigne,

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Psychologies Magazine 486 Isabelle Huppert

Isabelle Huppert

Brushing impeccable et tailleur sur mesure, Isabelle Huppert, fin 2025, était La Femme la plus riche du monde 1. Douze mois plus tard, dans Ni vue, ni connue, elle promène une improbable houppette sur des plateaux de tournage, où elle est figurante pour boucler ses fins de mois. Si l’ac-trice règne quasiment sans partage sur le cinéma français, c’est que, d’un bout à l’autre de l’échelle sociale, en postière assas-sine comme en reine sanguinaire, elle est capable de tout jouer. Tout incarner. Tout oser, avec le plaisir malicieux de celles qui jouent à cache-cache et ne se font jamais attraper : « J’aime surprendre. Prendre le contre-pied de l’endroit où, peut-être, on m’attend, sourit-elle. Dans le film de Marc [Fitoussi, ndlr], j’ai goûté l’ironie de devenir cette figurante, qui ne parvient pas à être actrice. » Le réalisateur l’avait déjà affublée, il y a quinze ans, de fausse fourrure, de grosses créoles et de fard à paupières pétant pour incarner Babou, semi-marginale et mère un peu à côté de la plaque dans Copacabana : « Plus que l’histoire elle-même, ce qui m’intéresse, moi, c’est celui ou celle qui la raconte. Or, il y a toujours, chez

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Psychologies Magazine 486 QUELLE ÉNERGIE VOUS PORTERA CET AUTOMNE ?

QUELLE ÉNERGIE VOUS PORTERA CET AUTOMNE ?

LE QUESTIONNAIREPour chaque question, choisissez parmi les quatre propositions celle qui vous correspond le mieux. 1. Les premières feuilles tombent… J’en profite pour rentrer mes pots et nettoyer le jardin. J’aime voir la nature ralentir. Je vais me balader en forêt pour observer ce si beau spectacle. Je me dis que le printemps est déjà en préparation. 2. Les journées raccourcissent… Je prends davantage soin de moi pour rester en forme. Je change la décoration pour apporter de la luminosité. J’y vois le début d’un nouveau cycle pour conserver mon élan. Je profite du déjeuner pour faire le plein de lumière. 3. Le changement d’heure approche… J’aime que les saisons changent jusque dans notre quotidien. Vivement le retour à l’heure d’été. J’anticipe : tout est prêt avant le jour J. Une heure de sommeil en plus ? Je prends volontiers ! 4. Un dimanche de pluie s’annonce… J’en profite pour avancer sur une envie qui me tient à cœur. Je termine ce que je repousse depuis quelque temps. Je m’accorde une vraie journée de repos, sans culpabiliser. Je me lance dans une activité qui nourrit mon imagination.

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Psychologies Magazine 486 Cesser de CULPABILISER au travail

Cesser de CULPABILISER au travail

Léa hésite à poser les cinq jours d’arrêt prescrits par son médecin. Thomas, lui, reste systématiquement tard au bureau pour montrer qu’il est motivé : « Sinon, mon N+1, très investi dans la boîte, va penser que je bâcle le boulot ! » Quant à Sophie, elle s’excuse presque lorsqu’elle pose une journée pour accompagner son père à l’hôpital. Combien sommes-nous, salariés et même indépendants, à éprouver de la culpabilité à l’idée de manquer une réunion, de partir à l’heure quand les autres restent, d’arriver en retard, de refuser une mission supplémentaire, d’être malade sans symptômes visibles, de prendre des vacances quand nous croulons sous le boulot ou même de demander une augmentation. Mais cette culpabilité est-elle légitime ?FAUTE RÉELLE OU INTIME CONVICTIONToutes les culpabilités ne se valent pas. « Il existe une culpabilité “saine”, celle qui apparaît lorsqu’on a commis une faute ayant causé un préjudice, rappelle Yves-Alexandre Thalmann : signer un contrat sans l’avoir relu et faire perdre de l’argent à son entreprise, déclarer des heures non effectuées,

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Psychologies Magazine 486 LES FORCES insoupçonnées des discrets

LES FORCES insoupçonnées des discrets

Dans une société qui valorise l’affirmation et la mise en scène de soi, les tempéraments discrets ont sou-vent le sentiment d’être à contrecourant. Trop en retrait, pas assez confiants. Trop réservés, pas assez présents. Pourtant, si notre époque semble avoir été pensée pour les plus démonstratifs, elle en paie aussi le prix : narcissisme, dispersion, culte de l’urgence, intransigeance, isolement… Et si la réserve était un antidote à ces dérives ? « Elle s’accompagne de ressources précieuses : une capacité de recul, de concentration, de présence, de nuance, mais aussi une sensibilité à préserver les liens », affirme le psychothérapeute Thomas d’Ansembourg. Des qualités que la recherche met, elle aussi, en lumière.SUPER-POUVOIR N° 1 la sensibilitéLes discrets voient ce qui échappe aux autres. Dans une réunion, tout le monde retient les critiques. Eux repartent avec en plus un sourire ou une idée inspirante. Notre cerveau est naturellement attiré par ce

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Psychologies Magazine 486 « Ce que mes patients m’ont appris »

« Ce que mes patients m’ont appris »

Lorsque la jeune Dora (Ida Bauer, de son vrai nom), âgée de 18 ans, entre pour la première fois dans le cabinet du Dr Sigmund Freud en octobre 1900, elle est loin de se douter que son « cas » va être à l’origine de la théorie la plus révolutionnaire du XXe siècle1. C’est en effet grâce à l’observation de sa patiente, comme, un peu plus tard, du « petit Hans », de « l’homme aux rats », du « président Schreber » ou de « l’homme aux loups »2, que le psychiatre viennois va élaborer les concepts majeurs de la psychanalyse.LEÇON DE CRÉATIVITÉ« On est sans cesse confrontés à l’inattendu »C’est de la clinique que naît la théorie. Et ce sont les patients qui font le ou la psychanalyste, psychiatre, psychologue, psychothérapeute… « De mes maîtres, j’ai reçu un enseignement, mais ceux qui m’ont le

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