Brushing impeccable et tailleur sur mesure, Isabelle Huppert, fin 2025, était La Femme la plus riche du monde 1. Douze mois plus tard, dans Ni vue, ni connue, elle promène une improbable houppette sur des plateaux de tournage, où elle est figurante pour boucler ses fins de mois. Si l’ac-trice règne quasiment sans partage sur le cinéma français, c’est que, d’un bout à l’autre de l’échelle sociale, en postière assas-sine comme en reine sanguinaire, elle est capable de tout jouer. Tout incarner. Tout oser, avec le plaisir malicieux de celles qui jouent à cache-cache et ne se font jamais attraper : « J’aime surprendre. Prendre le contre-pied de l’endroit où, peut-être, on m’attend, sourit-elle. Dans le film de Marc [Fitoussi, ndlr], j’ai goûté l’ironie de devenir cette figurante, qui ne parvient pas à être actrice. » Le réalisateur l’avait déjà affublée, il y a quinze ans, de fausse fourrure, de grosses créoles et de fard à paupières pétant pour incarner Babou, semi-marginale et mère un peu à côté de la plaque dans Copacabana : « Plus que l’histoire elle-même, ce qui m’intéresse, moi, c’est celui ou celle qui la raconte. Or, il y a toujours, chez
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