Que la nature nous ait bien pourvus n'y change rien : le regard que nous portons sur nous manque cruellement d'indulgence. Mais certains se voient avec des travers démesurés par rapport à la réalité. Il s'agit de « dysmorphophobie », une fixation négative sur des défauts imaginaires. Une chercheuse américaine en psychologie de l'éducation, Kristin Neff, autrice de S'aimer, comment se réconcilier avec soi-même (Belfond, 2026, lire aussi notre article « Soyons indulgents avec nous-mêmes ! », p. 50), constate d'ailleurs que notre regard est bien plus tendre sur les autres que sur nous-mêmes. Elle y voit des raisons principalement culturelles, dans une société où l'indulgence et la compassion sont considérées comme des faiblesses, et l'autocritique, comme la seule façon d'avancer dans la vie. L'idéal serait de tourner vers soi ce regard bienveillant que l'on pose sur ceux qui nous entourent. Être une « bonne mère » pour soi, adopter un regard plus juste, cela s'apprend, nous assure la sophrologue Michèle Freud. Tout comme apprivoiser
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