Diapason - Le numéro 758 du 28 août 2026

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La Une de Diapason n°758 du 28/08/2026

Au sommaire de ce numéro

Diapason 758 16 enceintes entre 199 € et 21 500 €

16 enceintes entre 199 € et 21 500 €

ELTAX MONITOR III NEOFaire mieux sans perdre de vue l’essentiel, à savoir un rapport prestations/prix détonnant au sein de la production de masse : tel aura été le défi relevé par Philippe Penna, l’acousticien auteur entre autres des Elipson 402 Tribute et Legacy 3230, mais aussi, pour rester dans la même épure, des Eltax Monitor V récompensées par un Diapason d’or en 2023 (cf. no 718). Avec cette deux voies compacte Monitor III réinventée en Néo, la marque d’origine danoise, membre du groupe français AV-Industry (Elipson, FiiO, WiiM, Cayin, Eltax, Norstone, Tangent, Lumene…) signe une proposition formellement irréprochable, techniquement aboutie, musicalement très convaincante. Bien campée sur ses pieds en gomme en forme d’arche, elle sera facile à placer avec son format réduit (l×h×p = 19,5×32,5×22,9 cm) que ce soit sur un pied ou sur un meuble – cas le plus probable – et son évent d’accord bass-reflex down-firing qui permet une diffusion des basses sous l’enceinte à 360°. La caisse en MDF est recouverte d’un vinyle imitant parfaitement le bois clair ou foncé, également disponible en noir comme en blanc. A noter, s’agissant toujours d’une enceinte petit budget, les arêtes finement arrondies, la découpe soulignant la façade ou les vis de fixation des transducteurs totalement invisibles. Dans cette version Néo, le grave-médium de 13 cm à membrane en pulpe de cellulose enduite et ogive en polypropylène est nouveau, tout comme le tweeter à dôme souple et son amorce de pavillon ou encore le filtre du second ordre avec un recouvrement à 3100 Hz. L’écoute « Vraiment ? » se sont écriés quelques visiteurs de passage en entendant les Monitor III Néo. Il est vrai qu’avec un peu de malice et pas mal de délice, elles ont souvent tourné dans notre auditorium durant la réalisation de ce dossier. Une pièce aussi complexe que Harmonielehre de John Adams par l’Orchestre symphonique de Montréal (extrait B) et son enchevêtrement de couches instrumentales ne leur fait pas peur. En synthèse, notons cinq points qui qualifient leur talent : 1. une ouverture sensationnelle pour leur taille ; 2. une bande passante particulièrement régulière et étendue ; 3. un soutien du grave inhabituel avec un tel haut-parleur dans ce volume ; 4. une cohérence spatiale et une unité de timbres sur l’ensemble du spectre couvert ; 5. le pouvoir d’occuper l’espace sans stress ni fatigue auditive, même en écoute prolongée. Dire qu’on les recommande ? Affirmatif ! Les + : Le talent de jouer plus grand. Les - : Pour un budget à se pincer (+). eltax.com INDIANA LINE LIRA 3Derrière ce nom à consonance américaine se cache une entreprise fondée en 1977 à Turin, passée en 2020 sous pavillon polonais, réputée pour ses enceintes au rapport prestations/prix avantageux. Les Lira, au profil évoquant une lyre antique, constituent une gamme conçue selon un principe nommé Symbiotic Drive, en vue d’une synergie parfaite entre composants et matériaux. Cette deux voies accordée en bass-reflex embarque un HP grave-médium de 18 cm avec cône en polypropylène tissé, puissant moteur ferrite avec trois anneaux de rebouclage du champ magnétique et suspension Dual-Wave. Il est associé à un tweeter à dôme aluminium/magnésium de 28 mm et aimant néodyme. Une pièce de mise en phase et un guide d’ondes se chargent d’en homogénéiser la dispersion et de le raccorder sans accident de phase avec le woofer à la fréquence de 2300 Hz. La géométrie trapézoïdale du coffret aux surfaces non parallèles diminue les résonances internes tout en assurant le bon alignement temporel des deux transducteurs. La caisse en MDF avec façade de 21 mm d’épaisseur est rigidifiée avec du bambou. L’écoute Saluons le travail des concepteurs qui aboutit à une

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Diapason 758 Les métamorphoses de Rossini

Les métamorphoses de Rossini

ArsaceDeux pour le prix d’un ! Rossini a donné vie à deux personnages dotés du même prénom, témoins d’une inspiration in progress. Le premier Arsace apparaît dans Aureliano in Palmira, opéra créé à Milan fin 1813. Un triangle politico-amoureux y confronte deux figures historiques, l’empereur romain Aurélien et la reine de Palmyre Zénobie, qu’il convoite après avoir envahi son royaume, et un protagoniste fictif, le prince perse Arsace, amant et allié de Zénobie. Le jeune Rossini est encore sous l’influence de l’opera seria baroque et classique, où la voix de castrat prend souvent en charge le rôle du héros. Arsace est donc écrit pour Giovanni Battista Velluti, l’un des derniers représentants de la tessiture sur les scènes lyriques. L’usage requiert aussi un lieto fine, ce happy end édifiant qui éclaire le dénouement de ses Lumières : ici, Aurélien libère ses prisonniers et leur confie rien moins que de régner ensemble sur Palmyre… Une décennie plus tard, un nouvel Arsace foule les planches du Teatro La Fenice de Venise, dans Sémiramis ( Semiramide). Ayant fait assassiner son époux, la légendaire reine de Babylone a décidé d’épouser ce jeune officier assyrien. Or il n’est autre que son fils Ninias, supposé mort dans son enfance. Un soir, voulant frapper le traître Assur, Arsace poignarde par erreur sa propre mère. Il régnera donc seul. Demi-lieto fine, comme on voit, et un héros interprété par un contralto musico, c’est-à-dire une chanteuse en travesti. Désormais trentenaire, Rossini sait que l’esthétique des castrats est révolue. Ersatz malicieux, l’utilisation du musico en conserve la voix de tête et en décline le gender trouble – en témoignent les voluptueux duos d’amour pour voix fémi-nines unissant Arsace et Sémiramis.Bel cantoRossini, Bellini et Donizetti, triade du « bel canto romantique » ? L’appellation est quelque peu chimérique, qui associe une esthétique baroque au romantisme. De fait, Rossini assume l’héritage du siècle passé, où l’enjeu vocal prime sous la forme d’une rhétorique codifiée. De Handel à Mozart, le bel canto rivalise ainsi avec la virtuosité instrumen-tale en exigeant des interprètes une longueur de souffle et une maîtrise des ornements exceptionnelles ; le canto fiorito (fleuri, vocalisant) délivre ses traits, roulades et arpèges, et le canto spianato (étale) son art de la lenteur extatique et des sons filés. Cette rhétorique touche aussi la forme, en catégorisant les affects exprimés et en articulant fortement les airs au sein de la partition. Certes, avec Rossini, l’heure n’est plus à l’aria da capo, et la dramaturgie se veut plus fluide et naturelle – d’où l’idée de romantisme. Mais sa vocalité reste ancrée dans cette esthétique belcantiste où le formalisme, loin d’empêcher l’émotion, la sublime. CrescendoPeu de compositeurs ont donné leur nom à un procédé d’écriture. Alberti et sa basse… Rossini n’a pas inventé le « crescendo Rossini », mais il

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Diapason 758 Verdi Otello

Verdi Otello

« Esultate! » C’est avec ce cri de triomphe, saut de sixte culminant sur un mi dièse aigu (aussitôt supplanté par quatre sol dièse et deux la !), qu’Otello paraît, parmi les tempétueuses bourrasques que déchaînent chœur et orchestre. Hormis le « Hojotoho ! » de Brünnhilde dans La Walkyrie, on ne connaît guère d’entrée en scène aussi crucifiante. Il est vrai que quand il s’attelle à son avantdernier opéra, le maître italien a eu tout loisir de méditer la réforme wagnérienne – si bien qu’il est admis, quand on n’aime pas Verdi, de concéder ses faveurs à Otello. Lorsque le public milanais découvre l’ouvrage en février 1887, plus de quinze années se sont écoulées depuis la création d’Aida. Entretemps, Verdi n’est pas resté inactif : outre l’écriture de son Requiem, il s’est consacré à la révision de Simon Boccanegra puis de Don Carlos. Pour décider le patriarche à s’engager dans un projet théâtral inédit, l’éditeur Ricordi devra user de son insistante pression, allié à Boito.Retour à ShakespeareCe dernier, après avoir secondé Verdi dans la refonte de son Boccanegra, lui présente une adaptation d’Othello à la perfection lapidaire – l’aîné trouve en son cadet le librettiste de ses rêves, si bien que c’est à Boito qu’il fera à nouveau appel pour Falstaff, ultime pied de nez adressé à la postérité. Quatre décennies après Macbeth, ce retour à Shakespeare, auteur vénéré entre tous, est à n’en pas douter une source de motivation décisive pour le compositeur, Boito parvenant, dans une langue à la fois limpide et sophistiquée, à retranscrire la liberté, la grandeur poétique, le mélange de grotesque et de

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Diapason 758 17 rendez-vous à ne pas manquer

17 rendez-vous à ne pas manquer

1 Les Prem’sLes 1 er , 2, 3, 9 et 10 septembre, Paris, Philharmonie. Les Prem’s, deuxième ! Forte du succès de la première édition en 2025, la Philharmonie réitère son « festival symphonique » en guise d’ouverture de saison. Si Klaus Mäkelä et l’Orchestre de Paris sont là, avec un programme où la plus fameuse symphonie de Saint-Saëns, la 3 e , côtoie la « Liturgique » de Honegger, devenue plus rare au concert, les Franciliens entendront aussi l’Orchestre du Metropolitan Opera et son directeur musical Yannick Nézet-Séguin lors de deux soirées généreuses – une tout Strauss avec Elza Van den Heever, une 4 e de Mahler et des Rückert-Lieder avec Joyce DiDonato. Et l’Orchestre du Concertgebouw, sous la baguette de Santtu-Matias Rouvali, affrontera le Concerto pour piano n o 5 de Beethoven (avec Vikingur Olafsson) et la 5 e de Prokofiev.2 Solistes à l’Orangerie d’AuteuilDu 4 au 6 septembre. Dans le cadre enchanteur de l’Orangerie d’Auteuil, à deux pas de Roland-Garros, toutes les générations se croisent pour des récitals particulièrement relevés entre grand répertoire, pièces rares et ouverture sur le bel aujourd’hui. Côté jeunes talents, on ne manquera pas la prestation de Paul Lecocq, vainqueur du dernier concours Clara Haskil, ou de Mirabelle Kajenjeri, remarquée au Reine Elisabeth. A ne pas rater non plus, un programme sur le thème de l’eau par Jean-Baptiste Fonlupt, avec notamment une nouvelle partition de Benoît Menut, ou la venue de

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Diapason 758 Brahms, suite et fin

Brahms, suite et fin

Les conseils et discographies comparées de Patrick Szersnovicz, décédé durant les préparatifs de ce coffret, ont activement nourri ce trentesixième volume, que Diapason dédie à sa mémoire. Et ont inspiré Loïc Chahine, Thomas Deschamps, Benoît Fauchet, Erwan Gentric, Jean-Philippe Grosperrin, Christophe Huss et Yannick Millon, qui ont écrémé les catalogues avec l’impératif de se borner au Domaine public. Notre gratitude va également à Chandos, Orfeo et Tudor qui nous ont généreusement permis de leur emprunter quelques pépites pour combler des lacunes. Du livret détaillé qui accompagne les dix CD, voici des morceaux choisis. SymphoniesDans la Symphonie no 1 (1876), Erwan Gentric s’incline, comme Patrick Szersnovicz, devant « le sens aigu de l’éclairage polyphonique que manifeste Carlo Maria Giulini au pupitre du Philharmonia en 1961 ». Comment résister face à cette « maîtrise du rubato », cette « fluidité du phrasé exceptionnelle » ? Le maestro, poursuivait l’ami Szersnovicz, « privilégie une

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Diapason 758 Jaap Van Zweden La symphonie pastorale

Jaap Van Zweden La symphonie pastorale

Il a un sérieux de pasteur hollandais, avec son regard intense et attentif, son visage sévère qu’éclaire vite un mince sourire. Aussi à l’aise aux origines de l’orchestre que dans les partitions d’aujourd’hui, et chez lui sur tous les continents, il a hissé le Symphonique de Dallas et le Philharmonique de Hong Kong à des niveaux qu’on n’imaginait guère, avant de prendre les rênes des Philharmoniques de New York (jusqu’en 2024) et Séoul (dont il conserve la direction). Celui de Radio France s’est reconnu dans ce chef éclectique, connu aussi pour son exigence qui, selon ses adversaires, confinerait à la tyrannie. Le nouveau directeur musical, qui formera un attelage singulier avec la première cheffe invitée, Mirga Grazinyte-Tyla, se livre à son tour dans nos colonnes. Vous n’échapperez pas à la question tarte à la crème qui attend tout nouveau directeur musical d’un orchestre… Pourquoi

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