Douala m'accueille dans une atmosphère presque clémente, tempérée par l'air marin. Un luxe éphémère ; très vite en vous enfonçant dans les terres, le Cameroun vous rappelle à l'ordre et vous enveloppe d'une moiteur tenace, qui vous agrippe dès la sortie de l'avion et poisse vos vêtements. Garoua d'abord, puis Ngaoundéré, dernier trait d'union aérien avant de prendre la route pour gagner le camp, où je rejoins mon ami Valentin, un guide professionnel d'expérience. Le camp se dévoile enfin, posé au bord de la Vina, rivière large et indocile séparant notre base de la zone de chasse. Ici, rien de superflu : nous dormons dans de grands boukarous * en briques de terre crue façonnées sur place, coiffés de chaume prélevé aux alentours. La nuit, le vent s'y engouffre, transportant depuis la brousse le parfum de la fleur de gardénia, dont les notes fruitées rappellent celles du jasmin. Derrière le camp, un magnifique verger abritant une centaine d'arbres fruitiers, principalement des agrumes. Le confort est sommaire, mais nous ne sommes pas venus chercher autre chose que cela : l'authenticité brute, sans fard. EFFLUVE PRESQUE SUCRÉ À nos côtés pour ce séjour, John, un client de Valentin venu du Texas et accompagné de son ami Little Bill. Son objectif est clair : l'éland de Derby, plus grande antilope d'Afrique, montagne de muscles et de vigilance flirtant
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