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Guerres & Histoire - Le numéro 89 du 5 février 2026

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La Une de Guerres & Histoire n°89 du 05/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Guerres & Histoire 89 UNE QUERELLE DE COUSINS GERMAINS

UNE QUERELLE DE COUSINS GERMAINS

Depuis qu'en 1740, la Prusse de Frédéric II a agressé l'Autriche pour lui arracher la Silésie, les deux puissances sont en rivalité pour dominer l'espace allemand. Les guerres napoléoniennes les rapprochent un temps mais, après 1815, l'antagonisme reprend de plus belle. À la place du Saint-Empire liquidé par Napoléon, une Confédération germanique (voir encadré) associe les trente-cinq États allemands au sein d'une structure très lâche. Berlin et Vienne ne voient pas d'un même œil l'avenir de cet ensemble. L'Autriche, gros empire multinational, s'en contente : elle en est présidente et son existence même empêche toute unification nationale allemande, qui ne pourrait que profiter au royaume de Prusse. La révolution libérale et nationale de 1848 réussit bien à se donner un parlement indépendant à Francfort, mais cette nouvelle institution échoue à transformer la Confédération en un État-nation démocratique sous pression populaire. La Prusse croit pouvoir profiter de cet échec en lançant, en 1849, un processus d'unification de la « petite Allemagne ». L'Autriche en est exclue, et cette démarche met les deux pays au bord de la guerre. Le conflit n'est évité que par la reculade humiliante de la Prusse lors de la conférence d'Olmütz, en novembre 1850. Avec l'appui de la Russie, l'Autriche obtient le rétablissement de la Confédération à l'identique. Mais la leçon n'est pas perdue pour Otto von Bismarck, qui devient en 1862 ministre-président et ministre des Affaires étrangères de Prusse. Pour lui, le devoir de son pays est de réaliser « par le fer et le sang » l'unification de la petite Allemagne. Sa rouerie diplomatique et son intelligence politique lui permettent de passer avec le mouvement national-libéral en Prusse un accord tacite qui dit en substance : je vous donne l'unité allemande (Autriche exclue) et vous renoncez au parlementarisme. C'est donc avec une pleine conscience que Bismarck place son pays sur une trajectoire de collision avec Vienne. Créée par le traité de Paris du 30 mai 1814, la Confédération compte à l'origine trente-huit États (dont quatre « villes libres »), puis est réduite à trente-cinq. Vingt d'entre eux possèdent moins de 100 000 habitants. D'une superficie de 630 000 km2, cette construction politique très originale englobe 47 millions d'habitants en 1863. La langue allemande n'en est pas le critère d'appartenance, puisque la Bohême tchèque ou la Vénétie italienne en sont membres, tandis que la moitié orientale de la Prusse ne l'intègre pas. Seul un tiers de l'Empire autrichien (quatorze millions d'habitants sur trente-huit) en fait partie. L'organe central est le Bundestag de Francfort, où siègent les délégués des membres. Les États les plus importants dominent un Conseil étroit qui expédie les affaires courantes et dont l'Autriche est la présidente permanente. En cas de nécessité, l'assemblée peut lever une armée de 300 000 hommes fournis par les États. Héritière laïque et modernisée du vieux Saint-Empire, cette construction politique née en 1814 associe de façon assez lâche des États très divers. Au

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Guerres & Histoire 89 « IL M'EST ARRIVÉ D'ÊTRE ABATTU DEUX FOIS DANS LA MÊME JOURNÉE »

« IL M'EST ARRIVÉ D'ÊTRE ABATTU DEUX FOIS DANS LA MÊME JOURNÉE »

Guerres & Histoire : Comment êtes-vous devenu pilote d'hélicoptère dans l'Army ? Hugh Mills : Ma famille vient de Hot Springs, dans l'Arkansas. Mon père a servi pendant la Seconde Guerre mondiale. Il était officier administratif des hôpitaux militaires, mais il n'a jamais quitté les États-Unis. Sa carrière ne m'a pas influencé, mais j'ai toujours été intéressé par la chose militaire. À la fin de mes études secondaires, je suis entré à l'université, mais une seule chose m'intéressait : le programme Reserve Officers' Training Corps [ROTC, en français « Corps de formation des officiers de réserve », ndlr], qui m'avait ouvert la porte du parachutisme. Je m'ennuyais tellement à la fac qu'au bout de six mois, je suis parti. Je me suis engagé dans l'US Army. J'ai choisi l'infanterie, qui était l'arme la plus accessible, et je me suis engagé comme simple soldat le 1er février 1967. On m'a mis dans un C-47 avec les autres volontaires et je suis parti à Fort Polk, en Louisiane, pour huit semaines d'entraînement de base. Le service militaire de deux ans était obligatoire à l'époque. Ceux qui précédaient l'appel signaient pour trois ans, mais pouvaient choisir leur affectation. Comme j'ai eu de bons résultats aux tests d'entrée, on m'a proposé une école d'officiers. C'est comme ça que je suis sorti sous-lieutenant de l'arme blindée le 15 décembre 1967, après six mois de formation à l'Armor School [l'« École des blindés », ndlr] de Fort Knox (Kentucky). Juste avant de terminer, je vois une affiche qui propose d'intégrer la spécialité de pilote d'hélicoptère dans l'Army Aviation. Je me dis : « Pourquoi pas, ça a l'air intéressant. » Je pose ma candidature et je suis pris. J'ai 19 ans. Que savez-vous des hélicoptères ? Pas grand-chose, pour ne pas dire rien ! Je voulais être parachutiste, mais je n'avais jamais été intéressé par l'aviation. Mais une fois ma candidature acceptée, j'ai droit à un vol de découverte dans un OH-6A [le « Loach », voir encadré, ndlr] tout neuf ! J'en tombe immédiatement amoureux. En avril 1968, j'entame une formation de base de six mois, avec le Vietnam pour destination. En quittant Fort Knox, mes ordres stipulent que je dois d'abord me rendre à Fort Wolters, au Texas, pour la formation de base, puis à Fort Rucker, en Alabama, pour la formation avancée, et enfin rejoindre le MACV. Le tout en moins d'un an ! Comment se passe la formation ? L'entraînement se fait à 100 % sur hélicoptère, d'abord sur Hiller OH-23D, un appareil léger à deux places avec un moteur à pistons. Les choses vont vite : celui qui n'arrive pas à tenir le stationnaire après dix heures de vol dégage ! En dix heures, je fais mon premier vol solo. Ça se passe donc bien pour moi. Après cela, je pars à Fort Rucker pour la formation avancée, notamment pour le vol aux instruments. Puis nous sommes lâchés pour finir sur Bell UH-1B. Notre unité d'affectation se charge de notre « transformation » en dix heures - pas plus - sur l'hélicoptère piloté en

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Guerres & Histoire 89 JANISSAIRES ET ARTILLERIE, LES DEUX ATOUTS MAÎTRES DES SULTANS

JANISSAIRES ET ARTILLERIE, LES DEUX ATOUTS MAÎTRES DES SULTANS

Durant les règnes de trois sultans - Mehmed II, Sélim Ier et Soliman Ier dit le Magnifique, de 1432 à 1566 -, l'Empire ottoman atteint l'apogée de sa puissance, notamment militaire, et les années et les siècles qui suivent ne sont qu'un long déclin, même si ce dernier, d'abord très lent, laisse croire pendant environ un siècle et demi que le danger turc demeure formidable. Or, il est impossible de séparer cet âge désormais « classique » pour les historiens du fait que cet empire reste, durant un peu plus d'un siècle, la principale puissance militaire du monde, Asie orientale exceptée. Le fait paraît d'autant plus curieux à nos yeux que nous avons pris l'habitude de considérer que la fameuse « révolution militaire » des temps modernes est d'origine occidentale et qu'elle fait partie des marqueurs du grand essor de l'Occident, cycle historique dont il semblerait que nous commencions à voir le terme. Pourtant, les Ottomans ont bel et bien été partie prenante de cette révolution, au point qu'ils en ont pris la tête durant la période considérée. LES OTTOMANS ONT BEL ET BIEN ÉTÉ PARTIE PRENANTE DE LA RÉVOLUTION MILITAIRE DES TEMPS MODERNES. Pour preuve : la création d'un corps d'infanterie d'élite unique au monde et d'un corps d'artillerie jusqu'alors sans équivalent. Le seul fait d'inclure dans son armée une infanterie nombreuse, disciplinée et professionnelle et de lui accorder une place centrale sur le plan symbolique comme en tactique marque une rupture nette avec la vieille tradition steppique dont sont issus les fondateurs tribaux de cette dynastie. Ils deviennent ainsi moteurs de la révolution militaire qui se déploie en Occident. Car le corps des janissaires possède toutes les qualités que nous venons d'énoncer. Prélevés d'abord dans les villages chrétiens des Balkans, de jeunes garçons âgés de 8 à 16 ans sont envoyés en Anatolie, où ils sont islamisés, « turquisés » puis renvoyés à Constantinople, soit pour le service du palais du sultan, soit dans les casernes

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Guerres & Histoire 89 UNE STRATÉGIE MINÉE PAR QUATRE ERREURS

UNE STRATÉGIE MINÉE PAR QUATRE ERREURS

La grandeur et la gloire d'Athènes à l'apogée de sa puissance, au Ve siècle av. J.-C., sont indissociables d'un nom, celui de Périclès (v. 494-429 av. J.-C.), « premier citoyen » de la cité attique selon son contemporain Thucydide. Pendant plus de trente ans, de 461 av. J.-C. à sa mort, Périclès domine la vie politique, intellectuelle et artistique locale . Il est l'ami de l'historien Hérodote et celui du sculpteur Phidias. On lui doit le Parthénon et les autres aménagements de l'Acropole. Deux mille cinq cents ans plus tard, l'homme fascine toujours et son nom est devenu synonyme de la grandeur que peut atteindre une démocratie : ne qualifie-t-on pas le Ve siècle grec de « siècle de Périclès » ? Si cette postérité est méritée, il reste tout de même un domaine dans lequel l'illustre Athénien s'est fourvoyé : la stratégie. L'affirmation peut paraître curieuse concernant un homme dont la seule vraie fonction officielle a été pendant plus de trente ans la position de strategos, l'un des dix magistrats élus pour un an par l'assemblée des citoyens afin de conduire les troupes ou la flotte. Or, Périclès a été réélu chaque année de 460 à 430. Gage de sa valeur, sûrement ? Au début de sa carrière, c'est bel et bien le cas : lors de la première guerre du Péloponnèse, conflit intermittent qui oppose, de 460 à 445, Athènes et ses alliés, réunis dans la Ligue de Délos, à Sparte et sa Ligue du Péloponnèse, Périclès est tour à tour stratège, tacticien, diplomate, tout en poursuivant ses activités politiques. Il y gagne l'estime et la confiance de ses compatriotes, qui la lui accorderont jusqu'au bout. Ce qui ne l'empêche pas, quelques années plus tard, de conduire sa cité au seuil de la catastrophe. La faillite de Périclès résulte des enseignements politiques et stratégiques qu'il tire de la première confrontation avec la puissance lacédémonienne. La géopolitique de la Grèce de cette seconde moitié du Ve siècle av. J.-C. s'apparente à un échiquier à trois joueurs principaux. Aux cités d'Athènes et de Sparte s'ajoute l'Empire perse. C'est la menace de

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Guerres & Histoire 89 DUEL D'ARTILLERIE FRANCO-ANGLAIS À WATERLOO

DUEL D'ARTILLERIE FRANCO-ANGLAIS À WATERLOO

S'il n'avait pas plu dans la nuit du 17 au 18 juin 1815, l'avenir de l'Europe était changé. Un nuage traversant le ciel à contresens de la saison a suffi pour l'écroulement d'un monde. La plume de Victor Hugo souligne ici tout autant l'aspect décisif de la bataille de Waterloo que l'importance de l'artillerie dans les guerres napoléoniennes. En ce matin du 18 juin 1815, le sol détrempé et boueux de la plaine belge limite la manœuvre des chevaux et freine la mise en place de l'artillerie française. En conséquence, Napoléon retarde son attaque contre l'armée coalisée de Wellington afin que la boue sèche et que le terrain soit praticable. Alors qu'il comptait engager les hostilités dès 9 heures, ce n'est qu'à 13 heures que les 250 pièces d'artillerie françaises ouvrent le feu. En face, les batteries anglaises répliquent peu. Elles attendent leur heure… À l'origine, la guerre de Sept Ans En 1815, après plus de vingt ans de guerres, les pièces alignées par les deux belligérants constituent l'aboutissement de travaux engagés bien auparavant. Lors de la guerre de Sept Ans (1756-1763), l'artillerie française n'a pas été en mesure de rivaliser avec celles des autres États européens. Puissante mais peu mobile, elle était dominée tant dans le feu que dans la manœuvre. Dès la fin du conflit, Choiseul, principal ministre de Louis XV et secrétaire d'État de la Guerre, décide de réformer l'artillerie. Il confie la responsabilité de cette entreprise à Julien-François Dubois, chef des bureaux de la Guerre, qui commande un rapport à deux inspecteurs généraux du corps royal de l'Artillerie, Pierre-François Ansart de Mouy et Jean-Baptiste Vaquette de Gribeauval (voir encadré). Les deux hommes préconisent la séparation de l'artillerie en services d'emploi : artillerie de campagne d'une part, artillerie de siège et

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Guerres & Histoire 89 L'EMPIRE OTTOMAN FUSIONNE BYZANCE ET L'ISLAM

L'EMPIRE OTTOMAN FUSIONNE BYZANCE ET L'ISLAM

Thebasion est une bourgade byzantine de Bithynie (l'actuelle province de Bilecik, en Anatolie occidentale) sise à 120 kilomètres à l'est de la mer de Marmara. Vers 1231, elle est conquise par un clan de guerriers turcs et renommée Sögüt. Elle devient le tout premier fief anatolien de leur chef Ertugrul (« Faucon viril », v. 1191-v. 1281). On ignore tout de lui, sinon qu'il appartient à la belliqueuse Confédération oghouze et qu'il adopte, avec les siens, la foi musulmane. À sa mort, son fils Osman (v. 1258-1326) lui succède. Guerrier charismatique, il agrège aux combattants de son clan des aventuriers de toute provenance : nomades turcomans, renégats grecs, proscrits… Ses conquêtes, poursuivies par ses héritiers, forment l'ensemble territorial qui devient peu à peu l'Empire ottoman. La fusion entre dirigeants et dirigés est telle qu'au fil des siècles, les sujets de la dynastie en viennent à se présenter comme les « enfants » ou les « gens d'Osman » (les Osmanlis, ce que le français déforme en « Ottomans »). Cette identification est unique au monde : les sujets des Habsbourg ne se définissent jamais dans l'histoire comme des « Habsbourgeois », ni ceux des tsars comme « Romanoviens »… Coup de pouce sismique La première proie des Ottomans est l'Empire byzantin. Fragilisé par d'interminables guerres civiles, il semble tout désigné : les régions non musulmanes font naturellement partie du « Territoire de la guerre » (Dâr-al-Harb), et leur destin est d'incorporer pour toujours celui de l'islam (Dâr-al-Islâm ) au moyen de la « guerre sainte » (djihad ou gaza). Orhan (1281-1362), le successeur d'Osman, est servi par la chance. Le 2 mars 1354, un séisme abat les murailles de Gallipoli et des places fortes voisines. Tandis que les survivants fuient vers des secteurs qu'ils pensent épargnés, Süley-man Pacha, le fils aîné d'Orhan alors basé à Pegæ (Biga), sur la côte asiatique, saisit l'occasion : il traverse les Dardanelles et occupe les places sans défense… Grâce à ce coup de pouce sismique, les guerriers ottomans passent sans effort d'Asie en Europe - ou d'Anatolie en Roumélie, le nom donné aux régions des Balkans contrôlées par Byzance. Depuis la tête de pont de Gallipoli aux remparts reconstruits et renforcés, les Ottomans ravagent à loisir le territoire d'un Basileus de plus en plus faible. À l'ouest, ils s'emparent

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