Guerres & Histoire - Le numéro 90 du 8 avril 2026

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La Une de Guerres & Histoire n°90 du 08/04/2026

Au sommaire de ce numéro

Guerres & Histoire 90 GAME OF THRONES ENTRE ARAGONAIS ET ANGEVINS

GAME OF THRONES ENTRE ARAGONAIS ET ANGEVINS

Au XIIIe siècle, la papauté se sent encerclée par les territoires sous la domination de la dynastie allemande des Hohenstaufen (ou Staufen). Très influente en Italie, cette maison est à la fois maîtresse du Saint-Empire romain germanique et du royaume de Sicile, s'étendant au sud de la Botte. Entre 1215 et 1250, les partisans de l'empereur Frédéric II Staufen et ceux des papes, en particulier Innocent IV (1243-1254), s'affrontent dans les villes du nord de l'Italie dans le cadre du fameux conflit entre les guelfes et les gibelins. À la mort de Frédéric II, son fils Conrad lui succède comme roi de Germanie et de Sicile, mais il doit batailler dans la péninsule contre ses opposants encouragés par Innocent IV. Ne pouvant se trouver partout, il confie les fonctions de vicaire (régent) du royaume de Sicile à son demi-frère Manfred, bâtard légitimé de Frédéric II, qui parvient à soumettre l'Italie du Sud à son pouvoir. Manfred obtient de tels succès que Conrad s'en inquiète et cherche à l'écarter, mais il meurt en 1254 à l'âge de 26 ans. La rumeur assure que son demi-frère l'a fait empoisonner pour conserver la Sicile… En Germanie débute la période du Grand Interrègne, au cours duquel la dynastie des Staufen perd le contrôle de l'Empire. Théoriquement, la couronne de Sicile aurait dû revenir au petit Conradin, le fils de Conrad. Mais Manfred ne l'entend pas de cette oreille : après s'être proclamé régent au nom du jeune prince, il se fait couronner roi de Sicile à Palerme, en 1258. En Méditerranée, il mène une politique ambitieuse. Il achève la conquête de la côte albanaise, intervient dans les conflits qui déchirent l'Empire byzantin et donne en mariage sa fille Constance au prince Pierre, héritier du royaume d'Aragon. En 1261, les armées de Manfred occupent même Rome. Le nouveau pape, Urbain IV, un Français bien décidé à éliminer ce voisin dangereux, se tourne vers la puissance dominante de la chrétienté, le royaume de saint Louis… Comme la Sicile est tenue en fief du Saint-Siège, ce pape champenois s'estime autorisé à en priver un souverain indigne pour le remettre entre de meilleures mains. En 1262, Urbain IV accorde l'investiture féodale au frère du roi de France, Charles d'Anjou. Ce dernier accepte avec enthousiasme : dans la perspective des croisades, les Français rêvent de jouer un rôle de pivot en Méditerranée, en vue de reconquérir l'Afrique du Nord, l'Égypte puis la Terre sainte sur les musulmans… Les troupes de Charles d'Anjou reprennent Rome en 1263 et lui-même y fait une entrée triomphale en 1265. Couronné roi de Sicile, il livre une bataille décisive à Bénévent, le 26 février 1266. La chevalerie française remporte une victoire totale et Manfred, voyant sa cause perdue, choisit une mort héroïque. Impressionné par sa bravoure, Charles d'Anjou le fait enterrer en terre chrétienne. Mais Manfred est mort excommunié par le pape, qui ordonne que ses restes soient déterrés et

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Guerres & Histoire 90 « LES RUSSES NE NOUS ONT PAS AIDÉS »

« LES RUSSES NE NOUS ONT PAS AIDÉS »

G&H : D'où êtes-vous originaire ? Krystyna Wiza : Je suis issue d'une famille de patriotes de Poznań , insurgés de la Grande-Pologne . Mon père nous avait interdit, à ma sœur et moi, d'apprendre l'allemand, par souci de pureté de notre polonais ! Nous avons donc appris très tôt le français et le latin. Mon père est mort quand j'avais 14 ans et j'ai gagné ma vie en faisant du tutorat. J'étais aussi active dans le scoutisme et je suis devenue cheffe de troupe. Comment êtes-vous entrée en résistance ? Naturellement, en 1939, j'ai rejoint les Szare Szeregi , nom de code clandestin des scouts de Pologne. À Poznań, je portais secours aux vieux et aux malades, et j'enseignais le polonais, les maths et d'autres matières aux jeunes, car les Allemands interdisaient l'école aux enfants polonais. Je me perfectionnais aussi comme éclaireuse, pour pouvoir devenir infirmière en cas de combat. On enseignait l'histoire de la Pologne, l'histoire de l'art et on organisait des petits concerts à la maison. Tout ceci était extrêmement dangereux, parce que le théâtre, le cinéma ou les restaurants étaient « Nur für Deutsche » , réservés aux Allemands. Je me souviens que je prenais des leçons de conversation française chez une vieille dame qui me recevait deux fois par semaine. En même temps, je travaillais chez les Allemands, parce que c'était obligatoire. J'avais déjà de la chance de ne pas être envoyée dans une usine en Allemagne, comme beaucoup de mes camarades. Item sans titre Dans quelles circonstances vous êtes-vous retrouvée à Varsovie ? En juin 1943, il y a eu beaucoup d'arrestations dans le mouvement des éclaireurs et quelqu'un est venu me prévenir, avec de faux papiers, pour me dire que mon adresse était connue et que je ne pouvais plus rester à Poznań . Même le chef national du mouvement, qui était aussi de Poznań , a été arrêté et exécuté par les Allemands. Le jour même, je suis allée à la maison de ma meilleure amie. Elle venait d'être arrêtée. Elle avait 17 ans et a été envoyée à Auschwitz. Je me rappelle très bien sa mère en larmes et le désordre dans cette pièce où elles habitaient à deux. J'ai dormi chez un contact et je suis partie à Varsovie avec de faux papiers autorisant à circuler dans le Warthegau, nom donné par les Allemands à la région de Poznań . Je suis partie pour Łódź et de là j'ai passé la « frontière verte » dans la nuit du 6 juin 1943, en me faufilant dans les blés. J'étais avec un de mes amis, qui était aussi dans le mouvement clandestin et nous avions très peur des chiens des Allemands. Moi, je m'en suis sortie mais lui, après deux ou trois mois, a été arrêté, torturé et pendu la tête en bas. Il

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Guerres & Histoire 90 QUI EST LE VRAI PÈRE DU « COUP DE FAUCILLE » DE MAI 1940 ?

QUI EST LE VRAI PÈRE DU « COUP DE FAUCILLE » DE MAI 1940 ?

En septembre 1939, alors que la Wehrmacht combat en Pologne, Hitler décide d'attaquer la France dans la même année. Il donne l'ordre à l'état-major général de l'armée de Terre (OKH) de préparer un plan d'offensive à l'ouest. Le chef de cet état-major, le général Franz Halder , achève un premier projet le 14 octobre et le présente à Hitler quelques jours plus tard. Le Führer s'en montre mécontent : le plan rappelle trop celui de Schlieffen en 1905 et ne fait preuve d'aucune inspiration quant à la détermination du Schwerpunkt . Dans l'entourage d'Hitler, les généraux sont unanimes : comme en 1914, le gros des forces allemandes doit passer par la Belgique - toute offensive par l'Alsace ou la Lorraine semblant interdite par des obstacles naturels (le Rhin) ou artificiels (la ligne Maginot). L'attaque à travers la petite Belgique doit être menée par le groupe d'armées B commandé par le colonel général Fedor von Bock. Malgré cette unanimité, le 25 octobre, Hitler plaide pour une solution différente : l'attaque principale devrait selon lui être menée par le groupe d'armées A du colonel général Gerd von Rundstedt, à travers le sud des Ardennes et jusqu'à la Somme. Cette poussée devrait surprendre l'adversaire et aboutir à l'enfermement du gros de ses forces en Belgique. TABLEAU COMPARATIF DU « COUP DE FAUX » VERSION MANSTEIN ET VERSION HITLER REMANIÉE PAR HALDER Faute de confiance en soi… Ce qu'Hitler présente pour la première fois ce 25 octobre 1939 n'est rien moins que ce qui deviendra plus tard célèbre sous le nom allemand de Sichelschnitt : en français, le « coup de faucille » ou « coup de faux » (voir encadré) . Hitler ne trouve personne pour soutenir cette idée parmi les militaires de son entourage. Ses conseillers en sont certains : on ne peut pas faire passer de puissantes forces

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Guerres & Histoire 90 LES MITRAILLEUSES AU CRIBLE

LES MITRAILLEUSES AU CRIBLE

Après l'ordre du capitaine, on s'en va occuper une barricade au village. On prend à peine notre position que les balles nous tombent déjà sur la peau. Ce n'est plus qu'une pluie de balles. […] Les ardoises dégringolent, les balles sifflent de plus en plus, nos mitrailleuses ne perdent plus un instant, chacun est à son poste et sans discontinuer, on aperçoit devant nous les lignes de section allemandes qui avancent et se couchent dans les blés. […] Ils passent derrière l'église, mais il en tombe beaucoup. Une de nos sections de mitrailleuses descend tous ceux qui passent sur la route. » En date du 23 août 1914 alors qu'il se bat à Bièvre (Belgique), le témoignage du soldat Ernest Delien (1889-1938) souligne l'implacable efficacité meurtrière des mitrailleuses sur des unités d'infanterie manœuvrant à découvert. En 1914, toutes les armées belligérantes sont dotées de cette arme dont la formule technique est alors connue depuis plus de vingt ans. Mais les mitrailleuses en service à la déclaration de guerre se valent-elles pour autant ? Et quelles ont été leurs évolutions durant les quatre années du conflit ? Une invention signée Maxim L'idée de concevoir un matériel capable de tirer à grande cadence pour équivaloir à plusieurs dizaines de mousquets puis de fusils remonte à l'invention des armes à feu, au XIVe siècle. S'appuyant principalement sur la multiplication des tubes, des projets ne cessent de voir le jour jusqu'au XIXe siècle, certains, très aboutis, étant même adoptés par des armées (voir encadré) . Il faut cependant attendre 1884 pour que soit inventée la mitrailleuse moderne, c'est-à-dire une arme dotée d'un seul canon, d'un calibre équivalent à celui des fusils contemporains et capable de tirer en continu (ou tout du moins en rafales successives), à une portée similaire, voire

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Guerres & Histoire 90 DOUZE MOIS D'ENTRECHATS, VINGT-QUATRE AVEC LES RATS

DOUZE MOIS D'ENTRECHATS, VINGT-QUATRE AVEC LES RATS

Le 25 juin 1950, couvertes par l'aviation, quatre divisions ainsi que la 105e brigade blindée de l'armée nord-coréenne (en anglais North Korean Army, NKA) convergent sur Séoul distante seulement de cinquante kilomètres. Deux autres divisions foncent sur Wonju, centre de gravité du réseau routier sud-coréen, tandis qu'une dernière longe le littoral de la mer du Japon dans la direction de Busan. Les unités ont été instruites par les Soviétiques et un tiers des soldats possèdent une expérience combattante avec des cadres parfois passés par l'Armée populaire chinoise. On ne peut en dire autant de l'armée sud-coréenne. Mise sur pied quelques mois plus tôt, elle est inférieure en nombre et en équipements et mal formée par des vétérans japonais. La crainte d'un conflit qui aurait été déclenché par les Sud-Coréens a dissuadé les États-Unis de l'armer davantage (lire l'article p. 35). ACTE I - La chevauchée des Nord-Coréens (25 juin15 septembre 1950) Prises par surprise avec la moitié de leurs soldats en permission et d'autres dispersés pour écraser une guérilla communiste, les divisions sud-coréennes sont culbutées. Des volontaires bardés d'explosifs se sacrifient en se jetant sur des T-34, mais la confusion règne et, le troisième jour, alors que les Nord-Coréens abordent les faubourgs de Séoul, un ordre malheureux ordonne de faire sauter les quatre ponts qui enjambent le fleuve Han dans le dos de la défense. Voilà tout le corps de bataille sud-coréen isolé au nord du cours d'eau. Paniquées, les formations se désintègrent. La capitale est perdue. Au matin du cinquième jour, les Sud-Coréens ne disposent plus que de 50 000 hommes. Les divisions sont loin d'être toutes armées, et seules les 6e et 8e sont correctement encadrées. « La situation militaire n'est pas pessimiste. Elle est sans espoir », reconnaît le chef de division Paik Sun-yup. À Washington, l'administration Truman vient d'acter une posture de fermeté après les revers géopolitiques de la victoire de Mao en Chine et de l'explosion de la première bombe atomique soviétique. Le secrétaire d'État Dean Acheson saisit le Conseil de sécurité de l'ONU, qui lui est acquis. Le 27 juin, la résolution 83 recommande « aux membres de l'Organisation des Nations unies d'apporter à la République de Corée toute l'aide nécessaire pour repousser l'assaillant » . Un seul peut intervenir à court terme, les États-Unis. Et encore ! SI LA VAGUE NORD-CORÉENNE SEMBLE AU DÉPART INEXORABLE, EN RÉALITÉ,

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Guerres & Histoire 90 L'HUMILIANTE CAPITULATION SPARTIATE

L'HUMILIANTE CAPITULATION SPARTIATE

Au début du Ve siècle av. J.-C., Sparte et Athènes jouent un rôle décisif dans les guerres médiques. Au cours des années qui suivent la victoire grecque sur la Perse, Athènes constitue un véritable empire maritime, la ligue de Délos, englobant les cités et les îles de la mer Égée. Elle entre ainsi en concurrence directe avec la plus ancienne ligue du Péloponnèse dirigée par Sparte, qui rassemble autour d'elle la plupart des cités de la presqu'île éponyme et de la Béotie. Les ingrédients de la guerre Alors que Sparte s'appuie sur une antique constitution aristocratique et que ses citoyens, les Égaux, sont de véritables guerriers professionnels, regardés comme

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