Guerres & Histoire - Le numéro 90 du 8 avril 2026

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La Une de Guerres & Histoire n°90 du 08/04/2026

Au sommaire de ce numéro

Guerres & Histoire 90 AUX ORIGINES DE LA GUERRE DE CORÉE

AUX ORIGINES DE LA GUERRE DE CORÉE

Au début du mois d'août 1945, les bombes lâchées sur Hiroshima et Nagasaki, plutôt que de décider la reddition nippone, s'avèrent être un levier puissant pour précipiter l'offensive soviétique. Bien que sonnés, les Japonais ne saisissent pas tout de suite la différence de nature entre ces deux bombardements et, par exemple, les engins incendiaires qui ont rasé Tokyo en mars 1945. Le 9 août, parties de Mongolie et de Sibérie orientale, les forces mécanisées soviétiques envahissent le Mandchoukouo, orgueil du Japon. L'objectif de Staline est de venger l'humiliation de 1905 et de retrouver une position forte en Extrême-Orient. Malgré une résistance désespérée qui dure jusqu'au 16 août et lui coûte près d'un million d'hommes, essentiellement des prisonniers, l'armée impériale se fait écraser. Les avant-gardes de l'Armée rouge pénètrent également en Corée, colonie japonaise depuis 1910 et fleuron industriel de l'Empire, notamment pour ses barrages hydroélectriques installés sur le fleuve Yalu, les plus modernes du monde hors États-Unis. La perte rapide de la Corée et de la Mandchourie est si rude que le Japon capitule le 15 août. Une partition improvisée La division de la péninsule coréenne en deux zones résulte d'un bricolage technique improvisé : dès la nuit du 10 au 11 août 1945, deux colonels américains évaluent en trente minutes que le 38e ligne de partage à proposer aux Soviétiques pour se répartir le désarmement des forces japonaises. Pris de court par la proposition

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Guerres & Histoire 90 LORD KITCHENERASCENSION ET CHUTE DU PÈRE DE LA NEW ARMY

LORD KITCHENERASCENSION ET CHUTE DU PÈRE DE LA NEW ARMY

Le 24 juin 1850, dans le comté irlandais de Kerry, Horatio Herbert Kitchener ne naît pas une cuillère d'argent dans la bouche. Tout juste appartient-il à la gentry - la bonne société - anglo-irlandaise, comme troisième enfant du désargenté et excentrique lieutenant-colonel Henry Horatio Kitchener, et de sa première épouse, Frances Anne Chevallier, descendante d'une famille de huguenots français exilés après la révocation de l'édit de Nantes, en 1685. En 1864, les Kitchener déménagent en Suisse pour soigner la tuberculose de la mère, qui meurt néanmoins la même année. Le jeune Herbert - son prénom d'usage - étudie à Genève puis, en 1868, intègre la Royal Military Academy de Woolwich, qui forme les officiers d'artillerie et du génie. Une excellente école, mais regardée avec de la commisération par la haute société. Un gentleman qui s'y inscrit « déroge » quelque peu… À peine Kitchener en sort-il diplômé qu'il participe à une mission d'exploration dans le désert de Judée, collaborant à la première cartographie précise de cette région alors ottomane, mais intéressant beaucoup les Britanniques pour sa proximité avec le canal de Suez. L'improbable ascension En Judée, Kitchener travaille sous l'égide de Sir Charles Wilson (1836-1905). Le directeur du département topographique du War

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Guerres & Histoire 90 LE RÔLE (DÉCEVANT) DU COUPLE CHAR-AVION EN CORÉE

LE RÔLE (DÉCEVANT) DU COUPLE CHAR-AVION EN CORÉE

Au jeu de construction militaire de deux Corées antagonistes, le Nord communiste agresseur est de loin le mieux mobilisé et préparé, avec les mêmes armes qu'en 1945. Il aligne, en juin 1950, 223 000 hommes en uniforme, dont 53 000 gardes-frontières et de sécurité intérieure. Ces forces, bien entraînées, sont placées sous les ordres du général Choe Yong-gon, vétéran des guerres civiles chinoises et bras droit du dirigeant Kim Il-sung. Son corps de bataille proprement dit comprend 135 000 hommes organisés en dix divisions équipées selon les standards « basiques » soviétiques de 1945 : une infanterie essentiellement à pied, appuyée par un assortiment de 270 pièces d'artillerie, dont 120 excellents canons automoteurs SU-76 et 150 pièces tractées de 122 mm à la fois puissantes et portant loin.Des forces bassesLa Corée du Sud, en dépit de son avantage démographique (vingt millions d'habitants contre dix) et du parrainage américain, présente des forces moins nombreuses et solides : 98 000 hommes, dont 65 000 de troupes combattantes, ventilées en huit divisions. Seulement la moitié d'entre elles sont équipées à l'américaine. On serait tenté d'y ajouter, pour faire masse, 48 000 policiers armés, mais, contrairement au Nord, ceux-ci ne

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Guerres & Histoire 90 MACARTHUR, LE SAUVEUR… VIRÉ

MACARTHUR, LE SAUVEUR… VIRÉ

Au début du mois de juillet 1950, « l'attaque armée non provoquée » du sud de la péninsule par les forces communistes du Nord oblige les troupes de Séoul à un repli en catastrophe vers le port de Busan. Profitant de l'absence de la délégation soviétique, qui boycotte l'institution depuis des mois, le Conseil de sécurité de l'ONU vote une série de résolutions donnant mandat à ses membres pour porter assistance à la Corée du Sud. Vingt et un pays répondent à l'appel à un titre ou un autre, dont seize fournissent des troupes (voir l'infographie p. 31). Ce sont évidemment les États-Unis qui forment le gros de la colonne et se voient confier les manettes. Et qui d'autre placer à la tête de l' United Nations Command (UNC) pour « faire le job », sinon la figure populaire de Douglas MacArthur, 70 ans, le Big Chief des forces américaines du Pacifique, héros de guerre charismatique et plusieurs fois médaillé, l'homme du I Shall Return et de la capitulation japonaise de 1945, le seul maréchal de toute l'histoire du pays ?L'ange de SéoulSi

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Guerres & Histoire 90 « LE SENS DE CE LIVRE EST DE DÉMONTRER QUE LES PRÉTENDUES RÉGIONS AUTONOMES CHINOISES SONT EN FAIT UN EMPIRE COLONIAL »

« LE SENS DE CE LIVRE EST DE DÉMONTRER QUE LES PRÉTENDUES RÉGIONS AUTONOMES CHINOISES SONT EN FAIT UN EMPIRE COLONIAL »

Guerres & Histoire : Alors que la Chine populaire présente le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure comme des parties intégrantes de son territoire, jouissant d'une grande autonomie, vous défendez qu'il s'agit d'un authentique empire colonial. Comment justifiez-vous cette position ? François Joyaux : Je vais vous répondre par une comparaison. Tout le monde admet que l'Algérie a été colonisée en 1830 et transformée en départements français en 1848, c'est-à-dire incluse dans les frontières de la France. On admet également qu'en dépit de cette décision, l'Algérie restait bien une colonie. Elle a d'ailleurs été présentée comme telle, par exemple à l'Exposition coloniale de 1931. Il en va exactement de même pour le Tibet, le Xinjiang et la Mongolie intérieure. Ces régions ont été également conquises, puis agrégées au territoire national chinois sous forme de provinces ou de zones dites autonomes. L'Algérie aussi jouissait d'une certaine autonomie (assemblée, respect de l'islam, arabe comme langue officielle à côté du

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Guerres & Histoire 90 L'HUMILIANTE CAPITULATION SPARTIATE

L'HUMILIANTE CAPITULATION SPARTIATE

Au début du Ve siècle av. J.-C., Sparte et Athènes jouent un rôle décisif dans les guerres médiques. Au cours des années qui suivent la victoire grecque sur la Perse, Athènes constitue un véritable empire maritime, la ligue de Délos, englobant les cités et les îles de la mer Égée. Elle entre ainsi en concurrence directe avec la plus ancienne ligue du Péloponnèse dirigée par Sparte, qui rassemble autour d'elle la plupart des cités de la presqu'île éponyme et de la Béotie. Les ingrédients de la guerre Alors que Sparte s'appuie sur une antique constitution aristocratique et que ses citoyens, les Égaux, sont de véritables guerriers professionnels, regardés comme

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