À peine le Pacte fédéral conclu et le Congrès de Vienne ratifié, en 1815, les Suisses se divisent sur la question de la répartition des compétences entre les institutions cantonales et fédérales. Les conservateurs, majoritairement catholiques, ne jurent que par le maintien de l'indépendance des cantons. Les libéraux, plutôt protestants, aspirent au contraire à une centralisation du pouvoir, de nouvelles conditions-cadres économiques, un élargissement des droits civiques et des libertés, ainsi qu'à davantage de démocratie. Au fil du temps, l'opposition entre les deux camps prend de plus en plus une coloration religieuse. En 1841, à la suite d'un soulèvement de paysans catholiques, le canton libéral d'Argovie décide, en violation du Pacte fédéral, la fermeture des couvents. Lucerne réplique en confiant l'enseignement supérieur aux Jésuites. Furieux, les libéraux-radicaux de Berne, Soleure et Argovie lancent, en 1844-45, deux expéditions de francs-tireurs qui échouent. Cela pousse sept cantons catholiques à former une alliance séparée pour se défendre, le Sonderbund. Les tensions atteignent leur paroxysme en juillet 1847 lorsque la Diète, en majorité libérale-radicale, vote sa dissolution, provoquant quatre mois plus
Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°226 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.
Voir plus