Au matin du 24 août 1572, Paris s'éveille dans le sang. Les cloches de Saint-Germain-l'Auxerrois ont donné le signal. Dans les rues de la capitale, des milliers de huguenots sont massacrés par la foule catholique. L'amiral de Coligny, chef du parti protestant, est défenestré, son corps mutilé traîné dans le caniveau. La Seine charrie des cadavres. Au Louvre, une femme observe le désastre depuis sa fenêtre. Elle a 53 ans, les yeux noirs, le teint pâle. C'est Catherine de Médicis, reine mère du royaume de France. “La Saint-Barthélemy va faire au moins 6 000 morts en 4 jours à Paris, 15 000 dans tout le pays, où la folie meurtrière s'étend à Orléans, Lyon, Bordeaux, Toulouse… ”, estime l'historien Denis Crouzet, spécialiste des guerres de religion au XVIe siècle, sur la base des chiffres recueillis auprès des fossoyeurs de l'époque. Depuis cet été funeste, le nom de Catherine de Médicis reste associé au massacre, sa mémoire condamnée à l'opprobre. “La
Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Les Cahiers de Science et Vie n°228 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.
Voir plus