Les Cahiers de Science & Vie : Comment vous êtes-vous intéressée aux “suiveuses de guerre” ? Marion Trévisi : Je me suis lancé ce défi il y a une dizaine d'années, partant du constat que si l'histoire des femmes dans les armées du XXe siècle était relativement bien connue, on savait peu de choses sur les périodes précédentes. Au cours de mes recherches - je suis remontée jusqu'au Moyen Âge -, je me suis rendu compte qu'on avait des portraits très stéréotypés de ces femmes. Il fallait porter sur elles un regard inspiré par des connaissances plus récentes, notamment sur le genre. CSV : Qui sont ces femmes ? M. T. : Au XVIIIe siècle, on estime qu'elles constituent 6 à 8 % des effectifs, soit 15 000 à 20 000 personnes. On en trouve de tous âges, de toutes conditions sociales : femmes d'officiers, femmes de soldats plus ou moins légitimes, prostituées… Toutes ont un rôle à jouer dans l'intendance, que ce soit nourrir, soigner ou laver les vêtements. Pourtant, elles ne sont jamais employées par l'armée avant les années 1830, mais juste tolérées. Elles jouissent certes d'une petite reconnaissance, elles reçoivent des patentes et
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