Nous Deux - Le numéro 4073 du 21 juillet 2025

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La Une de Nous Deux n°4073 du 21/07/2025

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4073 L'heure du pardon

L'heure du pardon

Rita ne tourne pas très rond depuis que son Todd est mort. Kirk, le chat grincheux, et Maddy, la vieille poule rousse, lui en font le reproche chaque jour. Ils ne parlent pas le même langage qu'elle, mais Rita les comprend. Maddy est la seule poule qui reste de la centaine qui picoraient sous les fenêtres par le passé. Ça vit vieux, une poule, si on lui en laisse l'occasion. Celle-ci a une vingtaine d'années et commence à avoir du mal à marcher. C'est mieux pour elle de vivre dans la maison, à l'abri des prédateurs qui rêvent de la croquer et des nuits froides du Wyoming. D'ailleurs, depuis qu'elle dort perchée sur le dossier du fauteuil du salon, on dirait bien qu'elle a moins de rhumatismes. Et puis elle est loin d'être stupide, cette vieille poule, elle est même très intelligente. Rita se plaît à le répéter à tous ceux qui pensent encore que les gallinacés sont bêtes. Kirk, qui approche des 16 ans, regarde, l'œil rancunier, cette chose caquetante et emplumée avec laquelle il doit partager les attentions et les caresses de Rita. Avant, il avait l'exclusivité mais on dirait bien que c'est terminé. - Todd ne voyait que par toi, lui fait Rita en lui gratouillant le dessus de la tête, il t'aimait tellement. Mais il n'est plus là, notre cher Todd, alors tu dois apprendre à vivre sans lui, avec Maddie et moi. Kirk feule en couchant les oreilles, alors elle retire vivement sa main, sentant venir le coup de griffe. Elle est habituée à ses sautes d'humeur, il lui arrive même de la mordre alors que c'est lui qui est venu réclamer des caresses, un comble ! Il s'est aigri à la mort de Todd. Au début, il refusait même de s'alimenter, Rita était inquiète. Maddy gonfle les plumes et Kirk lui jette un regard de biais. Rita sourit. - Je veux que nous allions mieux, tous les trois et que cette maison revive. J'ai l'impression que je l'ai laissée mourir. Si nous avions eu des enfants, ça aurait été différent, ils seraient là, autour de moi, pour me réconforter. Maddy a fermé les yeux dans sa corbeille à fruits. Peut-être qu'elle rêve qu'elle pond un bel œuf, comme par le passé, quand elle était une

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Nous Deux 4073 Une aide providentielle

Une aide providentielle

Il n'est pas bon ni très prudent d'avouer trop vite son amour. Pourtant, dès que j'ai aperçu Coralie au sein d'un groupe d'étudiants devant la fac, je suis tombé sous son charme. Je m'en souviens. C'était hier… Ce sont d'abord ses yeux d'un bleu profond qui m'ont troublé. Un bleu doux et bienveillant dans lequel j'aurais immédiatement souhaité plonger. Autour d'eux, ce n'étaient qu'ombres vaporeuses qui se sont progressivement dissipées, laissant apparaître des pommettes hautes, des lèvres charnues et sensuelles sur lesquelles ma bouche avait déjà envie de se poser. Encadrant ce visage aux lignes pures, de longs cheveux châtains tombaient en boucle sur ses épaules tandis qu'une frange dissimulait le bombé de son front. J'étais envoûté. Quand l'apparition s'est agitée, le charme ne s'est pas rompu. Le groupe s'est dissipé, les étudiants se sont séparés après un baiser amical ou une poignée de main. Coralie s'est retrouvée seule face à moi, de l'autre côté de la rue. Je devais paraître stupide, ainsi planté, béat, incapable du moindre mouvement. La jeune inconnue ne m'avait même pas remarqué ! Alors j'ai traversé. Sans regarder à gauche ni à droite bien sûr, ce qui a contraint un automobiliste à freiner sec. Le crissement des pneus a fait se retourner la fille, d'autant plus que le chauffeur ne s'est pas privé de m'insulter avec des mots choisis ! J'étais dans ma bulle et je ne l'entendais pas. En revanche, les yeux de Coralie ont atterri sur moi, d'abord effrayés par le bruit, puis amusés par mon attitude. Elle allait se détourner, alors je l'ai interpellée : - C'est votre faute tout ça ! Comprenant que je m'adressais à elle, elle s'est immobilisée. - Eh oui ! Si vous n'étiez pas aussi jolie, j'aurais regardé où je mettais les pieds. Au lieu de ça, je ne voyais plus que vous ! Vous avez failli avoir ma mort sur la conscience. - Ça m'aurait fait beaucoup de peine, a-t-elle ironisé. - Alors venez boire un café avec moi pour m'aider à me remettre

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Nous Deux 4073 Fantômes viennois

Fantômes viennois

L'invitation était arrivée la veille sur sa messagerie et Ingrid hésitait encore à y répondre. Et puis répondre quoi ? Qu'elle n'avait plus jamais remis les pieds en Autriche et qu'elle n'allait pas changer d'avis à son âge ? Ce n'était pas gentil pour Lotta, son amie violoniste dont elle avait encouragé la carrière et qui ne manquait jamais de l'inviter à ses concerts dans le monde entier. Cette fois-ci, il s'agissait d'un concert mozartien au Musikverein de Vienne et c'était un privilège d'y être invitée par l'une des solistes de l'orchestre. La violoniste insistait : « Un événement exceptionnel, disait le message, avec la participation de grands musiciens qui viendront appuyer le travail de mes élèves. En souvenir du temps où tu m'as soutenue au début de ma carrière, j'espère vivement que tu viendras nous applaudir. » Lotta avait ouvert à Vienne une classe de violon dont on chantait les louanges dans le milieu musical. Ce serait un grand moment pour elle, ce concert. Ingrid devait-elle revoir sa ville natale ? Vienne avait dû bien changer depuis que la petite fille l'avait quittée avec ses parents en 1970. Ingrid venait alors d'avoir 10 ans et pleurait tandis que le train s'ébranlait dans la gare ; elle n'avait pas compris pourquoi on abandonnait la grande maison du Ring pour aller vivre à Paris. Elle n'avait pas compris ce qui transpirait d'inquiétude, de colère, de révolte, dans les conversations de ses parents, ce qui les poussait à partir, qui leur en voulait. Anton Zeller était un architecte réputé, dont l'activité s'étendait également à Paris et Londres ; il avait donc opté pour Paris et emménagé avec ses beaux-parents Gammert, qui devaient du reste rejoindre un autre de leurs enfants quelques années plus tard aux États-Unis. Ingrid n'avait su la vérité, ou du moins ce que disait la rumeur, que durant son adolescence : on venait alors d'apprendre la mort du docteur Andreas Gammert et de sa femme dans le crash d'un avion au-dessus

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Nous Deux 4073 Un voyage mouvementé

Un voyage mouvementé

Christophe en avait assez de conduire. - Hé, les filles, vous ne voulez vraiment pas me relayer ? Betty, son épouse, fit celle qui n'avait pas entendu. Cécile, sa sœur, fit la moue. Elle estimait qu'elle avait suffisamment conduit ce jour-là. Elle voulait prendre le temps d'admirer le paysage. Betty, pour sa part, détestait prendre le volant et profitait à son aise des images pittoresques qui défilaient. C'était elle, d'ailleurs, qui leur signalait une curiosité, un détail, un site, voire de rustiques bergers, à prendre en photo. Christophe avait connu Betty lors de ses études dans le cadre d'Eras-mus, le programme étudiant de mobilité européenne. Il l'avait épousée malgré le mécontentement certain de leurs parents respectifs. Ces derniers imaginaient toutes sortes de problèmes à venir dans cette union, placée alors sous le signe du Brexit. Mais tout allait bien et le souhait le plus cher des deux familles était d'avoir bientôt un bébé à chérir. Ce n'était pas le cas pour le moment, le couple voulait profiter à fond de la vie avant de pouponner. Betty avait eu l'idée de passer les vacances dans les Highlands, les hautes terres d'Écosse. Après quelques jours à Londres dans la famille de la jeune femme, il avait pris un ferry et loué une voiture tout-terrain pour parcourir la contrée. Ils avaient trois grandes semaines devant eux. Ces vacances avaient été minutieusement préparées. Betty avait insisté pour que Cécile se joigne à eux. Elle savait combien ce voyage tentait la jeune femme, qui souhaitait se remettre d'une déception sentimentale. - Quelle fabuleuse aventure ! s'exclama Betty. Hors des sentiers battus et des agences de voyages… Je suis contente que tu aies accepté de nous accompagner, ma Cécile. - Je craignais de vous déranger, les amoureux ! - Que tu es sotte ! Au contraire, c'est plus agréable, on s'entend si bien, en plus, tous les trois. On ne s'est pas encore ennuyé une seconde. Tu ne diras pas le

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Nous Deux 4073 L'horoscope

L'horoscope

Tout avait commencé par un beau matin de printemps, les rayons du soleil encore un peu timides n'osaient pas pénétrer totalement dans la pièce où nous nous trouvions. Il était 10 heures et nous attendions l'arrivée de notre nouveau professeur de mathématiques dans la salle 50 du lycée Jeanne-d'Arc de Brétigny-sur-Orge. Il remplaçait M. Brunet qui était tombé subitement malade. Depuis un mois plus personne n'assurait nos cours et pour l'année du baccalauréat, c'était déjà trop de temps perdu. Océane, ma meilleure amie, s'était installée à mes côtés et faisait l'inventaire de sa trousse de maquillage lorsqu'il entra. - Mais, il est trop canon ! s'écria-t-elle en l'apercevant. Aucun son n'était sorti de ma bouche, j'avais simplement serré au creux de ma main le bâton de rouge à lèvres qui traînait sur la table devant moi. Océane avait raison, il était plus que beau, grand mais pas trop, des cheveux bruns coupés assez court, des yeux à première vue d'un vert très clair et des mains très fines qui n'arboraient aucune alliance. Pourquoi avais-je relevé ce détail ? Mon cœur s'arrêta de battre lorsqu'il prononça ce simple mot : - Bonjour ! À cet instant précis je m'étais remémoré l'horoscope que j'avais lu le matin même sur mon smartphone dans le bus : Cancer : côté cœur, si vous êtes célibataire, l'amour pourrait frapper à votre porte, ouvrez l'œil et le bon ! Était-ce un signe ? Au bout de quelques minutes il s'était présenté. Il s'appelait Lucas Dumas et était âgé de 31 ans. En posant ses yeux sur moi au moment où je déclinais mon identité, comme tous mes camarades de classe l'avaient fait, il avait souri. Mes doigts étaient tachés de rouge et il s'en amusa. - En général le rouge c'est pour les lèvres, mademoiselle Baldini… Puis il s'était tourné vers Éric, mon voisin de gauche. M'avait-il remarquée ? Mon imagination d'adolescente se plaisait à le croire. À

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Nous Deux 4073 Pourquoi les oiseaux nous font-ils autant de bien ?

Pourquoi les oiseaux nous font-ils autant de bien ?

Les oiseaux sont beaux, amusants à observer, gracieux. Ils incarnent la liberté ! Mais s'ils étaient encore beaucoup plus que cela ? « Non seulement ils sont des auxiliaires utiles de la nature, mais ils procurent aux humains un bénéfice physique et psychique incroyablement fort dans les moments de fatigue ou de tourmente, assurent Philippe J. Dubois et Élise Rousseau. Nous l'avons personnellement vécu. »Pour chasser le stress et l'anxiétéÊtre au contact des oiseaux (et de la nature) dissipe les pensées négatives et réduit de façon considérable le cortisol, l'hormone du stress. « Des études récentes ont validé ce ressenti, partagé par de nombreux ornithologues : après six minutes d'écoute de chants d'oiseaux, l'anxiété et les ruminations sont atténuées pendant une durée allant jusqu'à huit heures.

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