Nous Deux - Le numéro 4079 du 1 septembre 2025

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La Une de Nous Deux n°4079 du 01/09/2025

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4079 Une nuit dangereuse

Une nuit dangereuse

Joey s'étira et se leva pour allumer la lumière tandis qu'Alvina, sa sœur, prenait la télécommande pour éteindre la télévision. - Quand je pense que ce film me faisait peur quand j'avais 15 ans ! Les trucages ont tellement mal vieilli, avec ces espèces de démons en pâte à modeler, dit Max dans une grimace censée être terrifiante. - Un peu d'indulgence, mon amour, lui répondit Pauline. Evil Dead reste un classique du cinéma d'horreur. Il est sorti en 1983 alors, évidemment, les moyens n'étaient pas ceux d'aujourd'hui. La sonnette de la porte d'entrée tinta. Joey se frotta les mains d'impatience. - Le livreur de pizza. Le timing est parfait ! Qui va les chercher ? - Toi, par exemple, frangin, lui répondit Alvina en posant deux bouteilles de vin sur la table. Moi, je l'aime toujours autant, ce film. Je trouve que la cabane ressemble à celle dans laquelle nous allions jouer quand nous étions mômes. Tu te rappelles, Charlène ? Charlène était la meilleure amie d'Alvina. Elles s'étaient connues à l'école maternelle et n'avaient jamais perdu le contact. À un peu plus de 30 ans, toutes deux demeuraient inséparables. Elles pouvaient passer des heures au téléphone ou sur leur messagerie. Elles avaient toujours quelque chose à se raconter. - Tu as raison, elle lui ressemble. On y a même fumé nos premières cigarettes. - Je me demande si elle est encore debout. On a eu de belles frayeurs avec les grosses araignées. Joey revint, tenant une pile de boîtes de pizzas qu'il posa sur la table basse. - J'ai payé pour tout le monde, on fera les comptes demain ! Je suis d'accord avec Alvina, même si les effets spéciaux ont vieilli, ce film reste un classique. Moi aussi je me souviens de cette cabane dans les bois. Vous ne vouliez jamais que je vienne avec vous, mais un jour, je vous ai suivies. - Heureusement que tu ne nous as pas surprises avec la clope au bec, tu nous aurais balancées à tes parents, lui fit Charlène. Ce que tu pouvais être mouchard à l'époque. C'est pour ça qu'on ne voulait pas que tu

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Nous Deux 4079 Les romantiques allemands

Les romantiques allemands

J'ai beau n'écouter que du jazz, quand mon fils féru de heavy metal me fit part de son désir de commencer la guitare électrique, je sautai sur l'opportunité. Gabriel faisait preuve d'un désintérêt total pour les hobbies des enfants de son âge : il ne pratiquait aucun sport, aucun instrument, et ne s'intéressait même pas aux jeux vidéo comme la plupart de ses copains. Il n'aimait pas non plus lire, et je le voyais uniquement son casque sur les oreilles, écoutant de la musique trop fort. - Pourquoi pas, lui répondis-je. Avec toute la musique que tu écoutes, ce ne serait pas mal d'apprendre à en jouer ! Reste à savoir comment… - Justement, j'ai trouvé le nom d'un prof. - Ah bon ? Où ça ? - À la boulangerie. Ces petits bouts de papier, je me demandais toujours qui pouvait les arracher… - Gabriel, on ne peut quand même pas faire confiance à quelqu'un qu'on ne connaît pas et que tu as trouvé sur un papier à la boulangerie ! - Parce que tu connais des profs de guitare, toi ? Regarde, au moins ! Et il me fit un clin d'œil. J'attrapais le papier qu'il me tendait, sur lequel, d'une écriture régulière, on pouvait lire ceci : Étudiant doctorant en allemand, je souhaite financer mes études en partageant ma passion : la guitare électrique. Mon fils me regardait, un sourire amusé aux lèvres. - Alors, un doctorat en allemand, c'est pas sérieux ? L'allemand, c'est ma passion depuis le lycée. J'en ai même fait mon métier : je suis bibliothécaire à l'institut Goethe de notre ville, qui dispense des cours et des activités culturelles germanophones. Évidemment, lorsque mes enfants ont été en âge de faire des études, j'ai insisté pour qu'ils fassent de l'allemand en première langue. Les deux aînés ont accepté, même s'ils l'ont abandonné dès qu'ils ont pu échanger avec l'anglais, mais Gabriel a résisté. En ce moment, je suis toujours prête à rire et à être positive lorsque mon cadet s'ouvre un peu. J'ai donc immédiatement enchaîné : - Écoute, mon chéri, c'est une très bonne idée.

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Nous Deux 4079 Avoue tes crimes

Avoue tes crimes

La ville tremble. Les gens ont peur. Si l'assassin n'est pas bientôt identifié, la terreur risque de s'installer dans toute la région. Chacun va se calfeutrer, refuser de sortir le soir, ne plus quitter son domicile par sécurité ou par crainte. - Nous n'en sommes pas encore là, estime le commissaire Démange. Mais cela pourrait vite se produire si un quatrième meurtre survenait. Deux jeunes femmes, Violaine et Magda, ont été violées puis assassinées en moins de trois mois. Elles avaient 32 et 20 ans. Une troisième, Carole, âgée de 24 ans, a été retrouvée sans vie à son domicile quatre jours plus tôt. Si aucun mode opératoire ne saute a priori aux yeux - l'une a été étranglée à mains nues dans une rue déserte, à 3 heures du matin ; la seconde étranglée aussi, mais avec l'un de ses propres foulards dans une maison abandonnée ; et la troisième a été étouffée à l'aide d'un oreiller dans son appartement -, la police recherche des points communs entre les victimes. Car s'il s'agit bien du même tueur, c'est une évidence, il existe obligatoirement des points communs entre elles. - Il est peu probable qu'un assassin choisisse ses victimes au hasard. Un violeur sélectionne ses proies parce qu'elles sont blondes, ou grandes, ou mères de famille, ou vierges, que sais-je ? Dans tous les cas, il ne les suit pas dans la rue jusque chez elles sans les connaître un minimum. Il les a préalablement repérées, sait où elles habitent, connaît leurs habitudes pour mieux les attaquer au moment et au lieu adéquats, lorsqu'il sait ne prendre aucun risque d'être surpris. - À moins d'être un compulsif, note un inspecteur. Le commissaire balaie cette possibilité d'un large geste. Réunis autour de Démange, les autres policiers acquiescent. Tous sont plongés dans cette enquête depuis le premier meurtre et ont conscience de n'avoir guère progressé. Le commissaire profite d'un moment de flottement pour relayer une info primordiale qui vient de lui être communiquée et qui va modifier la suite des

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Nous Deux 4079 Rentrée romaine

Rentrée romaine

Florence avait agi en cachette de Fabien, son mari. Ses vœux de mutation pour le lycée français Chateaubriand à Rome. Sa petite enquête. Ses conversations avec un collègue qui avait enseigné la philo, comme elle, dans le prestigieux établissement romain, quelques années plus tôt. Des courriels envoyés ici et là à d'autres expatriés pour tâter le terrain. Était-ce une bonne idée ? Pas sûr. Quitter l'agréable lycée Hoche à Versailles, où elle enseignait depuis une dizaine d'années, où elle avait sa vie, pour se risquer à l'étranger, toute seule, où Fabien ne pourrait pas la suivre… - Bah, de toute façon, tu n'as presque aucune chance de l'avoir, lui avait dit Christian, l'ancien de Chateaubriand. Tout le monde rêve d'enseigner à Rome… Beaucoup d'appelés, et peu d'élus, comme dit l'Évangile ! plaisanta-t-il, rigolard. Pratiquement pas de risques ? Ça l'avait convaincue. Et voilà qu'elle était sélectionnée pour le premier tour. Qu'elle devait passer des entretiens, en visio, avec le chef d'établissement du lycée convoité. Ça se passait un samedi après-midi. Fabien, 45 ans, était parti répéter avec son groupe, comme s'il en avait 25. C'était bien là une partie du problème. Florence était donc seule dans leur appartement de la rive gauche. Elle put dérouler son CV, très à l'aise, devant l'écran de l'ordinateur, qui encadrait le visage du proviseur chauve, en costume cravate. - Je résume, dit-il : DEA, doctorat d'esthétique de la Sorbonne sur l'intensité dans la peinture italienne. Bonne maîtrise de l'anglais et de l'italien. Désir de s'impliquer dans la communauté éducative locale (Florence mentait un peu). C'est tout à fait dans nos cordes, conclut-il. Je reviens vers vous très rapidement, dès que nous aurons procédé à un choix définitif. Elle quitta la visio, le cœur battant, avec l'impression grisante de mener une double vie, et un sentiment poignant de culpabilité. Évidemment, elle fut embauchée. Comment expliquerait-elle à son mari qu'elle partait pour trois ans dans la capitale italienne, et

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Nous Deux 4079 Une éternelle jeunesse

Une éternelle jeunesse

Devient-on sérieuses quand on a un certain âge ? Espérons que non ! La vieillesse vous saute dessus quand on ne rêve plus à rien. Roselyne, une septuagénaire qui tâche de ne pas en avoir l'air grâce à sa blondeur soignée et son rouge à lèvres conquérant, réfléchit ainsi en s'asseyant avec ses deux amies à une table du grand café Le Mercury, situé à égale distance du domicile de chacune. Elles s'y retrouvent tous les vendredis, à l'heure du thé. Cette récréation est devenue un rite au fil des ans. Rien ni personne n'empêcherait Roselyne de prendre le bus pour rejoindre Kathie et Marie-Christine. Parisiennes, elles se sont connues chez Help'Assist, une entreprise d'assurances où elles travaillaient pendant leur jeunesse. Une époque bénie qu'elles aiment à se remémorer en chœur. Elles étaient alors légères et désinvoltes. Les voici maintenant à la retraite, un peu alourdies par la vie, les responsabilités et parfois les chagrins. Kathie est veuve, Marie-Christine, divorcée, quant à Roselyne, elle est restée toute sa vie célibataire : tombée amoureuse d'un homme marié, le patron de Help'Assist, il ne s'est jamais libéré de ses liens matrimoniaux. Roselyne a fini par rompre ayant la certitude désenchantée que ce chef d'entreprise impérieux n'était qu'un « toutou pensant tenu en laisse par sa femme », comme elle l'avait confié à ses amies. Tout en buvant quelques tasses d'Earl Grey, accompagnées d'une tarte au citron, voire d'un moelleux au chocolat, les trois dames égrènent leurs souvenirs, ou parlent de tout et de rien - une agréable manière de passer le temps. Aujourd'hui, elles s'offrent une coupe de champagne, « juste pour l'élégance du geste » selon Kathie. À vrai dire, depuis son veuvage, cinq ans plus tôt, elle ne perd pas une occasion de boire « un petit coup ». Roselyne n'en est pas là, même quand elle admet tout bas qu'elle a raté sa vie

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Nous Deux 4079 Olivia “Après ma leucémie, je suis devenue socio-esthéticienne”

Olivia “Après ma leucémie, je suis devenue socio-esthéticienne”

Ce sont de petits messages de soutien qui font du bien. Certains sont même accompagnés de fleurs. « Un an et demi plus tard, d'anciennes clientes m'ont dit qu'elles étaient heureusesque je reprenne, s'émeut Olivia. La plupart savaient pourquoi j'étais partie. Elles étaient contentes de me revoir. Et moi, de commencer avec elles une nouvelle vie. » Un diagnostic brutal Olivia avait dû fermer précipitamment son cabinet, situé face à la gare de La Ferté-Bernard (Sarthe), le 6 octobre 2023. « Le jour de l'annonce de la maladie », se souvient la jeune femme. Alors âgée de 35 ans, cette esthéticienne ne s'attend pas à ce qui lui tombe dessus. « J'avais été très fatiguée et j'avais eu une grosseur au genou qui avait nécessité une infiltration. » Huit mois plus tard, elle ne va pas mieux. « Je me suis cassé le pied, et j'étais toujours aussi épuisée. Après un bilan

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