Nous Deux - Le numéro 4090 du 17 novembre 2025

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La Une de Nous Deux n°4090 du 17/11/2025

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4090 Un surprenant cadeau

Un surprenant cadeau

Depuis que la faucheuse est venue m'arracher Louis, mon compagnon depuis quarante ans, il y a un peu plus de deux ans, je vis seule. Il ne me viendrait pas à l'esprit de le remplacer, de recommencer quelque chose avec un autre homme, malgré l'insistance de ma fille. J'ai vendu notre maison devenue trop grande pour moi et je me suis installée dans un petit appartement confortable en centre-ville. En signant l'acte de vente, une once de remords m'avait effleurée. Si j'étais partie en premier, Louis n'aurait jamais vendu. Il était trop attaché à cette maison. J'avais un peu craint que Solveig ne me reproche cette décision, mais tout comme moi, ma fille a le regard fixé sur l'avenir. Pour l'instant j'ai toujours bon pied bon œil mais en prenant de l'âge j'aurai besoin d'être plus proche des commerces et autres commodités. Et surtout, nul n'étant à l'abri, en cas de pépin, ayant à présent de charmants et jeunes voisins dans le petit immeuble où j'ai emménagé, ce sera mieux qu'isolée dans ma maison. Aujourd'hui ma fille m'a appelée pour m'annoncer qu'elle avait un merveilleux cadeau pour moi. Je me suis dit qu'elle m'avait trouvé le beau pull beige un peu cher dont je lui avais montré une photo. Avec son emploi dans la mode, elle a des réductions intéressantes et a dû l'obtenir à bon prix. Je me suis réjouie à l'avance, mais quand elle a ajouté qu'il fallait que je m'attende à un grand bouleversement dans mon existence, j'ai compris qu'il ne s'agissait pas d'un pull et un vague sentiment d'angoisse s'est insinué en moi. Qu'est-ce qui serait propre à bouleverser mon existence ? J'ai passé l'après-midi à tenter de trouver la teneur de ce foutu merveilleux cadeau. Je n'en voyais qu'un seul, impossible : remonter le cours du temps pour retrouver les sourires et les bras de mon cher Louis. À force de penser à lui, tout en écoutant le Requiem de Gilles qu'il m'avait fait découvrir lors de l'une de nos premières soirées ensemble, j'ai remonté le fil de mon existence jusqu'à ma rencontre avec

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Nous Deux 4090 Pour bonne conduite

Pour bonne conduite

En se levant ce matin-là, Fanny s'était cogné le petit orteil contre le pied du lit. Elle était si mal réveillée, pour avoir passé une nuit partagée entre des cauchemars inracontables et des insomnies interminables, qu'elle avait mis plusieurs secondes avant de se rendre compte, d'abord, que cela faisait atrocement mal, puis de hurler une litanie de jurons, les yeux brouillés de larmes de colère. C'était avant de se doucher à l'eau tiède, parce que le ballon d'eau chaude avait l'une de ses sautes d'humeur. Comme elle avait oublié d'acheter du café moulu, elle avait dû se contenter d'un thé infusé d'un sachet sans âge trouvé au fond du placard derrière le sucre. En descendant le vieil escalier de l'immeuble après avoir fermé la porte à double tour, la sonnerie de son vieux téléphone d'appartement l'avait obligée à remonter quatre à quatre les marches, à retrouver ses clés dans le sac et à se précipiter vers le combiné pour entendre une voix féminine sans âme lui débiter : - Bonjour. Cindy Dubois, des meubles Déco-Center… Fanny avait pris sur elle pour ne pas lui assener des horreurs, mais l'avait vite fait bien fait réexpédiée à ses cadeaux-promotions du week-end. Et tout cela, ce n'était que le début de la journée, avant qu'elle n'ait, à 13 h 53 exactement, à la clinique Sénieux, la confirmation que, oui madame, pardon, mademoiselle, elle était bel et bien enceinte. Elle avait acheté le test quelques jours auparavant, et le soir même son visage avait pris des teintes complémentaires à celles du bâtonnet qui venait de lui apprendre, sans délicatesse aucune, que son mini-appartement avait d'ores et déjà un minuscule sous-locataire potentiel. D'où ses nuits, plus qu'agitées, hantées par l'interrogation et le doute. Était-elle prête à mettre au monde un nouvel être humain ? Comme allait-elle annoncer la nouvelle à Landry ? Il était encore moins prêt qu'elle, ça, c'était sûr. Il lui avait pourtant laissé toute la responsabilité de la contraception, parce que, après tout, ce sont des « affaires de femmes ». Elle avait failli à

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Nous Deux 4090 L'intrus

L'intrus

La remise était éclairée. À travers la fenêtre entrebâillée, on pouvait voir l'ombre dégingandée d'Hector s'agiter frénétiquement. Il ferma la fenêtre, éteignit la lumière et sortit du local en claquant la porte. Sa lampe torche balaya différents endroits du jardin. Des gouttes de sueur perlaient sur son front. Ses yeux exorbités voyaient flou, à la fois en raison de sa myopie et à cause de la panique qui lui embrumait le cerveau. Il se rua vers le pavillon. Au même instant son père se garait devant le portail. L'adolescent monta les marches quatre à quatre, jusqu'à sa chambre. La voix de sa mère surgit de la salle de bains : - Hector, on passe prendre les Jubert dans dix minutes ! N'oublie pas de mettre un jean propre ! Il saisit fébrilement sa paire de jumelles et se posta à la fenêtre. Il scruta la route, la haie, l'allée de gravillons… Mais il ne vit que son père qui montait les quelques marches de la terrasse et entrait dans le pavillon en allumant les deux lampadaires du jardin. Les yeux rivés à ses jumelles, Hector examina le périmètre éclairé, de droite à gauche, tout en cherchant un prétexte pour ne pas accompagner ses parents au théâtre. Tant pis pour L'Avare, tant pis pour Molière et Jean Dujardin… Sa mère entra dans la chambre. - Qu'est-ce que tu fabriques ? - J'ai perdu un truc méga-important… Mon exposé de géo. C'est pour demain, il faut que je le trouve ! Elle eut une mimique de stupéfaction. - Tu cherches ton exposé avec tes jumelles ? - Je l'ai révisé dans le jardin tout à l'heure… Et d'ici j'ai une vue d'ensemble ! - On n'a pas le temps ! Tu le chercheras en rentrant… - Non ! Il faut absolument que je le trouve maintenant ! Il posa les jumelles, mit ses lunettes et sortit de la chambre devant sa mère abasourdie. Il dévala l'escalier. - Désolé, je ne peux pas aller au théâtre ! - Comment ça ? demanda son père qui

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Nous Deux 4090 Les ailes du Phénix

Les ailes du Phénix

Sainte-Mère-Église - nuit du 5 au 6 juin 1944. Mathilde n'arrivait pas à dormir, elle avait chaud. Elle s'extirpa de son lit et alla ouvrir la fenêtre de sa chambre qui se trouvait au-dessus de l'épicerie familiale. Il devait être 5 heures environ et il faisait encore sombre. Elle remarqua des lueurs orangeâtres dans le ciel et une odeur âcre de fumée la prit à la gorge subitement. Des flammes éclairaient le ciel. Encore une attaque des boches. Cette foutue guerre qui durait depuis bientôt cinq ans ne se terminerait donc jamais. Mathilde se prépara aux bruits dantesques qui suivraient immanquablement lorsque la pluie d'obus s'abattrait sur eux. Elle allait refermer la fenêtre pour se mettre à l'abri quand des avions remplirent le ciel et un essaim de parachutistes s'échappa de ces oiseaux de fer. Mathilde se précipita au rez-de-chaussée et, sans plus réfléchir, ouvrit la porte de l'épicerie qui donnait sur la rue principale du village. Elle sortit sur le trottoir et un voile blanc s'abattit sur elle en la recouvrant intégralement. Elle glissa au sol, s'empêtrant dans la grande voile et ce fut le trou noir pendant quelques secondes. Elle entendit une voix marmonner : - Damn it ! Are you OK ? Une puissante voix mâle avec un accent à couper au couteau insista : - Miss ? L'homme les avait débarrassés tous deux de la grande toile qui maintenant traînait au sol comme un voile de mariée. Il tendit une main vigoureuse à la jeune femme pour l'aider à se relever. Elle s'y accrocha car elle en avait bien besoin. Mathilde était enceinte de huit mois. - Miss ? reprit l'homme en regardant Mathilde avec insistance. Il avait remarqué son ventre. Elle fut transpercée par l'éclat noir de ce regard qui contrastait avec la chevelure blonde de l'homme. Il lui apparut comme un archange descendu du ciel. Soudain, une douleur vrilla les entrailles de Mathilde. Sans lâcher la main salvatrice, elle se plia

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Nous Deux 4090 Charlotte "Face à l'état de la planète, je ne voulais pas d'enfant, et pourtant…"

Charlotte "Face à l'état de la planète, je ne voulais pas d'enfant, et pourtant…"

Charlotte n'a pas oublié ce repas de famille où elle a annoncé à ses parents qu'ils ne deviendraient peut-être pas grands-parents. « Pourtant, ils y pensaient, je le savais », se souvient-elle. Le sujet est arrivé sur la table en plein Covid. « Un soir, mon père a dit qu'avec tous ces confinements, il n'était pas près de devenir grand-père. J'ai saisi l'occasion et je lui ai répondu que, pandémie ou pas, je n'étais pas sûre de lui donner un petit-enfant, dans le monde dans lequel nous vivions… » Pas d'enfant « dans ce monde-là » Plus jeune, pourtant, Charlotte n'imaginait pas sa vie sans enfant. « Je dirais même qu'à une époque, l'idée de fonder une famille m'a sauvé la vie. » Adolescente, elle a plongé pendant trois ans dans l'anorexie. « J'avais 14 ans et je pesais environ 30 kg. Je me souviens encore précisément d'un jour, un été, où mes parents m'avaient laissée dans la voiture parce

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Nous Deux 4090 10 réflexes à adopter pour en finir avec le grignotage

10 réflexes à adopter pour en finir avec le grignotage

Une tablette de chocolat qui fond mystérieusement à 11 heures… Un paquet de biscuits entamé « juste pour un » et qui disparaît en quelques minutes… Ou ces poignées de chips avalées devant une série… Le grignotage n'est pas une faim réelle : c'est une envie, une pulsion, une réponse au stress, à l'ennui ou à la fatigue. Il agit comme un petit interrupteur émotionnel : on croque pour combler un vide, on mâchonne pour s'occuper, on grignote pour apaiser une tension. La psychologie parle d'« alimentation émotionnelle ». Or, plus on cherche à la combattre de front, plus elle revient en force. La clé est donc d'apprivoiser ces moments et d'installer des garde-fous. 1. Faire la paix avec la vraie faim Le

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