Ce matin-là, arrivée à l'étage de mon bureau, le septième, je m'apprête à sortir de l'ascenseur dans lequel j'étais seule, lorsque mon collègue Maxence s'engouffre dans la cabine, me pousse en arrière et appuie sur le bouton. Les portes automatiques se referment sur nous. - Juliette, j'ai des choses à te dire, m'annonce-t-il tandis que nous montons à toute allure. Il me prend dans ses bras. Crispée, je reste aussi raide qu'un bout de bois. Depuis deux ou trois mois, Maxence me tourne autour… et, presque séduite, je suis le mouvement ! Mais déjeuner ensemble à la cantine de la LEBI (L'Entreprise bancaire internationale), la grosse boîte qui nous emploie, située à la Défense, près de Paris, ne lui suffisait plus : désormais, nous nous retrouvons en douce dans sa voiture au parking souterrain, où nous échangeons de fiévreux baisers d'ados. J'hésite encore à aller plus loin. Pourquoi ? Parce que je suis mariée avec Théo. - Tu lui as parlé ? me demande mon « séducteur » pour la énième fois. Je dois admettre, embarrassée, que « l'occasion ne s'est pas présentée ». - Parce que tu ne l'as pas cherchée ! explose-t-il. Effectivement ! Je voudrais bien avoir le courage d'assener à Théo : « Je te quitte. » Je n'y arrive pas. Nous avons 35 ans, nous nous sommes connus au lycée et jamais quittés. Alors, l'envoyer paître en lui révélant que « j'en aime un autre » me paraît difficile, voire cruel. Il ne se doute de rien. Illustrateur de bandes dessinées, il plane un peu, il faut avouer. Hier encore, il m'a apporté des fleurs. Je n'ose pas avancer cet argument à Maxence qui, l'ascenseur s'étant arrêté, m'entraîne sans bruit sur le palier du dernier étage, d'où débouche un corridor conduisant aux portes closes des directeurs. Ici, personne de notre service ne peut nous surprendre. De l'autre côté d'une baie vitrée, on aperçoit le panorama parisien, l'Arc de Triomphe et plus loin, la tour Eiffel. Mais sans accorder un regard à ce superbe paysage, Maxence grommelle : - Qu'est-ce qui te retient de le mettre
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