Nous Deux - Le numéro 4105 du 2 mars 2026

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La Une de Nous Deux n°4105 du 02/03/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4105 Une échappée irlandaise

Une échappée irlandaise

Lucie s'est réveillée, agitée et nerveuse, après cinq heures de sommeil. Malgré cette courte nuit, elle ne parvient pas à retrouver le sommeil. Cela fait plus d'une demi-heure qu'elle tourne dans son lit. Impossible de se rendormir : elle n'arrive pas à se débarrasser de cet étrange sentiment de se trouver dans une boîte de conserve ! Rester allongée n'est pas une bonne idée : elle a besoin de marcher, de prendre l'air et de respirer. Lucie meurt d'envie d'aller assister au lever du soleil sur la mer. Ce doit être tellement beau ! Et elle n'aura sans doute pas beaucoup d'autres occasions de vivre un tel événement dans sa vie. En moins de trois minutes, elle enfile ses vêtements dans la pénombre, en faisant le moins de bruit possible afin de ne pas réveiller Sarah. Dans son lit, sa fille ne bouge pas. Elle a toujours eu le sommeil lourd, depuis toute petite. Devenue adulte, elle est restée une grosse dormeuse. Lucie attrape son coupe-vent et son sac à main, puis elle referme la porte discrètement, soulagée de quitter cette cabine dans laquelle elle avait la sensation d'étouffer. Quand Sarah avait réservé le trajet cinq mois plus tôt, il n'y avait déjà plus de cabine avec hublot. Heureusement, elle était parvenue à obtenir une cabine individuelle. Lucie n'aurait jamais supporté de dormir avec d'autres personnes… Mais elle ne va pas se plaindre, au contraire ! Lucie s'étire en écoutant les bruits sourds du bateau, puis elle prend la direction du pont supérieur. Quoi qu'il arrive, elle est bien décidée à savourer chaque minute de ce voyage. Un sentiment de légèreté s'empare d'elle, tandis qu'elle déambule dans les couloirs labyrinthiques du ferry. Parti la veille de Cherbourg, le bateau arrivera en milieu de matinée à Dublin. Cette escapade surprise que lui a offerte sa fille est inespérée. Lucie en avait tant rêvé, pourtant elle n'y croyait plus depuis des années… L'Irlande, si présente dans son existence, avait fini par devenir un mirage qu'elle n'atteindrait jamais. Pourtant, la vie avait fini par lui offrir la chance de réaliser

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Nous Deux 4105 Le bon créneau

Le bon créneau

Ce n'était vraiment pas facile de se garer devant la médiathèque. J'avais été prudente, j'avais de l'avance, mais j'avais beau tourner et retourner, il n'y avait pas la moindre place libre. Dans quelques minutes allait commencer la rencontre avec un écrivain que j'admirais. Pierre Vanzetti était venu exprès de Paris pour s'entretenir avec nous de son dernier livre… et moi, je serais encore sur le parking ! Je jurai. En dernier recours, je me décidai pour une place que j'avais déjà vue trois fois mais que je jugeais très étroite. Il allait falloir faire un créneau parfait… Or ce n'est pas mon fort, surtout quand quelqu'un attend derrière moi, comme cette voiture qui sembla apparaître de nulle part une fois mon clignotant enclenché ! Je m'y repris à deux fois, terrifiée qu'on se mette à klaxonner - j'étais très mal partie. Je fis un petit geste de la main dans le rétroviseur, puis repris pour la troisième fois ma manœuvre. Tandis que je plaçais mes roues perpendiculaires à la chaussée, j'entendis claquer une portière. J'en étais sûre, le conducteur pressé allait m'insulter, ou tout au moins me demander comment je comptais m'y prendre… Les gens devenaient de plus en plus malpolis et impatients… je baissai ma vitre pour m'excuser. - Je suis navrée… je fais au mieux, mais les créneaux, ce n'est pas mon fort… Le conducteur se pencha. Un homme souriant, d'une petite quarantaine d'années, qui n'avait pas l'air prêt à m'insulter, au contraire. - Je vois… De toute façon, c'est très désagréable de devoir manœuvrer quand quelqu'un attend. Vous voulez que je vous aide ? - Euh… c'est-à-dire que… Oui, je serais ravie ! Je sortis de ma voiture, laissant la clé sur le contact. Il me sourit à nouveau et s'installa au volant. J'eus une vague appréhension : s'il partait avec ma voiture ? Non, c'était absurde ! La sienne, stationnée juste derrière, était bien plus spacieuse ! Il fallait vraiment que j'arrive à contrôler cette panique qui me saisissait de plus en plus souvent. En deux secondes, il

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Nous Deux 4105 Le vieil homme et le garçon

Le vieil homme et le garçon

Tout le monde connaît la silhouette de l'homme qui se déplace à pas lents sur le bord de la mer. On ne sait pourtant pas grand-chose à son sujet. Il vit ici depuis toujours, demeure dans un petit appartement du centre-ville, mais ceux qui l'ont connu plus jeune nous ont quittés depuis bien des années déjà. Les gens le trouvent sympathique, pourtant, comme il ne paraît pas souhaiter se confier, personne n'ose l'interroger sur son passé. On respecte son mystère. Son nom est Pierre Grandval. Quand on parle de lui, on le surnomme « le vieux monsieur de la plage » et chacun sait aussitôt de qui il s'agit. Ce qu'il fait de ses journées avant et après cette longue balade quotidienne ? Peu importe. Ça ne regarde que lui. D'ailleurs nul ne s'interroge à ce sujet. Pour tous, il est un vieillard comme il y en a tant, esseulé par les départs de ses proches, les drames de l'existence. Au détour d'une rue, il lui arrive de surprendre une conversation qui le concerne. Cela l'amuse et le déconcerte, le choque parfois, l'indiffère toujours. - Je ne l'ai pas encore croisé aujourd'hui. Il est peut-être malade. - Ça ne serait pas étonnant avec ce temps. - Si, si, moi je l'ai vu. - Oui, moi aussi, il est passé à la boulangerie. - Vous me rassurez. J'ai toujours peur qu'il lui arrive quelque chose. Le vieux monsieur sourit à ces dames, hoche la tête pour un salut avant de poursuivre son chemin avec un détachement non feint. Son but est toujours le même, qu'il vente, qu'il neige, ou que le soleil fasse fondre le bitume par son ardeur, il se rend vers la plage. Ou plus exactement vers le boulevard de la Mer qui longe l'océan. Sur un vieux banc de bois, il s'assied et regarde le large. Lorsqu'il fait beau, il peut rester ainsi quatre ou cinq heures de suite, perdu dans des pensées que nul ne pénètre. C'est le seul moyen efficace qu'il ait trouvé pour revivre son existence encore

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Nous Deux 4105 Le refuge de son cœur

Le refuge de son cœur

Mylène ouvrit les yeux dans son lit et, pendant un moment, elle fut surprise de s'éveiller dans cette chambre où elle venait de passer sa première nuit. Elle ne s'était pas réveillée une seule fois, elle avait dormi comme un bébé et ce matin, elle était fraîche et reposée comme elle ne l'avait plus été depuis bien longtemps. Elle se redressa, mit l'oreiller à la verticale et s'adossa contre la tête de lit. La chambre n'était pas très grande, le mobilier y était un peu vieillot et ne comportait que l'essentiel, mais elle se sentait bien, en sécurité, invisible pour le reste du monde derrière les hauts murs de cet ancien manoir niché dans la campagne normande. C'était un foyer pour femmes en difficulté, elle ne pourrait pas y rester très longtemps, mais ici, avec l'aide des accompagnateurs et de l'assistante sociale, elle pourrait bâtir son nouveau projet de vie. De ce qu'elle considérait déjà comme son ancienne vie, elle n'avait rien pu emporter. Seulement quelques vêtements qu'elle avait fourrés dans son grand sac de sport. Elle n'avait pas osé se rendre dans la salle de bains qui communiquait avec la chambre à coucher pour prendre sa brosse à dents, mais on lui en avait fourni une, ainsi que quelques indispensables produits d'hygiène. Elle avait tout laissé et ne pourrait jamais rien récupérer, mais elle s'en moquait. Elle était libre désormais et c'était tout ce qui importait. Elle se leva, enfila le peignoir blanc suspendu à une patère contre la porte, puis elle attrapa le panier qui contenait ses produits de toilette et ouvrit la porte. Les douches communes étaient au bout du long couloir au sol recouvert d'un superbe parquet ancien. Elle passa devant une enfilade de portes à droite et à gauche en se demandant combien de ces chambres étaient occupées par des femmes dans la même situation qu'elle, puis elle entra dans la salle où se trouvaient les douches, fermées chacune par une porte battante qui permettait de voir quelles douches étaient

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Nous Deux 4105 L'amour au long cours

L'amour au long cours

Mathilde descendit la rue en direction du port. Elle croisa des visages familiers qui se contentèrent de hocher la tête en guise de salut. Personne n'osa l'importuner, car chacun savait que son mari, Félix Cassard, armateur nantais bien connu, vivait ses dernières heures. La pauvre femme faisait preuve d'un grand courage à demeurer une bonne partie de la journée auprès de cet homme alité depuis des jours. Parfois, le besoin de prendre l'air et d'aller respirer l'air marin se faisait sentir. Elle confiait alors à Lucie, la domestique, le soin de rester auprès du mourant et s'en allait marcher au milieu de la foule. Elle se mêlait aux marins qui s'apprêtaient à embarquer sur de gros navires en partance pour l'Afrique. Ils savaient que le voyage n'était pas sans risque alors au moment de serrer leurs compagnes contre eux, ils priaient pour avoir la chance de revenir après de longs mois passés à bord. Mathilde savait tout cela, elle dont le mari armateur possédait un des plus beaux voiliers du port. Celui-ci était à quai depuis déjà plusieurs semaines. Vraisemblablement, Félix Cassard ne remonterait plus jamais à bord de L 'Impétueux. Ses fils s'apprêtaient à reprendre sa succession. Malgré leur jeune âge, l'aîné n'avait que 18 ans, tous deux étaient impatients de reprendre les rênes de l'entreprise familiale. Mathilde songeait à tout cela en déambulant le long du fleuve. Elle n'avait guère eu le temps jusqu'à présent de penser à son avenir. Bien sûr, elle se savait à l'abri du besoin. La famille possédait un des plus beaux hôtels particuliers, face à la Loire. Les tâches du quotidien lui étaient épargnées grâce à un personnel compétent et fidèle. Parfois, elle se demandait où étaient passées ses ambitions. Petite, elle se voyait faire le tour de la terre, devenir exploratrice comme dans les récits que lui lisait son père. À 20 ans, elle avait rencontré Félix, donné naissance à deux enfants. Félix et elle formaient un couple heureux. Elle s'en voulait de penser déjà

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Nous Deux 4105 Snoopy Au bonheur des malades

Snoopy Au bonheur des malades

Item sans titre Item sans titre C'est une belle surprise… Snoopy vient en personne me chercher dans le patio de l'accueil de l'Institut Curie. Il arrive d'un pas tranquille. Assis sur les canapés multi colores, les patients sont en admiration. « C'est Snoopy, lance une dame . Je l'ai vu de loin tout à l'heure. Est-ce que je peux le caresser ? » À l'autre bout de la laisse, Heidi, pédicure-podologue, mais aussi l'une des cinq référents (avec Maxime, Élodie, Marguerite et Isabelle), répond positivement. Entre l'accueil et le bureau des infirmières en Recherche, Plaies et Cicatrisation - le repaire de Snoopy -, chaque patient n'aura d’yeux que pour lui. Sur son passage, c’est à chaque fois l’enthousiasme : il se laisse caresser, interagissant avec ceux qui glissent leur main dans son pelage soyeux. Si, aujourd’hui, patients et accompagnants savent qu’un chien officie à l’Institut, le croiser en chair et en os demeure un moment magique. « Sa présence suscite toujours de l’émotion, personne ne reste insensible en le

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