Comme chaque matin, Judith pousse la porte de l'atelier. C'est une vieille cave au plafond voûté, faite de briques rouges. Une cave bien plus vieille que la maison qui a été reconstruite en partie par-dessus, après un incendie dans les années 1960. Quand elle s'était installée ici avec Roman, sculpteur tout comme elle, ils avaient d'abord envisagé d'installer leur atelier dans le garage. C'était avant de découvrir une porte condamnée, dissimulée derrière de la vigne vierge, à l'arrière de la maison. Ensemble, ils avaient arraché la vigne, impatients de découvrir ce qui se cachait derrière la mystérieuse « porte de derrière ». Les charnières étaient tellement rouillées qu'elles s'étaient brisées. Avec une torche, ils avaient éclairé l'endroit obscur, l'escalier de briques qui y descendait. Il y avait tellement de toiles d'araignées qu'il était inévitable de ne pas s'empêtrer dedans en passant. Cela n'avait pas découragé le jeune couple, même si Judith avait eu quelques frissons d'effroi. Il n'y avait rien là-dessous, rien que des murs, des étagères où restaient quelques conserves, un gros tas de charbon et un vieux balai comme ceux que chevauchent les sorcières. Il avait sans doute longtemps servi à balayer le sol de terre battue car il ne restait plus beaucoup de paille dessus. Judith et Roman s'étaient regardés, ils avaient échangé un sourire complice puis s'étaient jetés dans les bras l'un de l'autre en criant : « C'est notre atelier ! » Les étagères étaient encore en très bon état, faites de bois de chêne et solidement fixées au mur par de grosses ferrures piquées de rouille. Cet endroit était parfait pour stocker l'argile et la sculpter. Les murs étaient sains, signe qu'il n'y avait pas trop d'humidité, mais la lumière du jour n'y entrait pas. Alors Roman avait décidé qu'il percerait quelques soupiraux si la chose était possible. Judith avait passé des jours à nettoyer et aménager l'atelier tandis que Roman s'occupait des soupiraux après avoir demandé conseil à un ami artisan en bâtiment. Il fallait faire les choses dans les règles de l'art pour ne pas voir s'écrouler la maison. Tandis que Judith, après avoir épinglé au mur une dizaine de
Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Nous Deux n°4106 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.
Voir plus