Nous Deux - Le numéro 4118 du 1 juin 2026

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La Une de Nous Deux n°4118 du 01/06/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4118 L'amour sur mon chemin

L'amour sur mon chemin

Julia est partie tôt, ce matin. Alors que le jour se levait, elle a fourré dans son sac à dos quelques vêtements et ses papiers. Maintenant, elle marche sur le bord d'une route interminable qui sillonne au milieu de grands champs de blé, de lin et de maïs. Au-dessus de sa tête, des nuages noirs s'amoncellent. On ne verra bientôt plus l'azur du ciel. Elle a déjà dû parcourir une bonne vingtaine de kilomètres, la marche ne lui fait pas peur et surtout, elle s'en fiche. Plus rien ne compte, plus rien n'a d'importance à ses yeux. Elle marche et c'est à peine si elle sent la route sous ses pieds. Les paysages du Morvan sont magnifiques à cette époque, mais ses yeux ne les voient pas. Les conducteurs qui klaxonnent pour qu'elle s'écarte de la route, elle les ignore. La seule chose qu'elle entend, ce sont les pleurs d'un enfant qui vient au monde avec pour tout bagage un souffle de vie. Elle a fait ce qu'il fallait, il sera heureux, l'assistante sociale le lui a promis. Il sera adopté par une famille aimante qui l'attend déjà, elle ne doit se faire aucun reproche. Lorsque le bébé est venu au monde, trois semaines plus tôt, elle a tenu à le garder près d'elle durant quelques heures, le temps de lui répéter inlassablement qu'elle l'aimait, qu'elle ne l'oublierait jamais. Il était si petit, si fragile, tellement confiant. Julia aurait juré qu'il comprenait chacun de ses mots. Elle a mille fois embrassé son front, respiré son parfum d'innocence, pris entre ses doigts ses mains minuscules pour les porter à ses lèvres. Elle lui a bien expliqué qu'il serait comme un prince dans sa nouvelle famille, avec de vrais parents pour le couvrir de cadeaux et qui sauront l'aimer comme il le mérite. Julia sait ce que c'est que de grandir sans un père, auprès d'une mère qui n'est jamais là parce qu'elle a deux emplois pour tenter de parvenir à boucler les fins de mois. Les voisines nounous, elle a connu, et puis quand elle était assez grande, la solitude, l'attente, les devoirs qu'on fait seule pendant que maman se repose un peu avant de se rendre à son deuxième travail. Les

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Nous Deux 4118 Le mauvais ami

Le mauvais ami

Jeanne, la jeune domestique de Me Chevalier, notaire en ce village du Calvados, non loin de Caen, s'engouffra chez son amie Louise et se précipita vers l'âtre. Frigorifiée, elle tendit ses mains aux flammes et les frotta vigoureusement. - Un tel froid au mois de juin, je n'avais jamais vu cela. Le matin, l'herbe est gelée. Me Chevalier m'a accordé deux heures ce tantôt, alors j'en ai profité pour te rendre visite, ma Louise. Comment te portes-tu ? Jeanne était une charmante bourrasque aux longs cheveux blonds et aux grands yeux bleus telles deux ailes de papillon. Un brin médisante parfois, mais sans méchanceté. Les deux femmes étaient amies depuis toujours et dès qu'elles avaient un petit moment de liberté, elles aimaient se retrouver autour d'une liqueur ou d'une boisson chaude. Parfois les deux. - C'est une catastrophe pour les arbres fruitiers, fit Louise sur un ton grave. Elle ouvrit la porte du buffet bas et se saisit d'une bouteille de liqueur de prune et de deux petits verres à pied qu'elle posa sur la table avant de continuer. - Verrons-nous venir l'été ? Un peu de chaleur nous ferait le plus grand bien. Jeanne alla s'asseoir à la longue table de bois où Louise s'installa en face d'elle. - Et Me Chevalier qui marie sa fille ce dimanche ! Le banquet devait se tenir dans le parc, mais avec ce froid… Je ne serai pas au bout de mes peines après cela. Au dernier repas de famille, j'ai retrouvé des cigares écrasés sur les tapis. Madame était furieuse ! - À raison, Jeanne, à raison ! Mais qui sont ces gens qui ne savent pas se tenir en société ? - Des gens bien, à ce que l'on dit et qui font des manières en plus. Ce sera l'effervescence en cuisine, je vais être appelée à la rescousse. Louise hocha la tête tout en versant la liqueur dans les verres. - Quant à moi, j'en aurai bientôt terminé avec les retouches de la robe de la mariée. Mademoiselle Angèle est aussi fluette que sa mère était ronde au jour de ses noces, j'ai dû resserrer la taille de plusieurs centimètres. Jeanne vida son verre d'un trait et eut un

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Nous Deux 4118 La page blanche

La page blanche

Cléo hocha la tête, fronça les sourcils d'un air mécontent. Quand elle triturait ainsi nerveusement une de ses longues mèches, cela n'était jamais bon signe, songea Max. Il faut dire qu'il n'avait rien écrit depuis deux jours, mollement assis devant son ordinateur. Et Cléo détestait ça, ces pannes d'inspiration qui devenaient de plus en plus fréquentes. Tous les matins, il rouvrait le fichier qui ne portait qu'un vague titre, espérant peut-être que, par un incroyable miracle, les mots se seraient écrits tout seuls pendant la nuit. - Il serait temps que tu te remettes en selle, râla Cléo. Ton éditeur va s'impatienter. À quelle date devais-tu remettre ton manuscrit ? - Il y a trois semaines…, maugréa le jeune écrivain. Il publiait dans cette maison parisienne depuis quatre ans, et l'éditeur l'avait toujours soutenu, trouvant son talent prometteur. Il s'en était d'ailleurs félicité, les deux premiers romans de Max ayant réalisé des ventes honorables. L'inspiration en était toujours plus ou moins la même, mais cela semblait fonctionner. Max racontait encore et encore son histoire d'amour avec Cléo. Leur rencontre en Guadeloupe, tout d'abord, avait alimenté son premier livre Un volcan sous les tropiques. Ils s'étaient rencontrés en effet au pied du volcan de la Soufrière, alors qu'un déluge venait de s'abattre sur le secteur et que les deux touristes qu'ils étaient, qui voyageaient tous deux hors saison, avaient cru qu'ils étaient condamnés à se liquéfier peu à peu sous les trombes d'eau. Ils s'étaient abrités comme ils avaient pu, Max avait recouvert les épaules de la jeune femme de son K-way, puis avait enfin réussi à joindre les secours. Ils avaient ensuite terminé leur séjour ensemble puis repris le même avion pour regagner Paris, alors que leur histoire d'amour commençait. Une folle passion, avait écrit Max, flamboyante et sensuelle. L'histoire avait plu, sur fond de mer des Caraïbes, de plages de sable blanc et de cocotiers. Le deuxième opus, deux ans plus tard, avait été plus long à écrire : Max avait peiné

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Nous Deux 4118 Un corps qui renaît

Un corps qui renaît

Laurène se contempla une dernière fois dans le miroir avant de partir pour le travail. Elle était impeccable, comme d'habitude. Sa tenue mettait en valeur sa silhouette qui restait fine grâce à une discipline de fer. Régime à longueur d'année, natation, Pilates. On lui disait souvent qu'elle ne faisait pas son âge et cela la faisait rosir de plaisir. Elle fit un dernier tour de son appartement avant de sortir. Il était à son image. Impeccable. Rien ne dépassait. Si quelqu'un venait, se disait-elle. Mais personne ne venait jamais. Tout était ordonné et propre, même si Raoul, son chat, mettait un peu le bazar dans la journée. Cela ne la dérangeait pas, elle lui permettait tout. Il était son compagnon de solitude et elle y était attachée, sans doute plus que de raison. Au moins lui ne la trahirait pas. Ce matin, étrangement, il n'était pas sur ses talons à miauler à qui mieux mieux pour avoir sa pâtée. Elle se mit à le chercher dans l'appartement, l'appela mais ne le trouva pas. Elle regarda sur la terrasse, il n'y était pas non plus. Elle sut tout de suite que ce n'était pas normal. Elle jeta un œil à sa montre, elle allait rater son bus. Tant pis, elle était irréprochable depuis vingt ans, si elle arrivait en retard, ses employés comprendraient. Elle finit par dénicher Raoul dans le bas de l'armoire. Il la regarda avec des yeux fiévreux et un miaulement plaintif qui lui brisa le cœur. - Bah, mon pépère, qu'est-ce que tu fais là ? Tu es malade ? Elle s'agenouilla et le caressa. Il se mit à ronronner. Elle le prit dans ses bras et le cajola. - Tu sais qu'il faut que j'aille au travail ? Je vais te laisser là et on va voir si ça va mieux ce soir. Tu as trop mangé, comme d'habitude. Elle le reposa et se prépara à partir tout en se sentant coupable de le laisser

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Nous Deux 4118 La salade, on en fait tout un repas !

La salade, on en fait tout un repas !

600 g d’épaule d’agneau hachée - 1 concombre - 250 g de tomates cerise - ½ botte de ciboulette - 6 brins de thym - 6 brins de sarriette - 6 brins de serpolet - 200 g de fromage de chèvre frais - 4 c. à soupe d’huile d’olive - 1 c. à soupe de sumac - Sel et poivre du moulin 1. Ciselez les ¾ de la ciboulette. Prélevez les feuilles de thym, la sarriette et le serpolet, et hachez un tiers de chacun d'eux. Conservez 2 brins entiers de chaque pour la présentation. 2. Coupez le concombre en deux et détaillez-le en rubans, en contournant le cœur. Coupez les tomates en deux. 3. Faites revenir la viande hachée 15 minutes dans une sauteuse avec l'huile. Salez et poivrez. Remuez souvent en incorporant le sumac et les herbes hachées. Lorsque la viande est bien grillée et croustillante, retirez-la du feu. 4. Mélangez la viande grillée avec les crudités et le

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Nous Deux 4118 Audrey : "Atteinte de la « maladie du suicide », j'ai décidé de me battre !"

Audrey : "Atteinte de la « maladie du suicide », j'ai décidé de me battre !"

Sur une échelle de 1 à 10, elle a souvent situé sa douleur à 11… « Je fais des crises régulièrement, confie Audrey. Elles sont tellement violentes que je comprends pourquoi ma maladie est souvent surnommée la “maladie du suicide”. » Malgré tout, cette Iséroise a décidé de se battre. Pour elle, mais aussi pour les autres. La crainte d'un AVC Cette douleur insoutenable s'est installée dans sa vie il y a huit ans. Mariée et mère de deux enfants, Audrey Aronica menait une vie encore paisible d'esthéticienne et praticienne de médecine chinoise. « Tout a commencé du jour au lendemain, se souvient-elle. Un matin, j'ai été prise d'une douleur inhabituelle à l'arrière de la tête, comme si j'avais un hématome à derrière le crâne. J'ai consulté car elle ne partait pas. » Après des examens, un premier diagnostic est posé : une névralgie d'Arnold, une affection

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