Nous Deux - Le numéro 4123 du 6 juillet 2026

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La Une de Nous Deux n°4123 du 06/07/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4123 La fée des pierres

La fée des pierres

Je ne sais pas à qui je pourrais raconter cette histoire, moi-même, j'ai du mal à y croire. Je me suis arrêté dans ce café, j'ignore où je suis. Quelque part dans un petit village du Luberon, pas très loin de Gordes, mais comment s'appelle cet endroit ? Je n'y ai pas fait attention. Ça doit bien faire cinq minutes que je tourne mon café pendant que les images passent en boucle devant mes yeux. Je veux me souvenir de chaque détail, surtout ne rien oublier. Surtout pas elle ! La patronne m'observe du coin de l'œil tout en discutant avec un habitué avachi sur le comptoir. C'est une vieille patronne, mais je suis incapable de lui donner un âge. Elle marche en s'appuyant sur une canne, elle porte un bandage à la cheville. J'ai remarqué ça lorsqu'elle m'a apporté mon café. Si j'avais su, je me serais déplacé jusqu'au bar. Lorsqu'il est arrivé, un peu après moi, son client lui a demandé si ça allait, si elle pourrait bientôt remarcher normalement, elle lui a répondu qu'on n'abattait pas une vieille bête comme elle aussi facilement. J'ai cru comprendre qu'une marche de son escabeau avait cédé alors qu'elle prenait une bouteille sur une étagère, dans la cave. Elle s'en est bien sortie, c'est ce qu'a dit son habitué. Il s'appelle Lucien. Tout à l'heure, Lucien m'a demandé si j'étais du coin, j'ai répondu que j'étais en balade et que j'habitais en région parisienne. Il a échangé un petit sourire de connivence avec la patronne, et puis, tous les deux, ils m'ont oublié, ils se sont remis à discuter comme si je n'étais pas là. - Il va être froid, votre café, me fait la patronne. Elle, c'est Suzanne, je le sais parce que, en arrivant, Lucien a lancé : « Comment ça va, ma Suzanne ? » Je lui réponds par un mensonge. - Je préfère quand il n'est pas trop chaud. Lucien se tourne vers moi. - L'accrochage, tout à l'heure, c'était vous ? Je plisse un peu les yeux, intrigué. Comment peut-il le savoir ? - L'accrochage avec le combi, c'était bien vous ? insiste-t-il. J'ai aperçu votre voiture en arrivant, je l'ai reconnue. -

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Nous Deux 4123 Le temps de renaître

Le temps de renaître

Victoire s'agitait dans son lit, en proie à un cauchemar, lorsque l'alarme de son téléphone l'arracha aux griffes de l'ours à visage humain qui la poursuivait dans les bois. C'était effroyable. Plus elle tentait d'échapper à la créature, plus les arbres se resserraient autour d'elle pour lui barrer la route, saisissant ses longs cheveux avec leurs interminables doigts crochus. Elle ouvrit les yeux et attrapa son téléphone pour arrêter la sonnerie lancinante, puis elle se redressa dans le lit et parcourut des yeux la petite chambre de son bungalow. Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait ce cauchemar et tout le bestiaire y était sans doute passé. Les étranges créatures avaient toujours le même visage, celui de son supérieur hiérarchique, Aymeric Simonet. Elle fut saisie d'un fou rire nerveux qui lui arracha quelques larmes. Elle était ici pour oublier Aymeric Simonet et il la poursuivait jusque dans ses rêves depuis plus de trois mois. Il était encore très tôt, le jour commençait à se lever et déjà les oiseaux piaffaient dans les arbres. Elle tira sur la cordelette du store de la fenêtre, puis elle se leva pour aller préparer son café qu'elle but, le regard perdu, humide. Elle avait pris toutes les précautions possibles pour qu'Aymeric ne sache pas où elle se trouvait, mais quelquefois, elle avait l'impression qu'il était là, quelque part, en train de l'épier, et qu'il allait surgir derrière elle. Un burn-out, voilà ce qu'avait diagnostiqué le médecin, mais au départ, c'était tout autre chose dont elle n'avait osé parler à personne, pas même à sa sœur et à sa mère. Le burn-out n'avait été que la conséquence de l'enfer qu'elle avait vécu durant près d'un an dans l'entreprise d'import-export où elle était coordinatrice. Elle sursauta au bruit que fit le grille-pain en éjectant les tranches de brioche. Le moindre bruit la faisait sursauter et même ici, dans ce camping perdu au fond de la campagne charentaise, loin de la capitale, dans son bungalow planté au milieu d'un charmant petit jardin privatif, elle ne parvenait pas à trouver la sérénité qu'elle était venue chercher. D'autant que le nouvel arrivant, fraîchement installé, celui qui

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Nous Deux 4123 Le retour du passé

Le retour du passé

Cette nuit encore, Yasmina ne parvenait pas à trouver le sommeil. Des cris, la voix de son père qui tonnait dans la cuisine, les pleurs de sa mère qui lui faisait un rempart contre les coups qui pleuvaient. Elle se réveillait d'un coup, en sueur, luttant contre l'envie de courir prendre un de ces puissants somnifères dont elle n'avait que trop abusé ces dernières années et tentait de se rendormir, priant pour que reviennent d'autres images dans ses rêves, celles qui la réjouissaient au réveil et qu'elle souhaitait absolument conserver dans ses souvenirs, comme un contrepoids à celles qui peuplaient encore ses cauchemars seize ans après. C'était cette fois celles d'une terrasse écrasée de soleil donnant sur la mer, le parfum entêtant des figuiers qui y penchaient leurs branches, celui des opulents géraniums que sa mère arrosait tous les soirs quand la fraîcheur, par paliers, gagnait peu à peu l'atmosphère et que la nuit descendait lentement sur Oran. Celle aussi de cette maison ouverte à tout vent, souvent pleine de voisines qui venaient voir sa mère et remplissaient l'espace de leurs rires roucoulants. Il y avait toujours à manger, à n'importe quelle heure du jour, pour celui qui passait, et le thé à la menthe coulait à flots. Ah ! Les mains de sa mère, toujours grasses d'avoir cuisiné, quand elle vous saisissait le visage pour vous embrasser ! Oui, il fallait garder à tout prix jusqu'à la mort ces clichés de sa jeunesse qui prouvaient qu'elle avait été heureuse en Algérie, les réactiver sans cesse de peur qu'ils ne s'effacent lentement. Il y avait eu un avant et un après cette terrible scène dans la cuisine qui, du jour au lendemain, avait fait basculer son existence de jeune fille rieuse et insouciante. Elle se souvenait de la longue conversation avec sa mère, en larmes mais déterminée. L'exil loin de la ville et de sa famille, pendant presque une année. Et la fuite vers la France avec l'aide d'un cousin compatissant et discret. Elle avait rompu ensuite définitivement avec sa famille, ses deux sœurs, Asma et Sofia,

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Nous Deux 4123 La chance de notre vie

La chance de notre vie

Une légère brise estivale m'accompagne alors que je tente, maladroitement, de monter ma tente. Au début, concentrée à suivre le plan, je me retrouve perdue dans les descriptifs, la patience ce n'est pas mon fort. Bien vite, l'agacement prend le pas sur tout autre sentiment. La perspective de dormir sans un abri au-dessus de ma tête est loin de me réjouir. Malgré les températures agréables en journée, les nuits auvergnates restent fraîches et je me vois mal dans mon duvet à grelotter. - Maudite notice ! soupiré-je, en jetant le plan et en me laissant tomber sur le sol, la tête entre les mains. Comme d'habitude, face à la difficulté, je m'effondre et je me fustige aussitôt de ne pas être en mesure de gérer le moindre problème. Un souffle me fait trébucher ; une épreuve et je me noie dans mes pleurs. Je ne suis pas taillée dans un roc inébranlable, au contraire. Après un soupir à fendre l'âme, je me relève, en chassant les traces d'herbe de mon jean. Malgré mon découragement, je reprends vite du poil de la bête. - Tu as pris la route, toute seule ; il est hors de question de faire demi-tour ! m'encouragé-je. Et encore moins de tout abandonner pour une stupide histoire de tente ! - On est bien d'accord, confirme une voix masculine dans mon dos. Surprise, je me retourne et découvre un motard en tenue, barbu, musclé, les cheveux ébouriffés, en train d'étudier la notice que j'ai abandonnée. Sans me demander mon avis, l'homme passe près de moi, son odeur boisée vient me chatouiller les narines, et je le suis du regard alors qu'il s'agenouille pour reprendre le montage. Il est beau, indéniablement doté d'une aura magnétique dont il ne semble pas avoir conscience. Tout en l'observant, incapable de prononcer un mot, je déglutis péniblement. - Le plus compliqué dans ce genre de tente, m'explique-t-il, ce sont les arceaux, mais une fois qu'on a le coup de main… Ses gestes sont précis, son sourire large et, en un tournemain, la tente est dressée, prête à recevoir

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Nous Deux 4123 Panne des sens

Panne des sens

L'Audi sport rouge semble toute petite, arrêtée devant la pompe à essence, d'autant plus que la station-service est presque déserte en cette fin de nuit. La portière du conducteur est entrouverte, mais personne ne se trouve à l'intérieur du véhicule. Plus étonnant encore, le pistolet de distribution du sans plomb 98 est resté enfoncé dans le réservoir. - Vous n'avez touché à rien ? Le jeune pompiste rougit légèrement à la question de l'adjudant Boisselier. - À rien, monsieur le… je vous le jure ! Boisselier le dévisage. - Quand, au bout de vingt minutes, j'ai vu que cette voiture ne changeait pas d'emplacement, je suis venu vérifier que tout se passait bien. Y avait personne dedans ni autour. J'ai attendu dix minutes, en me disant que le propriétaire était peut-être parti aux toilettes… - Et il n'y avait personne, le coupa Boisselier. - Oui, j'ai alors appelé la gendarmerie. On n'abandonne pas une voiture ainsi… - Vous avez bien fait, opine Guillaume Boisselier qui continue de marcher autour de l'Audi. Ce qui l'intrigue le plus, c'est ce tuyau inutilement planté dans le réservoir, d'autant plus que le compteur de la pompe indique une prise de carburant de 4,38 euros seulement : la distribution a été soudainement interrompue. - Qui peut être pris d'un besoin d'essence au milieu de la nuit, charger moins de trois litres, quitter son véhicule précipitamment en laissant la pompe dans le réservoir. - Et la portière ouverte..., précise le pompiste. Boisselier le regarde. - Pourquoi disparaître dans la nature et abandonner sa voiture ? se demande l'adjudant. S'étant posé la question à voix haute, une suggestion lui parvient instantanément de la part d'un de ses hommes : - Un voleur ? Boisselier acquiesce tout en poursuivant son raisonnement : - Un voleur, oui, peut-être… mais ça n'explique pas le motif de la fuite en pleine distribution d'essence, au

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Nous Deux 4123 Quelle vacancière êtes-vous ?

Quelle vacancière êtes-vous ?

1. Quand vous pensez aux vacances, vous vous dites… A. « J'espère avoir pensé à tout. » B. « J'ai besoin de repos. » C. « Il faut en profiter à fond ! » D. « On verra bien ! » 2. Votre valise contient généralement plutôt… A. Des essentiels bien rangés et un guide de la région. B. Un maillot de bain, un short, des mots fléchés. C. Des tenues variées, pour toutes les occasions. D. Le strict minimum, pour voyager léger. 3. La journée idéale commence par… A. Un programme clair. B. Un petit déjeuner qui s'éternise. C. Le choix entre plusieurs activités. D. Une envie du moment. 4. En vacances à plusieurs, vous êtes plutôt… A. Celle qui réserve. B. Celle qui détend l'atmosphère. C.

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