Nous Deux - Le numéro 4136 du 5 octobre 2026

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La Une de Nous Deux n°4136 du 05/10/2026

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Nous Deux 4136 Les vignes du cœur

Les vignes du cœur

[email protected] Lorsque le téléphone fixe sonna dans la cuisine, Émilie était en train de débarrasser la table après le repas de midi. David, son mari, était déjà reparti dans les vignes. En Charente, c’était la pleine saison des vendanges en ce tout début du mois d’octobre. Elle aurait très bien pu ne pas décrocher le téléphone, elle savait sur qui elle tomberait à l’autre bout du fil. Régine, sa belle-sœur, appelait toujours avant de venir, et nous étions jeudi, jour de sa visite hebdomadaire. À quoi bon ignorer cette sonnerie ? Régine débarquerait quand même. Elle ne laissa pas à sa belle-sœur le temps de parler. – Tu peux venir, je suis en train de mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle. – Tu savais que c’était moi ? – Le jeudi, à cette heure-là, c’est toujours toi. Je n’ai pas eu le temps de faire un gâteau, il faudra se contenter d’un paquet de biscuits. Émilie raccrocha, termina de charger le lave-vaisselle, puis alla se mettre debout devant la fenêtre qui donnait sur le jardin. Entre les arbres, elle pouvait apercevoir la route par laquelle arriverait Régine. Habituellement, elle se réjouissait de cette visite qui la sortait un peu de son quotidien, mais pas aujourd’hui. Ce matin, il lui était arrivé une chose qu’elle s’était toujours refusé d’imaginer. Une chose qui ne lui avait jamais effleuré l’esprit avant cette troublante rencontre. Depuis, elle ne pouvait penser à rien d’autre. Le pire de tout, c’était qu’elle y avait pris du plaisir et qu’elle mourait d’envie que cette chose impen-sable, à laquelle elle se croyait capable de résister, se reproduise. Elle caressa ses lèvres du bout de son index, comme l’avait fait l’homme avant de l’embrasser. Il s’appelait Clément, et si elle l’avait voulu, ce baiser n’aurait jamais existé. Heureusement, après les vendanges, il s’en irait, comme il s’en était allé, l’année d’avant. Elle finirait bien, un jour, par l’oublier. Ce n’était qu’un baiser, après tout, mais tellement doux, tellement… délicieux. Elle en garderait le souvenir à tout jamais, et la culpabilité également. Jamais elle n’avait embrassé un autre homme que son mari, avant Clément. C’était peut-être démodé, mais elle croyait en la fidélité bien plus

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Nous Deux 4136 Au pied du volcan

Au pied du volcan

[email protected] Bien qu’étant la capitale du pays, le centre de Reykjavik est, à l’échelle de la France, semblable à une petite bourgade aux maisons basses et colorées groupées autour de deux grandes rues en forme de Y inversé. L’une traverse la cité d’est en ouest, la seconde s’élève vers le nord jusqu’à une église dressée sur un promontoire dominant l’ensemble de la communauté. Pas de building par ici même si, plus loin, a été bâti un quartier moderne proche du port. La vie y est douce et calme, la quiétude paraît générale, seulement troublée par les touristes qui sillonnent les allées en sirotant une boisson chaude ou en avalant un burger. De nombreuses échoppes se côtoient, destinées aux étrangers, les autochtones préférant se vêtir et se nourrir chez des commerçants des quartiers éloignés et moins onéreux. Thorsen n’a jamais quitté l’Islande. Il y est né, il y mourra sûrement. Les voyages ne l’intéressent pas puisqu’il peut trouver tout ce qu’il souhaite, tout ce dont il rêve à portée de main. Celle qu’il considère comme sa fiancée, Vlanna, ne voit pas son avenir avec le même regard. Plus ambitieuse, elle attend des surprises de la vie. Elle veut connaître Paris et la tour Eiffel, Londres et Piccadilly Circus, mais aussi New York, Sydney, Bangkok, autant de noms qui la font fantasmer, autant de villes dont elle rêve éveillée. Thorsen exaucera-t-il ces vœux en l’épousant ? Elle en doute malgré son amour profond pour lui, son ami d’enfance et son seul amant. Inconsciemment, elle refuse cette voie toute tracée, cette existence qui a été celle de ses parents et qui l’effraie déjà : un mariage à 23 ou 24 ans, des enfants, un métier qui sera plutôt une occupation rémunératrice, et les week-ends avec un repas en famille, séance de cinéma l’hiver ou promenade en bateau l’été… Pour l’heure, Vlanna est employée à la réception du Tivoli, l’un des plus beaux hôtels de Reykjavik où elle côtoie des dizaines de touristes et, parfois, des célébrités, écrivains et stars de cinéma. Six étages

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Nous Deux 4136 La réfugiée de Budapest

La réfugiée de Budapest

[email protected] Eva venait de terminer le pointage des gravures et manuscrits destinés à l’expo de Budapest quand la mélodie de son téléphone la fit sursauter. Par les fenêtres ouvertes du palais Farnese parvenait la rumeur familière de ce quartier de Rome, ce qui rendit encore plus violents les mots du texto : Ta mère gravement accidentée, transportée à l’hôpital d’Orvieto. Ces mots bouleversèrent la jeune archiviste, autant qu’ils bouleversèrent le cours de sa vie. Éva Lamberty travaillait depuis trois ans au département des manuscrits anciens du palais Farnese, grâce à son père, attaché culturel à l’ambassade française. Son métier lui permettait d’oublier que ses parents étaient maintenant divorcés. Son père s’était remarié en France et sa mère, Hanna Lamberty, redevenue Hanna Bertoldi, ne vivait plus qu’à travers les souvenirs hongrois largement fantasmés de sa propre mère, la brillante Viktoria Bertoldi, issue de l’illustre famille Villanyi, emportée par un cancer l’année précédente. Trente ans auparavant, l’attaché culturel Lamberty était tombé amoureux, lors d’un cocktail, de cette brune et douce Italienne. Intrigué par le côté mystérieux de son prénom – pourquoi Hanna et non Anna ? –, il avait appris qui était la jeune styliste qui dessinait des broches pour le bijoutier Bulgari. Elle était une descendante de la vieille famille hongroise Villanyi qui avait perdu sa fortune et son beau palais de Budapest dans les années d’après-guerre. Son grand-père avait été tué lors de la révolte de 1956, sa grand-mère avait fui et s’était retrouvée en Italie où elle avait épousé Gianni Bertoldi, conquis par son courage et ému par son odyssée. Aujourd’hui, alors que les rescapés de la famille Villanyi étaient dispersés dans le monde, on réhabilitait à Budapest le palais familial, avenue Andrassy, grâce à l’association « sauvegarde de Pest » qui y gérait un musée d’histoire. C’était ce qui avait conduit le consulat hongrois à prendre contact avec la signora Hanna Bertoldi, détentrice d’un certain nombre de souvenirs, et avec le palais Farnese qui possédait des gravures et des documents sur le palais Villanyi.

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Nous Deux 4136 L’amour avait deux visages

L’amour avait deux visages

[email protected] En ce doux matin dans le pays où les activités agricoles sont nombreuses autour du chanvre et de la vigne, une brise céleste soufflait apportant des exhalaisons piquantes de campagne, de terre humide et de sous-bois. En ce mois d’octobre, comme d’ailleurs tous les ans à cette période, les rues de la petite ville grouillaient de monde. Des calèches arrivaient de La Buxerette, de Gournay, de Maillet et même de La Châtre pour assister à la fête de l’automne. À Cluis, quelques bonnes familles se distinguaient des autres de par leur notoriété et leur pouvoir, et comptaient parmi les élites du département. Ces familles possédaient les usines, les grands commerces, les terres, les banques et le journal. Charles Davernis était à la tête d’un domaine viticole ancien de plus de deux siècles. Le plus lointain ancêtre connu, Marcel Davernis, vigneron en 1661, avait déjà la réputation de produire le meilleur vin du pays. Charles Davernis était un homme influent à Cluis, tant pour le travail qu’il donnait aux Cluisiens durant l’année que pour son sens de la justice. Il vivait avec son épouse Arlette et leurs trois filles dans un domaine entouré d’un immense parc à la sortie de la ville. La bâtisse en briques, majestueuse, était entourée d’une pelouse parfaitement entretenue et délimitée par un enclos de feuillus et de pins. Arlette Davernis, dame respectée, se concentrait depuis peu à l’avenir de ses trois filles, Jacqueline, Berthe et Adélaïde. Et pour cause, elles étaient toutes les trois en âge de se marier. Elle avait trouvé un bon parti pour Jacqueline et pour Berthe. La première était promise au fils du notaire. La deuxième au fils Barthier, producteur de chanvre. Restait Adélaïde. Cette dernière, d’un tempérament plutôt rebelle, ne ressemblait en rien à ses sœurs aînées. Tandis que Jacqueline et Berthe s’adonnaient aux distractions réservées aux demoiselles de bonne famille, entretenaient de bonnes relations avec leurs amis, prenaient des cours de

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Nous Deux 4136 Le gruyère Un fromage qui a du caractère !

Le gruyère Un fromage qui a du caractère !

Soupe de butternut au gruyèrePRÉPARATION : 20 MIN. CUISSON : 45 MIN. POUR 4 PERSONNES ■ 1 courge butternut ■ 1 pomme de terre ■ 1 oignon ■ Quelques feuilles de persil ■ 15 cl de crème fraîche ■ 120 g de gruyère râpé ■ 4 tranches de pain de campagne ■ Un mélange de fruits secs (noix de pécan, noisettes, amandes, graines de courge…) ■ 2 c. à soupe d’huile d’olive ■ 1 pincée de noix de muscade ■ Bouillon de légumes ■ Sel et poivre 1. Épluchez le butternut, puis coupez la chair en morceaux. Épluchez l’oignon et la pomme de terre, émincez-les grossièrement. 2. Faites chauffer l’huile d’olive dans une grande casserole, puis faites revenir l’oignon pendant 3 minutes. Ajoutez la courge et la pomme de terre, versez le bouillon de légumes à hauteur, salez modérément, poivrez et ajoutez la noix de muscade. Faites cuire à couvert pendant 30 minutes, jusqu’à ce que les légumes soient bien tendres. 3. Mixez la soupe jusqu’à obtenir une texture lisse et veloutée. Ajoutez la crème fraîche et

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Nous Deux 4136 Le roman-photo connaît son âge d’or !

Le roman-photo connaît son âge d’or !

Des années 1950 aux années 1970, le roman-photo a connu son âge d’or, notamment dans les pages de Nous Deux. Puis certains le jugèrent démodé, trop sentimental, voire « kitsch », un mot pratique que l’on emploie souvent quand on aime quelque chose sans trop oser l’avouer. Or le voici de retour, et pas seulement par nostalgie. Écrivains, humoristes, comédiens et plasticiens redécouvrent son potentiel insoupçonné…Un format taillé pour notre époqueC’est ce qui a donné à Nathalie Fiszman, direc-trice littéraire au Seuil, l’idée de relancer le genre. « À l’époque, le marché du livre était en difficulté, explique-t-elle. Le roman graphique était déjà très développé – j’en publiais moi-même depuis mon arrivée au Seuil il y a une quinzaine d’années. Je cherchais un format très visuel, adapté à des lecteurs qui lisent moins et passent beaucoup de temps à regarder des images sur les réseaux sociaux.

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