On dit Charlotte Casiraghi timide, on l'aura rarement autant vue, entendue, lue que cette année : la sortie de son premier livre, La Fêlure (encadré p. 20), a braqué les caméras et les micros sur elle, plus encore que d'habitude. Alors elle fait attention. On dit Charlotte Casiraghi pudique, secrète, protégeant tant qu'elle le peut une vie qu'on scrute, ausculte, raconte, sous toutes les coutures et depuis toujours. Alors elle pèse chaque mot. Elle hésite, tente, corrige, veut choisir le bon. Ce sera la crainte de déraper. Le souci de bien dire. Ou le besoin d'exprimer au plus près de sa pensée. On sait Charlotte Casiraghi attentive à la lettre, passionnée par l'esprit : les dix ans de ses Rencontres philosophiques de Monaco en sont le reflet. Fondées, à l'origine, avec Robert Maggiori (encadré p. 19) et Raphael Zagury-Orly, pour permettre au plus grand nombre d'accéder à la pensée critique, elles sont nées, aussi, d'un goût prononcé pour les interactions humaines : « Le lien à l'autre est ce qui permet le plus sûrement d'interrompre le flux numérique auquel on est perpétuellement soumis, et de nous faire basculer dans le monde sensible, insiste Charlotte Casiraghi. J'ai eu la chance, moi, de rencontrer un professeur [Robert Maggiori, ndlr] qui m'a permis d'avoir un rapport très intime à la philosophie. C'est parce qu'on est émus, voire bouleversés par la fréquence d'une personne qui, tout à coup, entre en résonance avec la
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