Réponses Photo - Le numéro 386 du 12 décembre 2025

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La Une de Réponses Photo n°386 du 12/12/2025

Au sommaire de ce numéro

Réponses Photo 386 Charlotte Abramow

Charlotte Abramow

Vous êtes née en 1993 en Belgique. Où avez-vous grandi ? Jusqu'à mes 8 ans, j'ai vécu en Belgique, puis je suis partie habiter à Belle-Île-en-Mer, en Bretagne, jusqu'à mes 13 ans. Ça m'a beaucoup forgée de grandir dans cette nature sauvage, d'avoir toutes ces palettes de couleurs incroyables, des lumières sublimes, d'être au contact des animaux. Cette période m'a beaucoup construite. C'est de là que me vient le goût des couleurs que je pouvais voir sur les maisons et les volets… Des couleurs que je mets tout le temps dans mon travail. Ensuite, je suis revenue vivre à Bruxelles jusqu'à mes 19 ans, puis j'ai déménagé à Paris, où je suis toujours. Que faisaient vos parents ? Ma mère est psychiatre et mon père était professeur de médecine. Quelle adolescente étiez-vous ? J'étais une adolescente très sage, très rêveuse, dans sa bulle. J'ai eu une adolescence un peu décalée, où finalement je ne sortais pas tellement, je n'étais pas du tout attirée par le danger, les limites, les expériences intenses que l'on peut vivre à cette période. J'ai commencé la photo à 13 ans et, très vite, c'est devenu une obsession et une échappatoire. J'étais tout le temps en train de regarder des images, d'imaginer des histoires, de chercher des visages à photographier. En parallèle, j'étais aussi aidante, car à mes 17 ans, mon papa est tombé malade. J'ai donc eu une adolescence particulière avec des responsabilités, celles d'assister à chaque étape du quotidien la vie d'une personne dépendante. À quand remonte votre passion pour la photographie ? Ma maman faisait beaucoup de photos, l'appareil était familier pour moi. Elle n'a

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Réponses Photo 386 FORUM

FORUM

L'image flottante André Gunthert, historien de la photographie “La photographie n'a pas été pensée pour être une représentation du réel, et le meilleur exemple que l'on puisse donner est le courant pictorialiste, qui s'exprime dès la fin du XIXe siècle. Cette pratique, parfaitement assumée et revendiquée par ses acteurs, favorisant la mise en scène, la retouche et des procédés picturaux, a souvent été mise de côté par l'histoire de la photographie ou considérée comme une sorte de faux pas. Pendant la majeure partie du XIXe siècle, la pratique la plus courante de la photographie était celle du portrait, en grande partie fictionnel : avec un décor, des accessoires, des costumes… Il y a une part réaliste, celle qui implique la ressemblance de la personne photographiée, mais la part fictionnelle, pourtant essentielle, a été systématiquement négligée. Nous raisonnons comme si la photographie était exclusivement documentaire, et comme si tout le reste n'existait pas ou relevait presque de la trahison de cette conception. Or, c'est précisément cette vision qui est biaisée, puisqu'elle relativise ou ignore un grand nombre de pratiques dans l'histoire de la photographie. On nous fait également croire que la retouche n'a pas d'histoire alors qu'elle en a une - une histoire technique de la photographie, qui se prolonge aujourd'hui avec l'IA. C'est cet aspect qu'il faut interroger : la photographie comme pratique censée garantir le document. Cela provient du

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Réponses Photo 386 QUELLES SONT LES LIMITES DE LA RETOUCHE ?

QUELLES SONT LES LIMITES DE LA RETOUCHE ?

La photographie a-t-elle un devoir de représentation du réel ? Depuis sa création, il y a presque deux siècles, elle n'a cessé de jouer avec la réalité et de la manipuler. Au fil du temps, de nombreuses affaires sont venues ébranler la pratique de la retouche, voire celle de la mise en scène, ouvrant ainsi un passionnant débat sur l'éthique en photographie. Doit-on poser des limites ? Et si oui, lesquelles ne faudrait-il pas franchir ? Évidemment, les réponses à ces questions diffèrent selon le domaine concerné - photojournalisme, photo graphie commerciale ou artistique -puisque les enjeux ne sont pas les mêmes. Alors que l'intelligence artificielle générative est en train de bouleverser l'usage et le rôle de l'image, revenons sur la question de la retouche en photographie. Il serait bien entendu faux de penser que la retouche est née avec l'arrivée du numérique et des outils tels que Photoshop. Dès l'invention du daguerréotype, les photographes ont eu recours à la peinture ou à la gravure pour améliorer ou corriger les détails de leurs clichés. Très fréquemment utilisée, la retouche était pourtant gardée comme un secret de chambre noire qu'il ne fallait pas dévoiler. Dans les années 1850 déjà, Gustave Le Gray lui-même pratique le photomontage : il superpose plusieurs négatifs pour former une seule

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Réponses Photo 386 Dans les coulisses de la photo culinaire

Dans les coulisses de la photo culinaire

Début novembre, dans un studio situé dans un vieil immeuble parisien, Anne Bergeron nous ouvre la porte. Tout de suite, l'odeur de friture s'échappe. En cuisine, on prépare des tenders, des filets de poulet frits, à la poêle. Dans la partie studio, c'est un sandwich qui trône debout sur un terrain de foot miniature, médaille autour du pain. Drôle d'ambiance pour un shooting ! Il faut dire que la mission du jour n'est pas un shooting ordinaire, mais la réalisation d'une campagne de publicité pour Eat Is Family, une marque de street food implantée notamment dans les arénas et les stades ou sur des événements comme les 24 Heures du Mans ou Roland-Garros. La cliente, Léa Ferrad, est là. Son but est de rénover le site du traiteur, tout en mettant en y intégrant de nouvelles recettes. La précédente collaboration date d'il y a deux ans. Il s'agit de refaire une production qui soit dans la ligne de l'entreprise, jeune, colorée et un peu décalée. Proposant une offre dans les stades, le jeu est de concevoir des images faisant vibrer sport et nourriture, où les recettes d'Eat Is Family sont mises en scène sur des terrains de sport.

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Réponses Photo 386 L'internégatif

L'internégatif

Des manifestations comme Paris Photo rappellent que le tirage reste une valeur sûre. Dans sa dernière édition, quelques galeries proposaient des œuvres générées par IA matérialisées en jet d'encre, à l'instar de “Freedom, 2025” de Kevin Abosch présenté par la galerie TAEX. La version papier de nos images numériques, qu'elles proviennent d'un boîtier ou des algorithmes d'un logiciel, pose la question des systèmes d'impression pour transformer les pixels virtuels en matière tangible. Le jet d'encre est la réponse la plus immédiate, d'autant que des machines de qualité photo abordables, chez Canon ou Epson, permettent de réaliser chez soi des tirages qui rivalisent avec les prestations de labos professionnels. Reste que des procédés plus que centenaires, essentiellement en noir et blanc, comme le tirage argentique, ou des techniques plus artisanales, comme le platine, le cyanotype ou le kallitype, en séduisent plus d'un. Mais ils nécessitent de passer par un intermédiaire, une matrice analogique, en l'occurrence un négatif, appelé aussi “internégatif ” car il

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Réponses Photo 386 Les baigneuses

Les baigneuses

Comment avez-vous découvert la photo ? Je viens du milieu du marketing et, honnêtement, je n'avais jamais pensé faire de la photographie un jour. Étant ukrainienne, la raison pour laquelle je parle français est que je travaillais pour le groupe L'Oréal. D'ailleurs, j'étais basée à Paris, mais je travaillais pour la zone de l'Europe de l'Est. En faisant du marketing, j'étais au contact de l'image. J'imagine qu'à cette époque-là, c'était déjà quelque chose que je comprenais bien. Puis mon mari a été muté au Japon. Nous avons déménagé. Je travaillais pour une autre entreprise, mais j'avais un peu de temps. Le Japon, c'est un pays vraiment différent. Je voulais tout photographier. J'ai rapidement compris qu'il fallait apprendre les bases. J'ai trouvé un seul professeur anglophone sur place pour me les expliquer. En gros, dès que je les ai assimilées, je suis devenue accro. L'appareil photo était toujours avec moi. Je capturais tout type d'images, et des gens ont proposé de

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