Entre le photoreportage et le portrait de presse, quel est l'exercice le plus difficile pour vous ? Franchement, je dirais le portrait. À cet exercice, la prise de vue ne dure que quelques minutes ou quelques secondes. C'est très intense. Durant ces brefs instants, le modèle peut te faire comprendre qu'il n'a pas envie d'être là, ou un attaché de presse te dire que la photo ne peut pas être prise là où tu l'entends. Sur le moment, il faut du doigté, de l'humour, un peu d'autorité, tout en étant sympa. On touche à la psychologie humaine. Il ne faut pas planter la séance, que le modèle nous échappe, qu'on le vexe ou qu'il ne se sente pas dans un bon état d'esprit. En reportage, quand on passe une journée, plusieurs jours ou plusieurs semaines sur un sujet, on peut “se louper”. Chaque photo n'a pas forcément à être spéciale. Je trouve qu'il est plus stressant de travailler le portrait que de photographier des gangs à Haïti. Lorsque je vais là-bas, je m'adapte, je fais le maximum pour réussir à être sur place, à avoir des contacts et à faire attention à ma sécurité. Mais ensuite, je vis les événements et les photographie. J'observe, je saisis ce qu'il se passe et si je l'ai raté, ce sera la prochaine. J'ai dû davantage apprendre pour le portrait, que ce soit l'aspect humain, mais aussi
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