Comment vous présenteriez-vous et présenteriez-vous votre photographie ? Je me définis à la fois comme photographe et réalisateur, et plus précisément comme photojournaliste et artiste, mais jamais les deux en même temps. Ma photographie est avant tout proche des gens, au plus près du sujet. C'est au fil du temps que j'ai intégré davantage d'éléments photographiques et que j'ai plus tenu compte de la lumière, de la matière et de l'environnement. Vous êtes né en 1955. Où avez-vous grandi et quels métiers faisaient vos parents ? J'ai grandi dans le 12e arrondissement de Paris à la lisière des boulevards extérieurs. Ma mère était émigrée, elle avait grandi en Algérie et avait travaillé en tant que secrétaire de mairie. Puis, en France, elle nous a élevés. Mon père était représentant en maroquinerie. Ils ont tout d'abord vécu à Villejuif, puis à Paris, dans le 14e et le 12e. Géographiquement, cela correspondait à une évolution sociale. Racontez-moi un souvenir d'enfance marquant. C'est le souvenir du club photographique “Les 30×40”. Mon frère aîné, qui était passionné de photographie, m'y entraînait une fois par mois. Chaque fois, ils y présentaient un grand photographe, et ce jour-là, c'était Diane Arbus… Je devais avoir 15 ans, et ce souvenir m'a profondément marqué. Sa photographie était très proche des gens, ceux à la marge, les exclus, les incompris. À l'époque, j'étais dans cet état d'esprit, déjà un peu en révolte. C'est une photographie qui a fait écho en moi, quelque chose de mémorable de l'ordre de l'émotion et de l'inconscient. C'est beaucoup plus tard que
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