Réponses Photo - Le numéro 390 du 6 mai 2026

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La Une de Réponses Photo n°390 du 06/05/2026

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Réponses Photo 390 L’argentique face à ses mythes

L’argentique face à ses mythes

La limite du nombre de vues sur un film contraint le photographe à être plus attentif à la prise de vue. VRAI 12, 24 ou 36 vues par film ? Que ce soit en reflex 24×36, en moyen format ou, encore pire, à la chambre, on est loin des milliers de photos qu'un boîtier numérique peut enregistrer sur une carte mémoire. Cette frugalité conditionne l'attention, à la manière de la poésie codifiée restreignant le nombre de vers. On anticipe le bon moment au lieu de compter sur une bonne image qui surgirait d'une rafale à 10 i/s. La limitation des vues est toutefois contournable en travaillant avec plusieurs appareils. W. Eugene Smith embarquait jusqu'à cinq boîtiers accrochés aux épaules ou autour du cou. Dans un studio, l'assistant recharge les dos du Hasselblad pour que le photographe déclenche avec un minimum d'interruptions pendant le changement des dos. Dans certains groupes de presse comme Condé Nast ( Vogue , Glamour , etc. ), on fournissait au photo graphe cinq rouleaux par photo à paraître dans le magazine, ce qui était considéré comme très généreux. Voici un bon exercice. Imaginez que vous travailliez avec un Rollei flex. Vous ne pouvez déclencher que douze fois de suite en cinq séquences et vous devez attendre une minute entre chaque séquence, le temps de recharger l'appareil. Votre attention et votre imagination seront à coup sûr changées. La latitude d'exposition des films argentiques est nettement supérieure à celle que l'on peut avoir en numérique. FAUX Les capteurs fabriqués depuis une décennie contredisent cette affirmation… jusqu'à un certain point. Distinguons d'abord la latitude d'exposition de la dynamique du film ou du capteur. La latitude concerne la marge d'erreur (ou de manœuvre) à la prise de vue, tandis que la dynamique est la capacité à enregistrer des détails dans les ombres et les hautes

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Réponses Photo 390 LUMIÈRE SUR…FRÉDÉRIC STUCIN

LUMIÈRE SUR…FRÉDÉRIC STUCIN

Vous considérez-vous comme “portraitiste” ? C'est vrai, je photographie beaucoup les humains, mais je suis un photographe au sens large et je me sens pleinement photographe. Dans les projets que je mène et entreprends tout seul, je photographie aussi des paysages, des bâtiments, des objets… Quand on me qualifie de “portraitiste”, on parle de l'aspect commercial de mon travail lorsque je collabore avec les magazines ou les agences institutionnelles. On m'appelle parce qu'on sait que j'aime photographier les gens et qu'il me suffit d'une minute pour lier une relation photographique avec le sujet. Vous êtes né en 1977 à Nice, de parents slovènes. Racontez-nous l'arrivée de la photographie dans votre enfance et le souvenir que vous en avez… Dans mon milieu familial, la photographie ne servait que pour faire des photos de famille. Mon grand-père a été déporté, il est mort à Dachau, et la photo est liée au temps et à la famille. Chez moi, il n'y avait pas de culture : pas de livres, pas de journaux, pas de magnétoscope. Alors, le souvenir que j'ai de la photo dans mon enfance, c'est mon père qui achète un boîtier, qui m'explique comment ça marche et qui m'engueule lorsque je coupe des têtes en photographiant des gens ou quand mes images sont floues… bref, quand je gâche de la pellicule en essayant de me servir de l'appareil. Pour moi, au début, c'est un peu l'enfer. Quand est-elle arrivée “sérieusement” alors ? La photographie est arrivée extrêmement tard. Je me suis d'abord intéressé à la musique : j'ai été au conservatoire pendant dix ans. Ensuite, il y a eu le dessin, et de là je

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Réponses Photo 390 ILS SOIGNENT LES MAUX

ILS SOIGNENT LES MAUX

Regarde et dis-moi ce que tu en penses !” nous lance Simon, chef d'atelier chez Photo Ciné Réparation (PCR), un zoom Nikon à la main. Au premier regard, nous constatons qu'au centre de l'objectif, les lamelles du diaphragme sont complètement tordues, mais nous restons perplexes quant aux causes d'un tel phénomène. “C'est certainement l'effet du soleil. La personne a pointé trop longtemps son objectif de face et l'échauffement a provoqué cette déformation ” , analyse-t-il. Juliane, un autre technicien, récupère alors l'objectif. Équipé de ses tournevis, de ses pinces et d'un accessoire maison pour extraire la lentille frontale, il commence le démontage. Seul le diaphragme sera remplacé, l'objectif étant pour le reste en très bon état. Au cœur de l'atelier Dans l'atelier de Laudun-l'Ardoise (Gard), ils sont cinq techniciens - auxquels s'ajoutent Carène, Candice et Jeanne, chargées des RH, des devis et de la facturation - ainsi que Franck Mazellier, le directeur de PCR, à travailler quotidiennement. Chacun dispose d'un poste composé d'un sous-main bleu, d'outils variés - de la brosse à dents pour nettoyer les carters au fer à souder - et d'un ordinateur pour suivre le flux des matériels, consulter les échanges déjà réalisés avec les clients et afficher les documents techniques nécessaires au démontage et à la réparation. L'an dernier, pas moins de 7 000 produits sont passés entre leurs mains agiles, de quoi placer PCR parmi les plus importants réparateurs indépendants de matériel photo de l'Hexagone. “Je pense

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Réponses Photo 390 Leçon de tirage

Leçon de tirage

Dans une première vie, Bernard Descamps a été biologiste. Avant d'opter définitivement pour la photographie, il a occupé pendant quelques années un poste d'enseignant-chercheur. Aucun rapport entre les deux activités ? Voire. Dans son œuvre personnelle, s'est-il jamais intéressé à autre chose qu'à explorer le domaine du vivant ? Avec des outils, des méthodes et une grammaire qui le singularisent : le noir et blanc exclusivement ; le format carré du seul appareil photo qu'il utilise, un moyen format Hasselblad 501CM ; un sens du cadrage qui est sa signature et qui consiste à découper et à prélever dans le tissu du réel des instants de poésie ; et enfin des tirages sur papier baryté qu'il réalise lui-même. Ceux exposés à Grenoble, qui font d'ailleurs l'objet d'une donation au musée de la Ville, nous offrent l'occasion de revenir avec le photographe sur un aspect moins connu de son œuvre, ce travail de laboratoire qu'il ne confie jamais à personne d'autre. “ Nous sommes à Sendégué, un village au bord de l'un des nombreux méandres du fleuve Niger, à l'endroit où celui-ci devient un immense delta intérieur. Deux ethnies cohabitent dans une sorte de symbiose : les Peuls sont des éleveurs laitiers et font paître leur bétail dans les zones humides, de l'autre côté du fleuve ; les Bozos sont

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Réponses Photo 390 7 points à savoir avant de choisir votre film

7 points à savoir avant de choisir votre film

1 Pouvoir résolvantComparer des films est un exercice périlleux où critères objectifs et subjectifs interagissent. Commençons par l'objectif, le mesurable. Tout d'abord le pouvoir résolvant des films, donné en pl/mm ou cy/mm (paires de lignes ou cycles par millimètre) : plus la sensibilité de l'émulsion est faible, plus il est élevé. Foma, Fuji-film et Kodak l'indiquent sur leurs fiches techniques. Ilford ne le mentionne pas. À sensibilité égale, le pouvoir résolvant d'un Fomapan 100 est de 110 pl/mm avec une mire de contraste de 1000:1 quand celui d'un Fujifilm Acros 100 II est de 200 pl/mm. Un film fait exception dans la catégorie des 400 ISO : le Kodak T-Max 400 affiche aussi 200 pl/mm, tout comme le T-Max 100. Avec une mire peu contrastée de 1,6:1, en l'absence de données pour le Fomapan 100, l'Acros 100 et les T-Max 100 et 400 délivrent respectivement 60, 63 et 50 pl/mm. L'Ilford Delta 100 a des performances semblables à l'Acros 100. Les émulsions à cristallographie classique comme les Ilford FP4, Kentmere 100 ou Agfa APX 100 se situent autour de 150 pl/mm (mire de contraste de 1000:1). Le champion de

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Réponses Photo 390 Elles changent le monde

Elles changent le monde

De vos photos de nuit, assez plasticiennes, votre approche a beaucoup évolué ces dernières années. Pouvez-vous nous en parler ? Au départ, mon travail était très lié à la nuit et aux environnements urbains. Je photographiais des mises en scène dans des grandes villes, souvent à travers des fenêtres, avec des caissons lumineux qui suggéraient une présence à l'intérieur. Il y avait déjà cette idée de narration, de fiction, mais inscrite dans un décor très urbain, presque anonyme. Puis, durant un long voyage en Afrique, j'ai compris que je ne pouvais pas reproduire ce que je faisais à New York ni à Tokyo. Le contexte était totalement différent, les réalités aussi. Je me suis rendu compte que le sujet ne serait plus l'urbanité. J'ai alors déplacé mon regard, tout en restant focalisée sur les femmes. C'est là qu'est née la série How Much Can You Carry? , autour des porteuses. C'était une rupture assez radicale

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