Vous considérez-vous comme “portraitiste” ? C'est vrai, je photographie beaucoup les humains, mais je suis un photographe au sens large et je me sens pleinement photographe. Dans les projets que je mène et entreprends tout seul, je photographie aussi des paysages, des bâtiments, des objets… Quand on me qualifie de “portraitiste”, on parle de l'aspect commercial de mon travail lorsque je collabore avec les magazines ou les agences institutionnelles. On m'appelle parce qu'on sait que j'aime photographier les gens et qu'il me suffit d'une minute pour lier une relation photographique avec le sujet. Vous êtes né en 1977 à Nice, de parents slovènes. Racontez-nous l'arrivée de la photographie dans votre enfance et le souvenir que vous en avez… Dans mon milieu familial, la photographie ne servait que pour faire des photos de famille. Mon grand-père a été déporté, il est mort à Dachau, et la photo est liée au temps et à la famille. Chez moi, il n'y avait pas de culture : pas de livres, pas de journaux, pas de magnétoscope. Alors, le souvenir que j'ai de la photo dans mon enfance, c'est mon père qui achète un boîtier, qui m'explique comment ça marche et qui m'engueule lorsque je coupe des têtes en photographiant des gens ou quand mes images sont floues… bref, quand je gâche de la pellicule en essayant de me servir de l'appareil. Pour moi, au début, c'est un peu l'enfer. Quand est-elle arrivée “sérieusement” alors ? La photographie est arrivée extrêmement tard. Je me suis d'abord intéressé à la musique : j'ai été au conservatoire pendant dix ans. Ensuite, il y a eu le dessin, et de là je
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