La limite du nombre de vues sur un film contraint le photographe à être plus attentif à la prise de vue. VRAI 12, 24 ou 36 vues par film ? Que ce soit en reflex 24×36, en moyen format ou, encore pire, à la chambre, on est loin des milliers de photos qu'un boîtier numérique peut enregistrer sur une carte mémoire. Cette frugalité conditionne l'attention, à la manière de la poésie codifiée restreignant le nombre de vers. On anticipe le bon moment au lieu de compter sur une bonne image qui surgirait d'une rafale à 10 i/s. La limitation des vues est toutefois contournable en travaillant avec plusieurs appareils. W. Eugene Smith embarquait jusqu'à cinq boîtiers accrochés aux épaules ou autour du cou. Dans un studio, l'assistant recharge les dos du Hasselblad pour que le photographe déclenche avec un minimum d'interruptions pendant le changement des dos. Dans certains groupes de presse comme Condé Nast ( Vogue , Glamour , etc. ), on fournissait au photo graphe cinq rouleaux par photo à paraître dans le magazine, ce qui était considéré comme très généreux. Voici un bon exercice. Imaginez que vous travailliez avec un Rollei flex. Vous ne pouvez déclencher que douze fois de suite en cinq séquences et vous devez attendre une minute entre chaque séquence, le temps de recharger l'appareil. Votre attention et votre imagination seront à coup sûr changées. La latitude d'exposition des films argentiques est nettement supérieure à celle que l'on peut avoir en numérique. FAUX Les capteurs fabriqués depuis une décennie contredisent cette affirmation… jusqu'à un certain point. Distinguons d'abord la latitude d'exposition de la dynamique du film ou du capteur. La latitude concerne la marge d'erreur (ou de manœuvre) à la prise de vue, tandis que la dynamique est la capacité à enregistrer des détails dans les ombres et les hautes
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