Réponses Photo - Le numéro 391 du 5 juin 2026

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La Une de Réponses Photo n°391 du 05/06/2026

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Réponses Photo 391 LE PAYSAGE EN QUESTIONS

LE PAYSAGE EN QUESTIONS

Permettez-moi de préciser d'emblée que, selon moi, il n'y a aucune formule miracle pour dénicher de “bons” spots à photographier. En effet, les formules ne font qu'engendrer des travaux stéréotypés. Au contraire, je suis convaincu qu'il existe une infinité de possibilités pour trouver de bons lieux. Il incombe à chaque photographe d'explorer personnellement le terrain par lui-même, afin de forger ses propres conclusions et d'affiner son point de vue. Et, pour enfoncer une porte ouverte, ce qui constitue un bon spot pour moi ne le sera pas nécessairement pour un autre photographe. Toutefois, j'ai la profonde conviction que s'engager dans cette quête d'exploration individuelle est une étape cruciale pour devenir un photographe créatif. Certes, nous pouvons tous nous laisser influencer et nous “hisser sur les épaules de géants” pour contempler des horizons lointains, mais en fin de compte, je crois qu'il est essentiel de suivre notre propre voie, de nous laisser guider par notre muse. Revenons aux fondamentaux : nous pourrions peut-être convenir, pour commencer, que certains sujets paysagers exercent généralement une attraction plus universelle que d'autres. Citons par exemple les couchers de soleil, les cascades, les forêts, les montagnes, les lacs, les arbres remarquables, les océans, les nuages, et ainsi de suite - bref, tout ce qui compose la matière première des cartes postales. Il est relativement aisé de trouver des lieux accessibles pour photographier ces attractions, et je pense que des milliers de photographes, amateurs comme professionnels, pourraient en témoigner. Je me demande toutefois si nous serions tous d'accord pour qualifier ces lieux de “bons spots”. Comment diable définir ce qu'est un bon spot ? Pour ma part, je ne crois pas en être capable. Par ailleurs, suffit-il d'effectuer des photo graphies ordinaires de sujets extraordinaires ? Ne vaut-il pas mieux essayer de réaliser des photographies extraordinaires de sujets que nous pourrions, a priori, estimer ordinaires ? “Des photographies extraordinaires de sujets ordinaires” Ayant désormais clarifié les points suivants : 1) je ne donne pas de conseils ; 2) tout conseil qui pourrait m'échapper à mon insu est à prendre avec des pincettes ; 3) il n'existe pas de solution universelle applicable à tous ; et 4) tenter de déterminer et d'expliciter un processus évolutif n'est pas mon fort, je vais à présent aborder quelques aspects logistiques concrets concernant la manière dont je procède, personnellement, afin de dénicher ce que je considère comme de “bons spots”. Dans l'ensemble, lorsque je photographie, je cherche seulement ce qui m'attire dans le monde tridimensionnel qui m'entoure ; je tâche alors de le traduire et de l'interpréter de telle sorte que, quelle que soit sa nature, il devienne visuellement plaisant une fois transposé dans un rectangle bidimensionnel.

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Réponses Photo 391 LUMIÈRE SUR…

LUMIÈRE SUR…

Le Centre photographique Rouen Normandie vous consacre une double exposition autour du thème du jardin. “D'après nature” y est exposée jusqu'au 26 septembre (ainsi qu'au pavillon du Jardin des plantes jusqu'au 2 août) et rassemble une soixantaine de tirages puisés dans plusieurs décennies de travail. Que raconte ce voyage au cœur de votre œuvre ? C'est vrai que je suis une enfant des villes : la nature n'était pas mon territoire naturel, c'était un monde à part, un “ailleurs” qui ne semblait pas vraiment me concerner. C'est une rencontre qui a tout changé : celle avec Robert Delpire, qui avait pour la nature une passion intense et communicative. C'est par lui, en quelque sorte, que cette porte s'est ouverte pour moi. On partait souvent chez un ami à la campagne, et c'est comme cela, petit à petit, que je m'y suis glissée. Pas dans les forêts - je ne m'y suis jamais vraiment habituée. Mais j'avais 30 ans quand j'ai commencé à photo graphier la nature, et cette intimidation que j'avais longtemps ressentie s'est peu à peu dissipée. L'acte photographique a été une façon de me l'approprier. Ce qui m'était étranger est devenu une source d'émotion et d'intérêt profond. Dans le cadre de cette édition du festival Normandie impressionniste consacrée au jardin, une invitation vous a été faite d'une déambulation par les chemins et jardins de Normandie. Une expérience qui a fait naître une dizaine de photographies noir et blanc, en tirage platine-palladium sur papier japonais… Je voulais initialement photographier en hiver et en noir et blanc, mais les tempêtes successives ne l'ont pas permis. Les prises de vues se sont finalement faites aux premiers jours du printemps, en mars et avril 2026. Je me suis rendue à Giverny dans les jardins de Claude Monet, aux châteaux de Vauville et de Flamanville et dans le Cotentin sur les sentiers de bord de mer. À Giverny, c'est l'eau qui m'a attirée : ses reflets, ses jeux de lumière, l'effet miroir qui transforme complètement la perspective. Sur

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Réponses Photo 391 Trio autofocus pour APS-C

Trio autofocus pour APS-C

Longtemps dominé par les fabricants japonais, avec en toile de fond quelques acteurs historiques allemands, cela fait un peu plus de dix ans que le marché des objectifs voit émerger de nombreux constructeurs chinois. Fondé au milieu des années 2010 à Shenzhen, 7Artisans s'est d'abord imposé sur le segment des optiques à mise au point manuelle avec une offre simple, compacte et surtout très accessible en prix. Cette stratégie a depuis été reprise par TTArtisan, créé en 2019 - également à Shenzhen -, dont la proximité des gammes et certaines informations laissent penser à une origine commune, ce qui n'a cependant jamais été officiellement confirmé. Dans le même temps, d'autres marques chinoises ont su monter en gamme. Viltrox, établi en 2009 - toujours à Shenzhen ! -, s'est aussi fait connaître par ses objectifs à mise au point manuelle ainsi que par ses multiples bagues d'adaptation avant d'intégrer des motorisations autofocus dès 2019, tandis que Laowa, créé en 2013 à Hefei par la société Venus Optics, a développé une gamme particulièrement riche et originale, allant des objectifs macro à fort grandissement aux optiques à bascule et décentrement, en passant par des focales atypiques et même des zooms. Bien que ce soit la dernière marque à avoir amorcé le

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Réponses Photo 391 Papillons de nuit

Papillons de nuit

On connaît votre travail dans le Nord de la France, qui vient de faire l'objet d'un livre. On change ici radicalement d'ambiance. Pourquoi avoir choisi de photographier cette cité balnéaire du Sud ? J'ai été invitée par Transit Photographies à réaliser un travail de création à Montpellier et ses environs, une carte blanche. Avant de comprendre que j'allais travailler sur la jeunesse, il y a eu bien des rebondissements avec d'autres pistes de recherche proposées, notamment sur les abords de la ville, à la lisière de Carnon. C'est en me tournant vers mes souvenirs personnels que le projet est né. Adolescente, je passais mes vacances à La Grande-Motte, et j'en garde des images marquantes, non pas par l'architecture singulière du lieu, que je ne voyais pas à l'époque, mais plutôt par les bandes de jeunes que j'observais de loin. Il y avait là une forme de désir mêlé à une certaine frustration de ne pas en faire partie. La plage et son ballet nocturne sur le front de mer m'ont toujours fascinée. J'avais l'idée presque secrète d'en faire un projet un jour. Les commandes

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Réponses Photo 391 Les analyses critiques de la rédaction

Les analyses critiques de la rédaction

De passage au château des Milandes en Dordogne, ancienne demeure de Joséphine Baker, je suis tombée sur un spectacle de rapaces. Bon exercice pour la vitesse, le bokeh, dans des conditions de lumière crue. Je n'ai pas cherché le cliché léché, il a fallu aller très vite, l'instinct m'a dit de déclencher, mais quelle a été ma surprise de découvrir cet accord parfait ! Ou presque, car je suis bien consciente des lacunes de la photo, saisissante et si difficilement reproductible. J'ai essayé de faire une série dans le même esprit avec d'autres animaux, mais le reste des clichés n'a pas cette force… L'instant décisif est rare ! Mon conseil Il ne fallait pas hésiter à monter la sensibilité à 800 ISO à la prise de vue afin de pouvoir fermer encore le diaphragme et augmenter la vitesse, pour optimiser la netteté. Cela n'est pas vraiment rattrapable, malheureusement. En revanche, un recadrage au format carré et un travail par zone sur les luminosités permettent de donner davantage d'impact à l'image en quelques clics. La photo

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Réponses Photo 391 CHEZ LEICAQUI SE CACHE DERRIÈRE LA CONCEPTION DU MATÉRIEL ?

CHEZ LEICAQUI SE CACHE DERRIÈRE LA CONCEPTION DU MATÉRIEL ?

Lorsque l'on pense à la marque au logo rouge, c'est forcément vers l'Allemagne que notre regard se tourne, et plus particulièrement vers une ville : Wetzlar. C'est là qu'en 1913, Oskar Barnack, ingénieur, conçoit le premier appareil 24×36, le Leica Ur, pour le compte de Ernst Leitz. Si les bâtiments historiques, en plein cœur de la ville, existent toujours, ils sont détenus par Leica Microsystems, une entreprise différente de Leica Camera, bien que partageant une histoire commune. Aujourd'hui, la partie consacrée à l'appareil photo a été délocalisée 3 km plus loin, dans un complexe érigé en 2012 qui paraît toujours flambant neuf. Après avoir visité un autre site de production, à Porto, il y a trois ans, il nous tardait de découvrir la maison mère, le berceau de la marque. Dans ce “Leica Land”, pas de manèges, mais une série de bâtiments en béton de type brutaliste, dans lesquels on retrouve, entre autres, le QG, une unité de fabrication, un magasin, un musée, les archives, et même un hôtel. C'est aussi là

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