Permettez-moi de préciser d'emblée que, selon moi, il n'y a aucune formule miracle pour dénicher de “bons” spots à photographier. En effet, les formules ne font qu'engendrer des travaux stéréotypés. Au contraire, je suis convaincu qu'il existe une infinité de possibilités pour trouver de bons lieux. Il incombe à chaque photographe d'explorer personnellement le terrain par lui-même, afin de forger ses propres conclusions et d'affiner son point de vue. Et, pour enfoncer une porte ouverte, ce qui constitue un bon spot pour moi ne le sera pas nécessairement pour un autre photographe. Toutefois, j'ai la profonde conviction que s'engager dans cette quête d'exploration individuelle est une étape cruciale pour devenir un photographe créatif. Certes, nous pouvons tous nous laisser influencer et nous “hisser sur les épaules de géants” pour contempler des horizons lointains, mais en fin de compte, je crois qu'il est essentiel de suivre notre propre voie, de nous laisser guider par notre muse. Revenons aux fondamentaux : nous pourrions peut-être convenir, pour commencer, que certains sujets paysagers exercent généralement une attraction plus universelle que d'autres. Citons par exemple les couchers de soleil, les cascades, les forêts, les montagnes, les lacs, les arbres remarquables, les océans, les nuages, et ainsi de suite - bref, tout ce qui compose la matière première des cartes postales. Il est relativement aisé de trouver des lieux accessibles pour photographier ces attractions, et je pense que des milliers de photographes, amateurs comme professionnels, pourraient en témoigner. Je me demande toutefois si nous serions tous d'accord pour qualifier ces lieux de “bons spots”. Comment diable définir ce qu'est un bon spot ? Pour ma part, je ne crois pas en être capable. Par ailleurs, suffit-il d'effectuer des photo graphies ordinaires de sujets extraordinaires ? Ne vaut-il pas mieux essayer de réaliser des photographies extraordinaires de sujets que nous pourrions, a priori, estimer ordinaires ? “Des photographies extraordinaires de sujets ordinaires” Ayant désormais clarifié les points suivants : 1) je ne donne pas de conseils ; 2) tout conseil qui pourrait m'échapper à mon insu est à prendre avec des pincettes ; 3) il n'existe pas de solution universelle applicable à tous ; et 4) tenter de déterminer et d'expliciter un processus évolutif n'est pas mon fort, je vais à présent aborder quelques aspects logistiques concrets concernant la manière dont je procède, personnellement, afin de dénicher ce que je considère comme de “bons spots”. Dans l'ensemble, lorsque je photographie, je cherche seulement ce qui m'attire dans le monde tridimensionnel qui m'entoure ; je tâche alors de le traduire et de l'interpréter de telle sorte que, quelle que soit sa nature, il devienne visuellement plaisant une fois transposé dans un rectangle bidimensionnel.
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