Verte, bleue et ivoire ou bleue et rouge, multicolore et finalement jaune canari, telles apparurent les machines d'Eddie Jordan sur les grilles de départ de la F1. Eddie, ce passionné, ce fantaisiste, ce joueur, cet éléphant dans les magasins de porcelaine de Ron Dennis ou de Frank Williams… L'histoire des grands prix nous montre souvent que la plaisanterie n'a pas cours dans les paddocks et que les rieurs n'y font pas long feu. Chahuteur, plein d'humour, farceur, comédien, amateur de rock'n'roll et excellent batteur de jazz, sympa en diable, charismatique, et accessoirement big boss d'une équipe de F1 capable de monter sur le podium du championnat du monde, tel était Eddie Jordan. Les Britanniques un peu pincés ne s'y trompèrent pas : Jordan, un Irlandais, on pouvait tout craindre de lui. Et il y avait de quoi se méfier de ce trublion ! Eddie avait vendu son équipe en 2006 à un consortium nommé Midland et il devint un commentateur de télévision à succès, redouté pour ses prises de position, ses scoops et ses jugements fracassants. Ses yeux perçants derrière ses lunettes voyaient tout et il s'affirma rapidement comme une star de la télévision. Un matin, alors que nous prenions un petit-déjeuner dans un hôtel de la banlieue de New Delhi, au matin de la première journée d'essais du premier des trois Grands Prix d'Inde en 2011, il nous confia son embarras. Il commença d'ailleurs par nous engueuler sérieusement, Jacques Laffite et moi, car nous buvions du café alors que, selon lui,
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