Je voudrais trouver, pour tout ce que j'ai en moi, un gîte de quelques mots. Mais je n'ai pas encore trouvé les mots qui voudront bien m'héberger ». Citée par Régine Detambel dans un très bel ouvrage consacré à l'écriture intime (Écrire juste pour soi, Actes Sud, 2025), cette confidence d'Etty Hillesum à son journal décrit fort subtilement la quête des diaristes : parvenir à se rencontrer en se racontant. Dans le geste d'écrire juste pour soi, sans intention d'être publié, sans craindre d'être lu, sans souci d'être intelligible aux autres, « il ne s'agit pas de créer une œuvre mais de se vivre pleinement », indique la bibliothérapeute. Quel que soit le support choisi, quel que soit le style (parfois seulement des bouts de phrase, des mots, des gribouillis), on cherche avant tout à se délester d'un poids, à clarifier ce qui nous agite, à s'offrir un moment de recueillement pour bâtir du sens, ouvrir des horizons. « Dans tous les cas, affirme
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