Un pianiste assis très bas sur une chaise pliante aux pieds sciés, penché en avant, le visage presque collé aux touches de son instrument… Lancé dans une interprétation d'une fugue de Bach, il ne peut s'empêcher de chantonner en même temps et de lancer parfois des gestes en direction d'un orchestre imaginaire. « Glenn Gould est une personne de Toronto, qui est hélas un peu fou, mais il a un effet hypnotique remarquable au piano », comme le décrit tout jeune un de ses collègues musiciens ! Mais non, le pianiste n'est pas fou, il est juste doté d'une hypersensibilité sensorielle extrême qui passe d'abord par le son. Il perçoit des différences infimes avec une acuité extraordinaire allant quelquefois jusqu'à la douleur. C'est le cas des salles de concert où, parfois, le bruit du public, les déplacements, les toux et l'acoustique imprévisible deviennent de véritables agressions. Pour se protéger de sa sensibilité extrême, Glenn Gould cherche à maîtriser son environnement immédiat : il porte des gants et plusieurs couches de
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