En théorie, les femmes sont libres. Libres d'aller et de venir, libres de disposer de leur corps, libres de faire carrière, et libres de tout quitter si elles le souhaitent. En pratique, on cherche encore celle qui s'affalerait sur le canapé, un bouquin à la main, et qui enverrait l'enfant se faire cuire un œuf s'il a faim. Qui raccrocherait au nez de ses vieux parents parce qu'une fois de plus ils lui demandent à elle, et pas à son frère, de faire des kilomètres pour leur apporter un Doliprane. Et qui refuserait de chercher les clés de voiture à la place de leur mec, parce que bon, après tout, c'est quand même sa foutue bagnole. « Les rôles sociaux qu'on a attribués aux femmes depuis des millénaires sont encore bien ancrés, déplore Claire Alquier, sexologue et thérapeute de couple. Le “care”, c'est-à-dire le soin à l'autre, leur incombe toujours aussi fortement, pour ne pas dire exclusivement. Le corollaire, c'est cette culpabilité qui leur tombe sur les épaules dès qu'elles essaient de s'en dégager. » Fondatrice d'un réseau de thérapeutes féministes et inclusives*, elle voit défiler, dans son cabinet, les patientes qui croulent sous les injonctions contradictoires et qui peinent à s'en dépêtrer. Parce que chaque émancipation semble avoir son prix à payer, « l'injonction à se libérer s'est ajoutée à celle d'avoir
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