Diapason - Le numéro 757 du 26 juin 2026

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La Une de Diapason n°757 du 26/06/2026

Au sommaire de ce numéro

Diapason 757 Fantaisie sur des thèmes du Ring

Fantaisie sur des thèmes du Ring

Debussy le fit en 1888, son professeur Albert Lavignac en tira un livre fondateur (1897), Proust l'évoqua maintes fois dans A la recherche du temps perdu… Le voyage à Bayreuth a valeur de rite initiatique, voire de mythe. Mythe d'autant plus impénétrable que longtemps il fallut s'armer d'années de patience pour avoir ses places au Festpielhaus - ce qui n'est plus tout à fait vrai depuis plusieurs saisons. Pour retracer l'histoire du festival entièrement dévolu aux œuvres de Wagner - encore faut-il rappeler que les opéras de jeunesse que sont Les Fées (1833) et La Défense d'aimer (1836) n'ont pas droit de cité sur la Colline sacrée tandis que Rienzi (1840) y fera son entrée cette année -, faisons un voyage dans le temps, en forme aussi d'exercices de style. Un chemin en six stations forgeant autant d'articles tels que nous aurions pu les écrire si nous avions assisté à ces six productions qui jalonnent l'histoire de la Tétralogie à Bayreuth. 1876 Le pari presque gagné de Monsieur Wagner Invasion à Bayreuth ! A l'occasion de son premier festival, pour reprendre un terme popularisé autrefois par notre gloire nationale, Hector Berlioz, cette bourgade endormie de dix-huit-mille âmes vient d'accueillir cinq mille visiteurs, la plupart sans doute bien en peine de la placer sur une carte quelques mois plus tôt. Et quels visiteurs ! Un afflux de monarques, précédés par celui de ces contrées, le timide Louis II de Bavière, qui assista aux répétitions générales, mais ne voulut pas se mêler à la foule des représentations, contrairement à l'Empereur du Brésil, Pierre II, et au Prussien Guillaume, Kaiser de ce nouveau Reich, dont la cinquantaine de Français ayant fait le déplacement a tenté d'ignorer la présence. Parmi nous, MM. Saint-Saëns, d'Indy ou Widor s'amusaient de cette étrange secte de dévots, et au premier chef de dévotes, qu'on nomme les wagnériens, venus non seulement de tous les horizons germaniques, mais de partout en Europe et même du Nouveau Monde. Vision improbable de ces mondains et artistes, entassés dans les chambres louées chez l'habitant d'une ville où les hôtels sont rares, et les auberges incapables de satisfaire pareil afflux de ventres affamés. M. Tchaïkovski, venu comme correspondant d'une gazette russe, remarquait combien les effets du jeûne entament l'enthousiasme des plus fanatiques, ainsi que le sien ; mais M. Grieg, qui semble avoir élu domicile dans le nouveau sanctuaire où il s'est même glissé dans la fosse d'orchestre pour les répétitions, faisait preuve d'un inaltérable enthousiasme. Voilà plus d'un quart de siècle que M. Wagner poursuit l'idée d'édifier une scène radicalement nouvelle. Zurich et Munich furent tour à tour envisagées, des plans dessinés par le grand architecte Gottfried Semper, dont on peut admirer le travail à Dresde, sans réunir les fonds colossaux nécessaires, malgré le soutien de Sa Majesté Louis II. Décidant que son art ne saurait être goûté que loin des capitales, et par ceux qui feraient le chemin vers lui, le musicien aussi idolâtré qu'exécré avait inspecté, il y a cinq ans, le bel opéra rococo édifié à Bayreuth par la margravine Frédérique Sophie Wilhelmine au siècle dernier, pour vite en constater l'inadaptation à son théâtre de l'avenir. Mais charmé par la cité, loin de l'agitation artificielle des stations thermales à la mode, il convainquit aisément les édiles de mettre à sa disposition un terrain sur une colline à un kilomètre des murailles. Il déploya ensuite une énergie inépuisable à financer ce chantier titanesque, pour lequel le docile Brückwald adapta les plans de Semper. Les recettes des tournées de concerts entreprises par le Maître, les dons des cercles d'admirateurs partout en Europe et aux Etats-Unis d'Amérique, ceux des monarques du Levant tel le Khédive d'Egypte Ismaïl Pacha (qui envisagea même d'inviter Wagner à composer pour son théâtre des bords du Nil, avant de se tourner

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Diapason 757 FiiO FT13

FiiO FT13

Du FT1 au rapport prestations/prix renversant récompensé l'été dernier par un Diapason d'or, nous disions qu'il s'agissait d'un « combo unique à ce tarif », avec ses transducteurs de 60 mm à membranes nanobois et ses coques en noyer. Clos lui aussi, le FT13 se structure autour de coques de diamètre 95 mm obtenues après étuvage et séchage puis découpe CNC dans une variété de palissandre d'Amérique du Sud appelée « bois de cœur violet », nom faisant allusion à sa superbe teinte lie de vin. Polies et vernies avec soin, les coques sont enchâssées dans un berceau en alliage de magnésium où se raccordent les bras de l'arceau articulés dans les deux sens, ainsi que les fiches jack de liaison. Les transducteurs de 60 mm sont équipés de diaphragmes en W épais de 0,1 mm en bois de bouleau, fibres de carbone et laine. Le FT13 est livré avec deux jeux de coussinets pour des rendus sonores différents, l'un en daim, l'autre en cuir d'agneau, présent aussi sur l'arceau en magnésium. D'origine, on trouve un câble symétrique Furukawa de 1,5 m constitué de 1000 brins cuivre/argent tressés avec terminaisons 4,4 Pentaconn, adaptateur XLR 4 broches, jack 3,5 et adaptateur 6,35. Un étui rigide complète la dotation. L'écoute Le fabricant de Canton annonce une bande passante qui va de 7 Hz à 40 kHz, une sensibilité de 98 dB/mW et une impédance de 32 Ω. Serrant bien le visage et pesant 356 g, le casque s 'avère confortable. Ecouté alternativement avec les deux jeux de coussinets, il brille par un caractère neutre et opulent en daim, avec un grave proéminent. Le passage à la version cuir d'agneau relève le tempérament, avec un son plus engagé, plus mordant, un grave moins prononcé, et un équilibre favorisant le haut du spectre. La résolution est au rendez-vous, la scène sonore se

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Diapason 757 24 rendez-vous à ne pas manquer

24 rendez-vous à ne pas manquer

1. Festival Chopin à Paris Du 29 juin au 14 juillet, Orangerie du Parc de Bagatelle. 41e édition du festival célébrant le plus parisien des compositeurs polonais. D'Alain Planès à Adam Laloum, Chopin règne en effet en maître à Bagatelle, cadre plus propice aux confidences qu'aux éclats virtuoses. Quelques belles découvertes à faire également avec l'Italien Giuseppe Guarrera, le Polonais Szymon Nehring, ce dernier de plus en plus présent sur les scènes françaises pour notre plus grand bonheur, ou ses jeunes compatriotes Michal Basista et Jan Widlarz. A l'Orangerie, le clavier se décline aussi au féminin avec des récitals de Claire-Marie Le Guay et Muza Rubackyte. Clément Lefèbvre et le Quatuor Talich nous permettront de profiter du Concerto no 1 dans sa version chambriste. Item sans titre 2. La Flûte enchantée de Mozart Du 2 au 21 juillet, Aix-en-Provence, Théâtre de l'Archevêché. Pour sa nouvelle Flûte enchantée, le Festival d'Aix-en-Provence reforme un duo qui emporta un large succès public dans Les Indes galantes à l'Opéra Bastille : Leonardo Garcia-Alarcon à la direction musicale (avec les instruments anciens de sa Cappella Mediterranea) et Clément Cogitore pour un spectacle promettant de convoquer les charmes de la vidéo. Sur le plateau, on retrouve quelques anciennes jeunes pousses (qui ont depuis beaucoup grandi) de l'Académie du festival : l'adorable soprano Ying Fang est Pamina, le baryton Sean Michael Plumb campe Papageno et une certaine Sabine Devieilhe fait à nouveau miroiter les vocalises d'une Reine de la nuit déjà légendaire. Quant à Tamino et Sarastro, ils sont incarnés respectivement par Mauro Peter et Brindley Sherratt, valeurs sûres qui ont éprouvé leur rôle dans d'illustres théâtres.3. La Femme sans ombre de Strauss Du 3 au 15 juillet, Aix-en-Provence, Grand Théâtre de Provence. Après Ariane à Naxos, Le Chevalier à la rose, Elektra et Salomé, le rendez-vous

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Diapason 757 Fauré

Fauré

Un triomphe. En ce 27 janvier 1877, la salle Pleyel ovationne un jeune compositeur, Gabriel Fauré, dont les mélodies enchantent les salons huppés de la capitale. Devenu un familier de Pauline Viardot, il brûle alors d'une ardente passion pour Marianne, la benjamine de la cantatrice. Il a aussi ses entrées chez l'industriel Camille Clerc et son épouse Marie : au cours de l'été 1875, c'est dans la villégiature normande du couple, à Sainte-Adresse, qu'il se lance dans une sonate pour violon et piano. La rencontre avec le violoniste Hubert Léonard semble déterminante. Le musicien oriente la composition, suggère, rectifie abondamment. Il enseigne par ailleurs l'instrument à Paul Viardot. Par amitié pour le frère de sa bien-aimée, Fauré lui dédie sa sonate. Mais c'est une jeune prodige de l'archet, Marie Tayau, qui en assure la création. « La sonate pour violon a réussi ce soir au-delà de toutes mes espérances !!! », s'enthousiasme Fauré auprès de son amie Marie Clerc. Il y a de quoi. Charme et renouveau Saint-Saëns se fend d'un hommage appuyé à son ancien élève de l'Ecole Niedermeyer : « Il y a dans cette sonate tout ce qui peut séduire les délicats, la nouveauté des formes, la recherche des modulations, des sonorités curieuses, l'emploi des rythmes les plus imprévus ; sur tout cela plane un charme qui enveloppe l'œuvre entière et fait accepter à la foule des auditeurs ordinaires comme chose toute naturelle les hardiesses les plus violentes […] M. Fauré s'est placé d'un bond au

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Diapason 757 Betsy Jolas ou l'insatiable curiosité

Betsy Jolas ou l'insatiable curiosité

Née à Paris en août 1926, partie aux Etats-Unis en 1940 puis rentrée en France six ans plus tard, celle qui disait la nécessité de « parler sériel » s'est toutefois gardée de le faire. Sa musique, nourrie du passé comme du présent, puise aussi à la littérature et aux arts, sans oublier quelques pas de côté vers divers ailleurs - Bali, notamment, visité avec son ami Xenakis. Elle s'enracine également dans la vocalité, à laquelle sa mère Maria, elle-même chanteuse, l'a initiée très tôt ; en témoignent quelques étapes significatives : la Messe pour solistes, chœur et orchestre, composée pour son diplôme de Bachelor of Arts à Bennington, le Quatuor II créé en 1966, les Frauen-leben et Frauenliebe à la mélodie purement instrumentale… et jusqu'à sa dernière œuvre : un mélodrame pour voix et ensemble de chambre qui sera créé en novembre prochain en Suède. Vous avez appris l'orgue, avouez n'avoir pas été une pianiste excellente, Harold en Italie vous aurait donné l'envie de l'alto… Vous avez chanté dans un chœur amateur, travaillé la fugue et le contrepoint, mais aussi la direction d'orchestre, en plus de

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Diapason 757 iFi AUDIO GO LINK 2 MAX

iFi AUDIO GO LINK 2 MAX

Eternel dilemme. Mobilité et haute-fidélité sont-elles à jamais irréconciliables ? A en croire une marque comme iFi Audio, pareille dichotomie n'a pas lieu d'être, d'autant que l'écoute sur smartphone, tablette ou ordinateur portable se répand. Raison pour laquelle l'entreprise de Southport (Royaume-Uni) a développé de nombreuses solutions - dont l'iconique DAC/ ampli portable Hip-Dac 3 - pour satisfaire une clientèle avide de bouger sans sacrifier la qualité. Le Go Link 2 Max est le dernier avatar d'une famille de dongles DAC USB-C qui réussit l'exploit, au sein d'un minuscule boîtier long de 4,5 cm pesant tout juste 11,5 g, d'embarquer deux puces DAC ESS Sabre en mode symétrique, PCM 384 kHz et DSD256 natif. Le coffret contient aussi de quoi amplifier le signal converti sur jack 4,4 symétrique (2×241 mW, 32 Ω), comme en asymétrique sur jack 3,5 (2×100 mW, 32 Ω). La liaison USB-C fait appel à un câble cuivre argent torsadé, des adaptateurs Lightning et USB-A sont fournis. L'écoute iFi Audio avance un poids en retrait de

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