hors-séries - Le numéro 20 du 12 novembre 2025

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La Une de hors-séries n°20 du 12/11/2025

Au sommaire de ce numéro

hors-séries 20 ET SI LES ALLIÉS AVAIENT MIS LE PAQUET SUR L'ITALIE ?

ET SI LES ALLIÉS AVAIENT MIS LE PAQUET SUR L'ITALIE ?

Marshall mort, le choix de MacArthur (populaire, expérimenté et sans adversaire) s'impose. Mais comme le sait Roosevelt, le général a une idée fixe : se venger de l'Empire nippon et libérer les Philippines, un projet incompatible avec la stratégie « Germany First » actée aux côtés des Britanniques en janvier 1942. Sitôt en place, MacArthur se démène donc pour renverser les priorités, avec le soutien de l'US Navy, partisane d'une option « Japan First ». Le nouveau patron de l'Army bénéficie également de l'appui... des Britanniques, à la condition d'échanger le projet de retour en France avec des opérations en Méditerranée, une option que MacArthur juge acceptable, car elle est moins dispendieuse pour les Américains. Winston Churchill, fervent partisan des actions périphériques, voit dans la région le ventre mou de l'Axe, l'endroit où lui faire mal à peu de frais en s'en prenant au maillon le plus fragile : l'Italie. Pour le Premier ministre, agir en Méditerranée permettrait aussi de préserver les intérêts de l'Empire et de faire barrage à l'influence communiste. Au contraire, débarquer en France pour y affronter la Wehrmacht du fort au fort serait risquer un bain de sang dont le Royaume-Uni ne se relèverait pas. Ajournement d'« Overlord » sine die Historiquement, Marshall, partisan d'une offensive à l'Ouest dès 1943, a dû reconnaître lors de la conférence de Casablanca, en janvier 1943, qu'un débarquement ne serait pas possible avant 1944, ouvrant la porte à la poursuite des opérations en Méditerranée. Mais MacArthur va plus loin. À la conférence Quadrant de juillet 1943, il profite de la chute de Mussolini pour pousser à l'ajournement sine die d'Overlord, fort de l'unanimité de l'état-major interallié. Les moyens (considérables) sont alors redistribués entre Méditerranée et Pacifique, l'Angleterre n'étant plus que le tremplin d'une campagne de bombardement stratégique du Bomber Command et de la 8e Air Force US. Et l'Italie, théâtre périphérique, devient le centre de gravité des opérations occidentales en Europe. Ce changement ne provoque pas de bouleversements immédiats. Début septembre, les Anglo-Américains débarquent dans la Botte à Reggio de Calabre, Salerne, Tarente et butent à l'automne sur la ligne Gustav, comme cela s'est passé dans les

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hors-séries 20 ET SI EN 1914, LA RUSSIE AVAIT LANCÉ TOUTES SES FORCES SUR LA PRUSSE ?

ET SI EN 1914, LA RUSSIE AVAIT LANCÉ TOUTES SES FORCES SUR LA PRUSSE ?

À la veille de la Première Guerre mondiale, l'armée russe, malgré ses faiblesses, possède deux atouts : son alliance française et, surtout, un réservoir humain en apparence inépuisable. Pourtant, elle est battue à Tannenberg (voir l'encadré p. 72) en août 1914, et elle n'atteint pas ses objectifs en Galicie, malgré des succès face à l'armée austro-hongroise. Cet échec et ce demi-échec s'expliquent par l'adoption d'un plan stratégique mi-figue mi-raisin, qui refuse de choisir entre deux options plus radicales : aller vers Berlin ou viser le Danube. L'alliance nouée entre la France républicaine et la Russie tsariste, en 1892, contribue à un décollage économique russe, notamment ferroviaire (les célèbres emprunts russes), ainsi qu'à une réorganisation militaire. Cette remontée en puissance, bien que freinée par les intrigues au sommet de l'armée, inquiète de nombreux officiers allemands qui considèrent que le temps joue en faveur de leurs adversaires. En 1905, le haut commandement de la Deutsches Heer (l'armée de Terre de l'Empire allemand) adopte le plan Schlieffen. Remodelé à plusieurs reprises jusqu'en 1914, il prévoit de concentrer l'essentiel des troupes, soit sept armées, à l'Ouest afin de détruire l'armée française, avant l'achèvement de la mobilisation russe qu'on suppose très lente. La France hors jeu, les stratèges allemands concentreront leurs efforts sur la Russie. L'idée, alors, n'est pas de conquérir des territoires, mais plutôt d'obtenir une paix de compromis. D'ailleurs, aucun plan d'opération n'a été conçu par les Allemands pour une guerre à l'Est. Le plan 19 saboté par les divisions Dans le camp russe, les planificateurs doivent privilégier un des deux adversaires (Allemagne ou Autriche-Hongrie) et satisfaire aux demandes de l'allié français. Intenses, les réflexions débouchent en 1910 sur le plan 19. Proposé par le général Youri Danilov (1866-1937), ce plan opte pour une offensive prioritaire contre l'Allemagne à la grande satisfaction de Paris, qui espère qu'une attaque russe massive divertira le maximum de forces adverses. Saint-Pétersbourg (rebaptisée Pétrograd le 18 août 1914 pour éviter le « bourg » germanique) jouerait ainsi la carte du bon allié. Logiquement, Danilov cible la Prusse-Orientale, avec deux arguments de poids. D'abord, il insiste sur la vulnérabilité de cette province, peu défendue

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hors-séries 20 ET SI L'USAF AVAIT SAUVÉ DIÊN BIÊN PHU ?

ET SI L'USAF AVAIT SAUVÉ DIÊN BIÊN PHU ?

Le général Paul Ély, chef d'état-major général de la Défense nationale, atterrit le 20 mars 1954 à 10 heures du matin au National Air-port de Washington, à la tête d'une délégation militaire. Les Français sont conduits au Pentagone, où ils sont accueillis par le comité des chefs d'état-major, présidé par l'amiral Arthur Radford. Plus tard dans la journée, le général Ély rencontrera aussi le vice-président Richard Nixon et le secrétaire d'État John Foster Dulles. L'objet de toutes les discussions est la situation militaire en Indochine - plus particulièrement à Diên Biên Phu. La route vers le piège Les Américains peinent à comprendre comment les Français ont pu se mettre dans un tel guêpier. Le général Henri Navarre, nouveau commandant en chef du Corps expéditionnaire français en Extrême-Orient (CEFEO ou CEF) depuis mai 1953, leur faisait plutôt bonne impression, et le plan qu'il avait présenté durant l'été paraissait cohérent. Navarre avait constaté qu'après sept ans de lutte, le rapport de force était désormais favorable au camp du Vietminh - abréviation vietnamienne de la Ligue pour l'indépendance du Vietnam -, le premier parti politique armé qu'affrontait la France. Sous la direction politique du communiste Hô Chi Minh (« Celui qui éclaire ») et le commandement militaire du général Vo Nguyên Giap, le Vietminh a commencé par établir un réseau de contrôle et de guérilla sur une grande partie du territoire vietnamien, en particulier dans le delta du fleuve Rouge au Tonkin, densément peuplé. À partir de 1949, avec l'aide de la nouvelle Chine populaire, l'organisation y a ajouté un puissant corps de bataille de six divisions d'infanterie à pied de 10 000 hommes, dont quatre au Tonkin (304, 308, 312 et 316) et deux en Annam (320 et 325), ainsi qu'une division d'appui (351) réunissant les unités de génie et d'artillerie légère. On a alors assisté à une série de batailles importantes opposant le CEF à ce corps de bataille, en commençant par l'embuscade géante infligée aux Français sur la route coloniale 4 (RC 4) en septembre 1950, le long de la frontière chinoise, suivie en 1951 de trois offensives de Giap contre le delta tonkinois et

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hors-séries 20 ET SI L'EMPIRE HABSBOURG AVAIT SOUMIS LA CHINE ?

ET SI L'EMPIRE HABSBOURG AVAIT SOUMIS LA CHINE ?

En ce lumineux automne 1588, Philippe II est un homme comblé. Le Seigneur a béni les justes desseins du plus puissant et non moins pieux souverain d'Europe. En dépit de la perte fâcheuse de plusieurs galions, l'expédition de l'Armada a tourné à l'avantage des armes espagnoles. Il a suffi au duc de Parme de prendre en gage l'île de Wight, d'investir la place de Southampton et de dépêcher le tercio des Flandres sur la route de Londres pour ramener Elizabeth à la raison. Si l'hérétique héritière Tudor a conservé son trône, elle s'est engagée à cesser toute aide aux insurgés hollandais et à garantir la liberté de culte aux catholiques britanniques. Tôt ou tard, Albion retrouvera la vraie foi et rejoindra le giron de la sainte Église. Plaise à Dieu ! En attendant que sonne l'heure, Philippe peut s'atteler à un second projet, propre à éclipser Alexandre : l'invasion du Cathay - la Chine. Un empire à cueillir À son plus fidèle serviteur, le maître de la maison Habsbourg, le pape Grégoire XIII a fait la grâce de lire la correspondance qu'il entretient avec Matteo Ricci. À en croire le jésuite italien, homme de grand savoir établi à Macao, les vétérans ibériques ne feront qu'une bouchée des multitudes asiatiques. L'empire des Ming, bâtisseurs de la Grande Muraille, est prêt à tomber comme un fruit mûr. On pense la même chose à Nagasaki, fraîchement cédée en concession perpétuelle à la Compagnie de Jésus. Les rapports qui en parviennent sont des plus encourageants. Curieux peuple, tout de même, que ces Japonais. Leur enthousiasme à recevoir la bonne parole n'a d'égal que leur courage au combat. Ils seront des alliés naturels dans une entreprise contre le colosse voisin. Les barons de ce pays, félons patentés, feraient pourtant passer les turbulents électeurs du Saint-Empire pour des enfants de chœur. Dans l'archipel nippon, un certain Oda Nobunaga, que le Seigneur protège assurément puisqu'il a échappé à nombre de conjurations depuis l'attentat déjoué au temple Honnô-ji, à l'été 1582, semble bien disposé

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hors-séries 20 ET SI VICHY AVAIT PRIS LES ARMES CONTRE L'ANGLETERRE ?

ET SI VICHY AVAIT PRIS LES ARMES CONTRE L'ANGLETERRE ?

Le 13 décembre 1940, au soir, Philippe Pétain convoque un conseil des ministres extraordinaire. Pierre Laval, le vice-président du Conseil et de ce fait le chef du gouvernement depuis le 16 juillet, savoure d'avance le cadeau qu'il compte offrir au Maréchal : Otto Abetz, l'ambassadeur du Reich, a confirmé que les cendres de l'Aiglon, le fils de Napoléon, vont être rapatriées d'Autriche à Paris pour retrouver aux Invalides, lors d'une grande cérémonie, celles de son impérial progéniteur. Juste récompense, estime le numéro deux du régime. Le 22 octobre, il s'est entretenu à Montoire avec Hitler, en route pour rencontrer Franco. Laval lui a promis l'alliance de la France, et obtenu que Pétain rencontre le Führer à son retour d'Hendaye, le 24 octobre. « C'est dans l'honneur et pour maintenir l'unité française dans le cadre d'une activité constructive du nouvel ordre européen que j'entre aujourd'hui dans la voie de la collaboration », a annoncé le Maréchal à la radio, le soir même. Mais la photo de la main de l'ex-caporal autrichien serrée par Pétain est plus qu'un symbole : le second a offert au premier de participer à une action militaire en Afrique contre les Britanniques. Vichy se bat déjà contre Londres Depuis que la Royal Navy a attaqué Mers el-Kébir le 3 juillet, puis Dakar le 8, sans compter la saisie de grandes unités dans les ports d'Alexandrie, Plymouth et Portsmouth, la flotte de Vichy est décapitée. Pour les cadres de la Marine nationale (en particulier leur ministre François Darlan), convaincus que l'armistice du 25 juin a sauvé la flotte des griffes nazies, l'ennemi est, décidément et éternellement, l'Angleterre. Ce n'est donc pas un hasard si Vichy remplace les gouverneurs coloniaux républicains par des amiraux afin de défendre l'Empire menacé. Après les possessions françaises du Pacifique, ralliées du 22 juillet au 19 septembre, c'est au tour de l'Afrique équatoriale française (AEF) - Gabon excepté - de faire allégeance à de Gaulle entre le 26 et le 28 août. Le 4 juillet, Vichy obtient de la commission

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hors-séries 20 ET SI NAPOLÉON N'AVAIT PAS VENDU LA LOUISIANE ?

ET SI NAPOLÉON N'AVAIT PAS VENDU LA LOUISIANE ?

Partie d'un immense territoire quasi inexploré aux contours incertains de plus de deux millions de kilomètres carrés entre le Mississippi et les montagnes Rocheuses, revendiqué par la France depuis le XVIIe siècle, la Louisiane est cédée, en avril 1803, aux États-Unis pour quinze millions de dollars par le Premier consul Bonaparte. Cette vente, baptisée Louisiana Purchase outre-Atlantique, double virtuellement le territoire américain et met fin à toute ambition française de colonisation de l'Amérique du Nord. La question lancinante : « Et si Napoléon n'avait pas vendu la Louisiane ? » est depuis lors devenue un marronnier de l'histoire nationale. Mais lorsqu'on la pose, on ignore ou néglige souvent un contexte très complexe, à commencer par le fait qu'au début du XIXe siècle, ce qui reste de la Louisiane… n'est déjà plus français depuis quatre décennies. Des propriétaires assez flous À la suite des annexions opérées par l'Angleterre à la fin de la guerre de Sept Ans (1756-1763), il ne reste de la Louisiane d'origine que la partie située à l'ouest du fleuve Mississippi. Or, celle-ci a été donnée en 1762 par Louis XV à son cousin germain d'Espagne, Charles III, dans le but précis de la sauver de l'occupation britannique. Resté sous la bannière des Bourbons d'Espagne pendant près de 40 ans, le territoire est discrètement rétrocédé à la France par le traité secret de San Ildefonso, en 1800, sous la pression de Bonaparte. Pour le Premier consul, cette restitution s'inscrit dans une politique visant à reprendre le contrôle de Saint-Domingue. Peu peuplée et mal défendable, la Louisiane n'apparaît qu'à l'arrière-plan. Début 1803, il n'y a d'ailleurs aucune passation de pouvoir officielle entre l'Espagne et la France. Restent les colons, en majorité d'origine française et dont les préoccupations sont éloignées de celles de leurs métropoles de rattachement. Outre les tribus amérindiennes locales - Chactas, Chicachas, Osages, Natchez, Caddos,

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