Guerres & Histoire : Avant même la fameuse journée du 14 octobre 1066, est-ce que les choses peuvent tourner au désavantage de Guillaume ? Robert Bartlett : Tout à fait ! Harold Godwinson, l'homme fort qui prétend succéder au roi Édouard le Confesseur mort sans enfants, anticipe la descente et lève des troupes en nombre pour garnir la côte sud de l'Angleterre. Début septembre, comme l'armada normande n'apparaît pas, il est obligé de renvoyer son contingent, faute de pouvoir l'entretenir. Or, c'est juste ce moment que choisissent son frère rebelle Tostig et le roi de Norvège Harald Hardrada pour débarquer dans le nord et revendiquer eux aussi le pouvoir. Harold rameute ses troupes et fonce à leur rencontre. Après avoir couvert 400 kilomètres, il les bat le 25 septembre à Stamford Bridge, près d'York. Mais entre-temps Guillaume a profité d'un vent favorable pour prendre pied le 29 septembre à Pevensey, dans le Sussex - sans avoir à combattre. C'est une chance inouïe, car les attaques amphibies sont risquées. Le 25 septembre, à Stamford Bridge, Harold bat Tostig et Harald Hardrada. Et le 29, Guillaume débarque. Si le triomphe de Stamford Bridge n'est pas trop cher payé, l'armée anglo-saxonne doit s'épuiser à couvrir le chemin inverse pour revenir affronter les Normands. Harold pouvait-il gagner du temps ? Certaines sources mentionnent qu'on lui conseille d'attendre des renforts. Mais il se trouve que, par dessein ou par accident, Guillaume a débarqué dans un domaine du Sussex qui appartient à la maison Godwinson. Les Normands s'y livrent à un pillage en règle, comme on le voit sur la tapisserie de Bayeux. Or, il est impensable à l'époque qu'un vrai seigneur laisse faire sans réagir. Item sans titre Le 14 octobre, jour de la bataille, les
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