Moins connu que d'autres, Raimondo Montecuccoli n'en reste pas moins l'un des généraux européens les plus marquants du XVIIe siècle. Son expérience sur divers théâtres militaires, sa formation à bonne école, sous les ordres des capitaines les plus réputés de son temps, lui ont permis de s'élever aux plus hautes responsabilités face à des ennemis coriaces, mais non moins respectés. Alors que Turenne, son adversaire le plus célèbre, n'a laissé aucun ouvrage militaire, Montecuccoli a donné de nombreux écrits théoriques, rédigés au fil de sa carrière. Un seul a été publié dans les décennies qui ont suivi sa disparition. Improprement intitulé Mémoires, il n'est pas un récit biographique, mais un véritable traité militaire, sans doute composé après la campagne de 1664 contre les Turcs en Hongrie, à l'intention de l'empereur et, par extension, des officiers généraux. Divisé en trois parties (« Des principes de l'art militaire en général », « De la guerre contre le Turc en Hongrie », « Réflexion sur ce qui s'est fait dans les dernières guerres de Hongrie, depuis 1661 jusqu'en 1664 »), il atteste d'une longue carrière, menée en gravissant tous les échelons, de la pique au bâton de commandement. Alors que Turenne n'a laissé aucun ouvrage militaire, Montecuccoli a donné de nombreux écrits théoriques. Pour saisir l'apport de Montecuccoli, se contenter de lire les Principes sur l'art militaire peut être frustrant. Il faut d'abord comprendre l'incroyable richesse de son expérience
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