Hors-Séries - Le numéro 150 du 13 mars 2026

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La Une de Hors-Séries n°150 du 13/03/2026

Au sommaire de ce numéro

Hors-Séries 150 La reconnaissance de nos savoir-faire

La reconnaissance de nos savoir-faire

Item sans titre Le couteau de poche est un pliant qui se veut pratique et qui convient à sa fonction, celle pour laquelle il a été pensé et dessiné par nos aînés. Chaque région a donc ses propres savoir-faire corrélés à sa manière de travailler le métal en fonction du minerai disponible sur place, mais aussi des bois ou des traditions de chasse pour la récupération des ornements animaliers. Reste que certaines villes tiennent le haut du pavé en raison de la qualité de leurs aciers et de leur méthode de forge, à l'image de Nogent ou de Thiers, cette dernière étant considérée aujourd'hui comme la capitale de la coutellerie mondiale ! Pour preuve, le bassin de Thiers fournit à lui seul plus de 80 % des lames de la production artisanale française. Voici donc un florilège des couteaux historiquement liés aux différentes régions de notre pays, même si la fabrication artisanale de nos jours fait fi des limites territoriales… AUVERGNE-RHÔNE-ALPES, LÀ OÙ TOUT COMMENCE ! C'est le berceau de la coutellerie française, la région du couteau, celle qui regroupe 12 départements ayant tous une histoire en lien avec les couteaux pliants. De l'Ain à la Savoie, elle perpétue des savoir-faire ancestraux. Surtout, c'est dans le Puy-de-Dôme, à Thiers, que se trouve la plus grande concentration de couteliers et que se forgent la plupart des lames utilisées par les artisans des autres régions… LE CHAMONIARD, LE MONT BLANC EN POCHE Didier Simond, un Chamoniard pure souche, est moniteur de ski l'hiver et artisan menuisier l'été à Chamonix. Passionné de couteaux régionaux et collectionneur, il a eu l'idée de créer un couteau représentatif de sa montagne en utilisant des essences locales, comme l'arolle (pin cembro, espèce protégée), le bouleau, le genévrier, et des bois fossiles emprisonnés dans la Mer de glace depuis des centaines ou des milliers d'+années. Son manche reproduit la silhouette du mont Blanc et la pyrogravure rend hommage à Jacques Balmat, qui a réalisé la première ascension du sommet en 1786. Le couteau possède une lame en acier 12C27, un ressort et des platines en acier inoxydable Z20. La

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Hors-Séries 150 Sabre, couteau et pistolet à la fois

Sabre, couteau et pistolet à la fois

Les premières armes combinées voient le jour à la Renaissance. Il s'agit essentiellement de sabres ou de coutelas associés à des pistolets à rouet. Peu fonctionnelles, ces armes sont surtout destinées aux cabinets de curiosités de leurs riches propriétaires. C'est au milieu du XIXe siècle que les premières armes de chasse combinées apparaissent sur le marché. À l'époque, ce sont des dagues de chasse munies de part et d’autre de la lame d’un pistolet à percussion. Créées par Dumonthier, arquebusier parisien, ces dagues-pistolets sont utilisées par quelques veneurs à partir de 1850 pour servir le grand gibier. Elles s’imposent comme des armes de luxe qui marquent le statut social de leurs propriétaires. Du pistolet au revolver, il n’y a qu’un pas que Dumonthier franchit rapidement. Dans les années 1860, il combine ses lames aux nouveaux revolvers à broche brevetés par Eugène Lefaucheux. Il s’agit là encore d’armes de luxe destinées à des clients fortunés. C’est une période riche en innovations. Pendant que Dumonthier et quelques-uns de ses collègues parisiens comme Perrin, Devisme et Lefaucheux développent de nouveaux modèles, les armes de Dumonthier sont largement copiées en Belgique, où l'armurerie liégeoise produit de nombreuses variantes, d'une qualité inférieure à celle des productions du maître armurier parisien. Item sans titre COUTEAUX-PISTOLETS Le concept est repris plus tard en Grande-Bretagne par les couteliers Unwin & Rodgers. James Rodgers a fondé son entreprise au début des années 1820. Il s'associe à Philip Unwin quelques années plus tard

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Hors-Séries 150 Une réglementation otage de l'actualité

Une réglementation otage de l'actualité

Tout a commencé au mois d'avril 2024 lorsque, ému par le nombre d'agressions à l'arme blanche qui alimentaient les colonnes de la presse nationale, le ministère de l'Intérieur de l'époque a décidé d'agir. Il a demandé à une douzaine de métropoles d'expérimenter la mise en place d'une amende forfaitaire délictuelle (AFD) en cas de port ou de transport, sans motif légitime, d'une arme de catégorie D. Cette mesure concerne essentiellement les couteaux et les petites bombes de défense qui projettent du gaz lacrymogène. La loi d'orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) prévoit des amendes forfaitaires pour plus de 80 délits qui jusque-là relevaient de procédures judiciaires plus traditionnelles. L'expérimentation de cette mesure est en cours dans plusieurs grandes villes qui dépendent des parquets de Bobigny, Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Pontoise, Rennes, Saint-Étienne, Toulouse, et dans celles qui dépendent du tribunal judiciaire de Paris. Item sans titre UN MOTIF LÉGITIME Détenir un couteau n'est pas un problème en soi, tout le monde en a. C'est la légitimité du port ou du transport qui fait débat. Un chasseur, par exemple, peut porter son couteau sur lui en action de chasse. Mais il devra s'en séparer dès la partie de chasse terminée. Il est évident qu'un pique-nique à la campagne ou une sortie pour chercher des champignons sont autant de motifs légitimes. En revanche, il serait

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Hors-Séries 150 Patrick, coutelier enragé

Patrick, coutelier enragé

Comme sur un air de Dutronc, imaginez un coquet pavillon résistant aux bétonneurs de banlieues, à Courbevoie (92). Dans la courette attenante, un atelier, enlacé par la vigne vierge. Celui du coutelier d'art Patrick Bonetta, 67 ans. Trente mètres carrés, trente-cinq peut-être… Torride l'été, sibérien l'hiver, ouvert à tous les vents qui peinent à soulever la poussière collante libérée par le polissage du métal… Pour toute machine-outil, comme dit le maître de céans, une enclume et un assortiment de pinces et de marteaux aux manches luisants, lustrés par l'usage. La forge traditionnelle à charbon a disparu, remplacée par une forge à gaz, plus respectueuse du métal. « Avec le charbon, une seconde d'inattention, et votre acier brûle dans une gerbe d'étincelles, comme les cierges magiques des gosses à Noël », explique le coutelier, ceint du tablier de peau emblématique de son art, l'œil pétillant, le poil ras caché sous un bandana de biker. Item sans titre LA VIE DEVANT SOI Avec la polisseuse électrique, cette forge est la seule concession

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Hors-Séries 150 Lames des Lumières

Lames des Lumières

Quatorze générations de Beligné se sont succédé depuis la fondation de l'entreprise au siècle, un moment historique dont il ne reste guère de traces écrites car beaucoup de précieuses archives ont disparu dans l'incendie de l'hôtel de ville de Langres en 1892. Néanmoins, le premier coutelier nommé Beligné, qui se prénommait Guillaume, devint compagnon coutelier en 1603. Son talent lui permit de devenir un notable langrois, une position sociale qui aida son fils François (1625-1697) à passer maître coutelier. À cette époque, la chose n'était pas une évidence pour ceux qui étaient mal nés, et s'apparentait fort à une mission impossible. Toujours est-il que 1610 est considérée comme l'année officielle de création de la maison Beligné, mais il n'est pas interdit de penser que la tradition coutelière des Beligné remonte probablement à plus loin. Item sans titre Et qu'importe l'année précise, il est incontestable que cette société familiale est la plus ancienne coutellerie de France. En effet, depuis cette date, les Beligné

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Hors-Séries 150 Gravure et damas : portraits croisés

Gravure et damas : portraits croisés

Rencontre avec Gérard Goncalves, qui a été sacré Meilleur Ouvrier de France en coutellerie en 1997, à une époque où la coutellerie d'art faisait son entrée en France grâce au travail de professionnelles passionnées comme May Kindal ou Hélène Bouffil. Ancien salarié d'une entreprise de fabrication de crosses de fusil, Gérard Goncalves a commencé à s'intéresser à la gravure au début des années 1980, lors de son passage en Allemagne où il a découvert le travail de gravure sur les armes à feu. Il s'est ensuite installé en Corrèze pour exercer sa passion dans ses deux domaines de prédilection : la coutellerie et l'armurerie. Cet artiste de talent, formé par un maître armurier aux Pays-Bas, a été sollicité au milieu des années 1990 pour graver un couteau de Corrèze destiné à Jacques Chirac. Puis il a enchaîné plusieurs concours et obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France (MOF) en 1997. Item sans titre

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