Lorsque survient l'an mil, la cognée des bucherons a déjà entamé les forêts de l'Occident chrétien. Mais le pire est à venir. Durant les siècles suivants, les surfaces boisées sont en effet partout grignotées par les défrichements pour conquérir de nouvelles terres cultivables et répondre aux besoins de sociétés en pleine mutation. La croissance démographique, l'essor de villes et du grand commerce, de l'agriculture, qui profite d'innovations techniques et d'une embellie climatique, boostent en effet la demande en bois, un matériau au cœur de l'économie médiévale. On le consomme en quantités considérables pour le bâti, la construction navale, l'outillage ou l'artisanat. Et aussi comme combustible, sous ses formes ligneuses ou transformées en charbon de bois, pour se chauffer et cuisiner, ou pour alimenter une production manufacturière toujours plus florissante, de draps, verres, céramiques, lingots de métal… Au début du XIVe siècle, cette croissance économique et démographique marque toutefois le pas. Déjà affaiblie par la Grande Famine de 1314-18, l'Europe occidentale est ravagée de 1347 à 1352 par la peste noire qui fauche près de la
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