Alors que le jour se lève, un homme se penche sur la terre grasse, encore humide de rosée des rives de l'Euphrate. Dans sa main, un bâton fouisseur en bois durci au feu. Obstinément, il creuse des sillons pour y déposer les graines de blé sauvage qu'il a soigneusement recueillies. L'agriculture vient de naître et avec elle, un régime énergétique basé sur la force musculaire qui va façonner l'humanité pour des millénaires. « Tous les continents n'ont pas eu la même histoire. Mais il est au moins une coïncidence troublante, l'apparition presque simultanée, en plusieurs points du monde et sans lien les uns avec les autres, de l'agriculture et de l'élevage, entre 10 000 et 5 000 ans avant notre ère », s'enthousiasme le préhistorien Jean-Paul Demoule dans La révolution néolithique dans le monde. Au Proche-Orient, les premières preuves archéologiques indiquent la domestication des figuiers vers 11 300 av. J.-C., suivie par le blé et l'orge, puis les pois et les lentilles. « La domestication des herbivores, ovins puis bovins et plus tardivement chevaux débute entre l'Iran et l'Irak actuels », précise l'anthropologue Jean-Pierre Digard, directeur de recherche honoraire au CNRS. En Chine, la transition vers la
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