Les Cahiers de Science et Vie - Le numéro 227 du 5 février 2026

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La Une de Les Cahiers de Science et Vie n°227 du 05/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Les Cahiers de Science et Vie 227 ANNÉES 1960, CONTESTATION MONDIALE

ANNÉES 1960, CONTESTATION MONDIALE

Au tournant des années 1960, les campus américains bruissent d'une effervescence inédite. Longtemps, toute activité politique y avait été proscrite et l'apathie étudiante semblait inébranlable. Mais la ségrégation raciale, ce « cancer de la démocratie américaine » dénoncé par le Mouvement pour les droits civiques depuis les premières années de l'administration Kennedy, était devenue moralement intolérable pour la jeune génération, celle née après-guerre. Le 1er octobre 1964, l'arrestation à Berkeley d'un jeune militant est l'étincelle de trop. La voiture de police qui s'apprête à l'emmener est immédiatement encerclée par plusieurs milliers d'étudiants. Durant trente-deux heures, juchés sur le capot, ils réclament le droit de parler, de tracter, de militer, et dénoncent une administration sourde aux urgences morales de son époque. « Freedom now! », « I am a man », etc. : les slogans du Free Speech Movement (FSM) qui vient de naître résonnent sur le campus. La liberté d'expression sera finalement reconnue, élargie, garantie pour tous. Mais la flamme est loin de s'éteindre. Nourri par l'effervescence intellectuelle, l'héritage beatnik et une soif de justice, le FSM devient en effet le fer de lance national de

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Les Cahiers de Science et Vie 227 LE CHARBON ET LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE

LE CHARBON ET LA RÉVOLUTION INDUSTRIELLE

Lorsque survient l'an mil, la cognée des bucherons a déjà entamé les forêts de l'Occident chrétien. Mais le pire est à venir. Durant les siècles suivants, les surfaces boisées sont en effet partout grignotées par les défrichements pour conquérir de nouvelles terres cultivables et répondre aux besoins de sociétés en pleine mutation. La croissance démographique, l'essor de villes et du grand commerce, de l'agriculture, qui profite d'innovations techniques et d'une embellie climatique, boostent en effet la demande en bois, un matériau au cœur de l'économie médiévale. On le consomme en quantités considérables pour le bâti, la construction navale, l'outillage ou l'artisanat. Et aussi comme combustible, sous ses formes ligneuses ou transformées en charbon de bois, pour se chauffer et cuisiner, ou pour alimenter une production manufacturière toujours plus florissante, de draps, verres, céramiques, lingots de métal… Au début du XIVe siècle, cette croissance économique et démographique marque toutefois le pas. Déjà affaiblie par la Grande Famine de 1314-18, l'Europe occidentale est ravagée de 1347 à 1352 par la peste noire qui fauche près de la

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Les Cahiers de Science et Vie 227 L'ÈRE DES RÉSEAUX

L'ÈRE DES RÉSEAUX

La maîtrise de l'électricité a constitué un point de bascule dans l'histoire de l'humanité. Pour bien mesurer l'ampleur du changement, il faut se replonger dans la société du milieu du XIXe siècle. Un monde où les échanges restent contraints par les communications lentes ; où la bougie, l'huile et le gaz sont encore les seuls moyens d'éclairer les nuits sombres ; où le travail se cale sur les rythmes solaires et où le confort domestique reste sommaire ; où la plupart des déplacements s'effectuent encore au rythme de la marche ou du cheval… En quelques décennies seulement, les structures spatiales et sociales vont radicalement se reconfigurer. Grâce à l'électricité, les communications modernes contractent le temps et abolissent les distances. Dès le XIXe siècle, le télégraphe a fait advenir un monde interconnecté. Il permet des communications instantanées avec les campagnes les plus reculées et accélère la diffusion de l'information. En 1850, le réseau américain compte déjà 35 000 km de lignes. « C'est une extraordinaire évolution, souligne l'historien Alain Beltran. Dès 1851, on a pu

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Les Cahiers de Science et Vie 227 Nous ne voulons pas le pouvoir, nous voulons de la lumière ! »

Nous ne voulons pas le pouvoir, nous voulons de la lumière ! »

Cahiers de Science & Vie : Historiquement, la jeunesse a souvent constitué le ferment des révoltes. Comment l'expliquez-vous ? Cécile Van de Velde : Il y a d'abord une tendance de fond : pour se révolter contre un ordre établi, il faut des ressources en temps, en énergie, en force physique, parce qu'il y a souvent répression. Or les jeunes sont les plus à même de réunir ces ressources. Les jeunes hommes, surtout, quand il y a un rapport très direct avec les forces de l'ordre - même si l'on voit maintenant bien plus de femmes dans la rue, peut-être parce qu'elles sont aujourd'hui rendues plus visibles qu'elles ne l'étaient jusque-là. Ensuite, il y a les conditions sociales et structurelles liées à cet âge de la vie : devenir adulte, c'est intégrer un système qui peut faire mal en fermant ses portes. C'est un moment de l'existence où les jeunes découvrent une certaine forme d'adversité, que ce soit par les difficultés à fonder une famille, à trouver un logement, un travail - avec

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Les Cahiers de Science et Vie 227 LE FEU

LE FEU

On arrache un morceau de bois, on frotte, on souffle, et soudain apparaissent chaleur et lumière. Ce geste, en apparence modeste, a apporté à l'humanité bien plus que le confort prodigué par l'éclairage et la cuisson ; le feu est l'énergie fondatrice qui a rendu possibles toutes les autres. Sa domestication, il y a environ 400 000 ans, signe le début d'une relation trans-formative entre Homo sapiens et son environnement. Des découvertes récentes suggèrent que nos cousins néandertaliens auraient également allumé des feux à cette époque. En rendant les aliments plus tendres et plus digestes, la cuisson a d'abord considérablement ouvert le champ des ressources alimentaires accessibles aux humains, avec un impact direct sur notre évolution biologique. Le primatologue Richard Wrangham, dans son ouvrage Catching Fire: How Cooking Made Us Human (2009), défend en effet la thèse dite de « l'origine culinaire », selon laquelle cette pratique a été le catalyseur de notre développement cérébral : la « digestion » préalable des aliments par le feu aurait permis une réduction de

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Les Cahiers de Science et Vie 227 NUCLÉAIRE DE L'UTOPIE À LA CONTESTATION

NUCLÉAIRE DE L'UTOPIE À LA CONTESTATION

Au cœur des années 1930, la science est en effervescence. Après la découverte de la radioactivité naturelle dès 1896 par le physicien français Henri Becquerel, Irène et Frédéric Joliot-Curie découvrent en 1934 la radioactivité artificielle. Quelques années plus tard, les Allemands Otto Hahn et Fritz Strass-mann mettent eux au jour le principe de la fission : on réalise alors que la rupture d'un noyau d'uranium dégage une énergie hors-norme. Les laboratoires de physique européens décryptent, tour à tour, les larges potentiels de la fission nucléaire. Leur découverte, révolutionnaire, se révèle toutefois dangereuse. « Des bombes d'un genre nouveau et extrêmement puissantes pourraient être construites », avertit une lettre du prix Nobel Albert Einstein adressée au président Roosevelt. Alors qu'Hitler est déjà au pouvoir en Allemagne, plusieurs savants américains et européens réunis secrètement dans le Tennessee, aux États-Unis, s'attèlent à concevoir l'arme atomique, à la demande de Washington : il faut être plus rapide que l'Allemagne nazie. « Les scientifiques ont découvert la capacité de libérer une énergie considérable,

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