Nous Deux - Le numéro 4099 du 19 janvier 2026

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La Une de Nous Deux n°4099 du 19/01/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4099 L'agence des espoirs

L'agence des espoirs

L'endroit où je travaille à Paris en vaut bien un autre. Tout ce qui compte, c'est que j'y oublie mon ex, Jérémy, qui m'a culpabilisée sur mon poids pendant cinq ans. Depuis notre séparation, mes journées se ressemblent. Tous les jours à 8 h 30, mon alarme se déclenche. Je retire de ma bouche le chewing-gum à la nicotine pétri par la nuit, je le pose sur ma table de chevet et j'en prends un autre. Mon histoire avec la cigarette a débuté quand j'ai rencontré Jérémy. Pour pallier mes problèmes d'appétit et ressembler à ces jeunes starlettes avec lesquelles il passait son temps à me comparer, je me suis mise à fumer tout le temps. Quand j'ai commencé à bosser à Time Art, une agence de gestion des talents, un peu avant notre séparation, il m'a été impossible de continuer à fumer comme un sapeur-pompier. Du coup, je suis passée aux chewing-gums à la nicotine, ce qui me permet de mâcher mes clopes sans interruption. Désormais, je ne sors plus sans eux. C'est parfait pour restreindre mon apport calorique au cas où je tomberais par hasard sur Jérémy. Je le déteste, mais je rêve de le croiser au détour d'une rue de Paris. Je pourrais ainsi lui offrir l'image d'une fille complètement remise, absolument mince et sublime, un physique de star, et on s'aimerait comme avant… Après avoir enfourné un nouveau chewing-gum, je prends ma douche, je pleure Jérémy, je bois un peu d'eau, et je repleure Jérémy. Ensuite j'arrive à 10 heures, les yeux éclatés, au bureau. Je ravale mes larmes, j'essaie d'effacer de mon esprit le doux visage de Jérémy et je m'assois pile en face d'un autre assistant, Raphaël, fan de Tolstoï, de soupe aux butternuts et d'obscurs films datant de l'époque soviétique. Au moins deux fois par semaine, nous sommes obligés de rejoindre ma cheffe, Marie-Pierre de Terrail, pour déjeuner avec des clients, des agents et autres gens de cinéma. Je n'aime pas manger avec les autres. Si ça ne tenait qu'à moi, je mangerais une feuille de salade en relisant tous les textos

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Nous Deux 4099 Rendez-vous avec une inconnue

Rendez-vous avec une inconnue

Ses pas sont timides et incertains mais ses hésitations ne doivent rien au froid intense qui s'est abattu sur le pays depuis quelques jours. En ce mois de janvier, la température est tombée jusqu'à moins 6 degrés sur ce petit village de Normandie peu habitué à un tel climat. Maurice aimerait posséder davantage d'assurance en de telles circonstances. Il n'y parvient pas, malgré de réels efforts sur lui-même. Son esprit bouillonne. Des craintes l'envahissent parce qu'il ignore comment il va être accueilli. Va-t-elle tomber dans ses bras ou l'ignorer ? Va-t-elle lui ouvrir son cœur comme elle le faisait dans ses lettres ou bien se réfugier dans l'oubli ? Près de deux années se sont écoulées depuis leur dernier échange, deux années durant lesquelles quantité d'événements privés ont pu se produire. Catherine aime peut-être un autre homme ou s'est peut-être mariée ! Plus simplement, il est possible qu'elle ne pense plus à lui, cet inconnu d'autrefois, de sa vie passée. Quelque chose explique obligatoirement ces années de silence et Maurice redoute de le découvrir. À quelques mètres de la maison, il hésite encore. Une forme de lâcheté l'incite à renoncer, à faire demi-tour avant qu'il ne soit trop tard et qu'un rejet de la part de Catherine ne lui détruise le cœur et anéantisse les espoirs de son rêve d'avenir à deux. Il ne veut pas perdre ce qui lui reste de sentiments humains mis à mal par l'enfermement. Maurice observe les lieux avec plus d'attention : une ancienne ferme, construction simple et modeste avec un toit de briques dont la cheminée relâche une fumée claire. Elle est entourée d'un jardinet nécessitant pas mal de travail avant d'espérer fruits et légumes pour sa propriétaire. Les volets ont besoin d'une couche de peinture. Il paraît évident à Maurice qu'aucun homme ne demeure là. Cette pensée lui donne le courage d'avancer. Il pousse la barrière de bois de la clôture vétuste, progresse sur une allée de graviers vaguement entretenue, s'apprête à frapper au battant de bois épais, stoppe son geste en apercevant à sa

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Nous Deux 4099 Changer de vie

Changer de vie

Leur bande d'amis était déjà entrée à la Piscine quand Klaus et Greta traversèrent le jardin, après avoir garé leur voiture dans ce quartier excentré de Berlin. Les lieux avaient en effet été une piscine, construite dans les années 1930, en pleine période de l'Art déco. Des tribunes permettaient autrefois d'admirer les prouesses des nageurs et la plastique des nageuses, on se retrouvait dans des salons de thé ou dans le jardin aussi raffiné que la piscine. Épargnée par les bombes pendant la guerre mais délaissée ensuite, elle avait été sauvée par un groupe de mécènes amoureux de son architecture. Après des années d'abandon, elle était devenue un de ces lieux improbables, usines désaffectées, monuments détournés, que prisait la jeunesse branchée. À la Piscine, les spectacles et les expositions avaient remplacé les nageurs. On festoyait dans l'ancien bassin, on s'y mariait, dans des lumières étranges qui donnaient du rêve en plus à l'événement. Justement, Greta travaillait dans l'évènementiel et organisait des salons ou des fêtes : elle était une habituée de la Piscine. Klaus la fréquentait moins mais son agence de change l'avait aussi utilisée pour des rencontres de promotion. C'est ainsi qu'il avait fait la connaissance de Greta, qu'ils avaient découvert qu'ils avaient les mêmes goûts, le même attachement à la vie berlinoise dont ils aimaient le côté foldingue, les petites foulées dans le parc de Tiegarden, les films de Woody Allen et le surréalisme. Ils n'avaient pas aussitôt couché ensemble. À 30 ans, ils se méfiaient des élans spontanés qui aboutissent souvent à de pénibles désillusions. Ils étaient simplement restés ensemble, un soir, après un dîner chez des amis communs. Comme d'habitude, leur trajet longeait la façade d'un hôtel du quartier de Kreuzberg qui leur avait toujours paru d'un charme ineffable ; ce soir-là, ils hésitèrent puis : - Si on allait voir l'intérieur ? Un réceptionniste leva les yeux de son journal, dans un décor qui ressemblait à celui de la Piscine. Spontanément, Greta demanda une chambre. Ils avaient passé la nuit à s'aimer. C'était fou d'être

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Nous Deux 4099 Commis d'office

Commis d'office

Me Mathieu Girardin referma le classeur ouvert devant lui, baissa l'intensité de sa lampe de bureau, se frotta les yeux. Il s'était juré de clore ce soir cette affaire compliquée de fraude aux assurances. Il était plus de minuit et il n'avait pas vu le temps passer. Allez ! Un verre dans le canapé pour trinquer à la conclusion de ce dossier et il irait se coucher, bien qu'il n'eût pas sommeil. C'était une bête de travail, comme disait de lui Lucile, son associée. Les deux avocats quittaient leur cabinet commun à la même heure, mais elle savait que Mathieu continuerait sans doute chez lui quelque tâche. On ne le voyait jamais que chargé de dossiers. Ils s'entassaient sur la banquette arrière de sa voiture, s'empilaient dans son bureau où ils formaient de véritables murs. Il aimait cette vie consacrée au labeur, manière sans doute, pensait Lucile, d'oublier le divorce demandé par sa femme quelques années plus tôt, en raison justement du temps excessif qu'il consacrait à son métier. Il s'apprêtait à se servir un whisky quand son téléphone vibra sur la table. Sans même regarder le numéro, il décrocha. C'était la gendarmerie locale : il venait d'être désigné comme avocat commis d'office. Un certain Jules Cassini, soupçonné du meurtre de sa femme retrouvée étranglée, dans un taillis à quelques centaines de mètres du domicile familial, l'attendait. Mathieu était spécialisé dans le droit des affaires, domaine dans lequel il excellait et qui lui rapportait beaucoup d'argent. Mais il restait inscrit à ces commissions d'office qui lui permettaient de temps à autre de reprendre pied avec la réalité, l'humain, et le sortaient de ses optimisations fiscales ou autres litiges d'entreprises. Pourtant, ce soir, il se sentait fatigué, n'avait pas envie de se rendre à l'autre bout de la ville, d'entrer dans la gendarmerie sordide et délabrée. - Vous n'avez personne d'autre ? demanda-t-il d'un ton las au gendarme. - C'est-à-dire que vous êtes le seul à avoir décroché à cette heure… Dix minutes plus tard,

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Nous Deux 4099 Sous le ciel orangé

Sous le ciel orangé

Gabrielle avait appris la nouvelle de son départ imminent en Afrique en écoutant les messages sur son répondeur. Elle était désormais coutumière de ces appels professionnels qui lui demandaient de remplacer une infirmière indisponible. Elle se réjouit de partir à nouveau sur la plateforme pétrolière située au large de l'Angola. Sa mission serait d'une durée de trois semaines, voire plus si la situation l'exigeait. Comme chaque fois qu'elle quittait Paris, elle fit le tour de ses amis et des membres de sa famille. Tous lui prodiguèrent leurs conseils de prudence. Elle leur était reconnaissante de cette sollicitude. Elle confia son chat aux bons soins de sa voisine de palier. À 30 ans, elle demeurait célibataire. La côte africaine se profilait au loin lorsqu'elle ressentit le pincement au cœur qu'elle avait appris à connaître. Elle était envahie par un sentiment où se mêlaient la joie de vivre à nouveau l'aventure et l'appréhension du grand large. Après une heure et demie de vol depuis l'aéroport de Luanda, l'hélicoptère survola l'immense plateforme pétrolière. Elle se sentit toute petite. Elle aperçut la proue du navire où brûlait, jour et nuit, une torchère d'une centaine de mètres de haut. L'effet était saisissant. Elle contempla, les yeux écarquillés, la gigantesque unité qui exploitait le pétrole enfoui à plus de trois mille mètres sous sa coque. Le pilote posa l'appareil sur la piste d'atterrissage de la grande structure flottante. Les trois pieds de l'unité disposés au-dessus de la plateforme de production étaient enfoncés dans le fond de la mer. Gabrielle ôta sa combinaison de survie en descendant de l'hélicoptère et rejoignit Bruno, l'infirmier en chef, qui l'attendait dans son bureau. - Enchanté de te revoir ! Tous deux se côtoyaient depuis plusieurs années. Ils avaient appris à travailler ensemble et s'appréciaient mutuellement. Il lui remit la clé de sa chambre et lui rappela qu'elle avait la chance de ne pas devoir la partager avec

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Nous Deux 4099 Maud J'ai créé un concours de beauté dans nos Ehpad

Maud J'ai créé un concours de beauté dans nos Ehpad

Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025, avait 34 ans. Mais elle reste une jeunette à côté de cette lauréate ! L'an dernier, Berthy Bach a été sacrée Miss Grand-Mère France 2025 à l'âge de… 87 ans. Cette octogénaire mosellane a reçu sa couronne et son écharpe après un concours ayant rassemblé près de 700 candidates. « C'était très émouvant car elle semblait très heureuse », se souvient Maud Perault, l'organisatrice du concours. Pour l'occasion, cette résidente de l'Ehpad de Freyming-Merlebach (Moselle) avait été assistée par Lisa et Samuel, deux apprentis en coiffure du CFA voisin. Ce sont ces jeunes du centre des métiers Camille-Weiss, de Forbach, qui ont coiffé et maquillé Berthe. C'est justement l'objectif de ce concours : permettre aussi un échange entre les générations. Un concours national de coiffure Infirmière en Ehpad aux Jardins d'Iroise, à Brion (Maine-et-Loire), Maud Perault a eu cette belle idée en 2023. « Au

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