Nous Deux - Le numéro 4102 du 9 février 2026

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La Une de Nous Deux n°4102 du 09/02/2026

Au sommaire de ce numéro

Nous Deux 4102 La vie sur un fil

La vie sur un fil

Gilles savait qu'il n'était pas le premier à se trouver dans cette situation, que des générations et des générations d'hommes l'avaient précédé depuis la nuit des temps. Pourtant, Gilles se sentait quand même le premier, parce que dans cet épisode si intime de la vie, l'expérience des autres avant nous compte peu. Emelia était entrée en salle de travail à 9 h 35 exactement, ce matin-là, et Dieu seul savait à quelle heure elle en sortirait. - S'il est comme sa maman, avait plaisanté le presque-papa en l'aidant à s'installer dans la voiture en route pour la clinique, on n'est pas rentrés pour dîner… Emelia avait levé un sourcil furibond, pour la forme, car elle ne pouvait contester que sa principale qualité n'était pas l'exactitude aux rendez-vous. Elle arrivait presque toujours en retard, mais tenait à rattraper le temps perdu en restant un peu plus que prévu avec la personne, afin de ne pas la léser. Ce qui la mettait encore plus en retard pour le rendez-vous suivant. C'était sans fin. Mais elle était la première à en rire et à s'en désoler à la fois. Elle était comme ça, Emelia, un amas de contradictions harmonieusement ajustées en une jolie jeune femme de 30 ans. Pas le temps de s'ennuyer avec elle. Et c'était peut-être pour ça - c'était sans doute pour ça ! - que Gilles était amoureux d'elle comme au premier jour. Le « petit », auquel il n'avait pas voulu donner de nom définitif par superstition, était déjà en retard dans le ventre de sa mère. Il avait trop attendu pour faire sa dernière pirouette. Ce serait « un siège », comme on les appelle communément. Un cas finalement assez commun pour ne pas s'inquiéter exagérément - même si la grand-mère d'Emelia, qui passait plus de temps à l'église que dans sa propre maison, s'en remettait à saint Ghislain, invoqué dans les cas d'accouchement difficile. Gilles, lui, trop émotif, après quelques hésitations, avait préféré ne pas assister à ce moment. Emelia était mille fois d'accord. - J'aurai assez à m'occuper de moi-même sans avoir à t'encourager en plus… , lui avait-elle glissé dans un baiser. Chaque fois

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Nous Deux 4102 La cavale

La cavale

Karine se glissa doucement hors de son lit. Toutes les filles dormaient. Il était minuit. C'était le moment qu'elle attendait tant pour lever le camp. Elle avait égrené les heures, à l'écoute de chaque respiration, chaque soupir, jusqu'à être sûre que tout le dortoir avait bien sombré dans les bras de Morphée. La surveillante allait hurler le réveil à 6 heures, elle pouvait prendre son temps, elle en avait devant elle. Les gémissements de Céline lui firent hocher tristement la tête. Cette camarade faisait régulièrement des cauchemars en dormant. Elle n'avait rien à craindre d'elle. Si jamais elle se réveillait, elle lui expliquerait… elle comprendrait… elle se tairait. Une copine gentille, sa seule amie, qu'elle allait abandonner, et ça la peinait. Mais elle n'avait pas pu lui proposer de partir avec elle, la sachant trop peureuse. Elle aussi l'était mais, au contraire de son amie, ne craignait pas les surveillantes. Sa peur venait plutôt de ses compagnes du pensionnat. Notamment deux, Élodie et Martine, qui la harcelaient continuellement. Elle avait une déformation de la jambe droite, due à une chute de balançoire étant enfant, et boitait. C'était un constant sujet de moquerie de la part des autres, mais surtout de ces deux filles, plus fortes physiquement que toutes les pensionnaires, et qui en profitaient pour faire la loi. On ne devait pas seulement obéir aux surveillantes, mais en passer par où ces deux persécutrices voulaient : on faisait leurs lits, on lavait leur petit linge, on leur donnait les meilleurs morceaux à la cantine… Quelques jours plus tôt, Karine s'était rebellée et les avait menacées de les dénoncer à la directrice. Que n'avait-elle pas dit là ! Le lendemain matin, Martine, la plus costaude des deux, l'avait plaquée contre le mur du couloir de la classe juste avant leur entrée. Elle lui avait alors annoncé qu'en représailles, elle allait la tuer dans son sommeil. Sa copine Élodie s'était approchée d'elles et, ricanant, avait précisé qu'elle la réveillerait d'abord et lui collerait un scotch sur la bouche avant que Martine ne l'étouffe avec son oreiller. Elle

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Nous Deux 4102 La rencontre miraculeuse

La rencontre miraculeuse

Je me tenais près de la caisse, dans un centre commercial de Saint-Denis, quand il se présenta la première fois. Il était environ 20 heures et j'avais encore une quarantaine de minutes à supporter avant que le magasin ne ferme et que je puisse enfin rentrer chez moi. Dans une vitrine du rayon enfant, un célèbre personnage de manga me lançait de joyeux saluts avec son sabre japonais. Je surveillais ses mouvements tout en réfléchissant à ma situation. Je commençais à comprendre ce mécanisme de survie qui avait poussé Aron Ralston, un alpiniste américain, à s'amputer lui-même le bras avec un canif afin de se libérer du bloc de pierre dans lequel il était retenu prisonnier. Des scénaristes géniaux avaient eu l'idée d'en faire un film. Pour ma part, la seule idée qui me traversait l'esprit, c'était de me couper la jambe avec ce sabre japonais pour avoir le droit à quelques jours de congé. C'était une soirée morte. Depuis une heure, il y avait moins de clients que de vendeurs. J'étais la seule vendeuse du rayon mode, femmes et lingerie. Je m'étais déjà occupée à rajuster les robes, à fermer les manteaux, à remettre des soutiens-gorges sur des cintres à pinces, et à vérifier que les jeans étaient tous tournés du même côté sur leurs portants. Non par amour du travail bien fait, mais simplement par ennui. Seul l'ennui peut conduire à ce degré de méticulosité, surtout pour 11,65 euros brut de l'heure, soit 9,23 euros (déduction des cotisations salariales comprises). Je m'ennuyais. Terriblement ! C'était le genre de moment où n'importe quel client aurait fait l'affaire. Même l'homme le plus ordinaire de l'histoire de l'humanité ! Sauf que le beau brun qui se présenta devant moi, ce soir-là, était tout sauf ordinaire. C'était le sublimissime Adam Davis, connu pour son rôle dans la série mille fois primée, Young Girls, plébiscité par la critique pour ses grands rôles au cinéma, la star franco-américaine de 37 ans, élue « personnalité la plus sexy de l'année » par tous les

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Nous Deux 4102 Désir inattendu

Désir inattendu

Cette journée du 14 février était très importante. Non pas parce que c'était la Saint-Valentin, je m'en fichais royalement, mais juste parce que, au travail, étaient décernées les promotions… Aussi je n'avais pas bien dormi. Je me levai vers 6 heures pour me doucher, et ce faisant, je devais passer devant la chambre de mon collègue de travail Raphaël. Encore une fois, ils n'avaient pas fermé leur porte de chambre… Je pensais les voir s'ébattre, comme ils le faisaient pratiquement tous les matins, et risquai un œil discret par l'entrebâillement de leur porte. À la seule lueur des lampadaires de la rue, je distinguai Fanny, fille que je détestais au plus haut point, dormant en chien de fusil au bord du lit. De l'autre côté, mon ami Raph faisait de même. Entre les deux, une tranchée faite de draps et de couverture : ils ne pouvaient être plus éloignés l'un de l'autre. Cela coïncidait-il avec la querelle d'hier soir ? J'aurais pourtant apprécié les épier en train de faire l'amour. Observer Raphaël embrasser chaque recoin du corps nu de sa partenaire. Reluquer Fanny et ses mouvements de bassin dont elle seule avait le secret… Là, immobile derrière cette porte, je m'imaginais des scènes torrides dont j'aurais aimé être protagoniste. Soudain, me sortant de mon songe, le buste de Fanny se redressa dans cette relative pénombre, et j'eus l'impression de croiser son regard… Ma serviette-éponge me tomba des mains. Je la ramassai, penaud, et je filai, rouge de honte, à la salle de bains. L'excitation était à son comble dans la start-up. Tout le monde faisait semblant de travailler, mais nous attendions tous, sans le dire, l'arrivée de Yannick, le directeur, avec les enveloppes de promotion. Elles tombaient de manière traditionnelle, tous les ans, le 14 février. - Au moins ceux qui ne sont pas augmentés se feront consoler par leur conjoint, aimait-il à répéter. Pas faux… Mais pour moi, qui

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Nous Deux 4102 Un menu qui fait craquer !

Un menu qui fait craquer !

½ citron vert - 8 cl de jus de cranberry bien frais - 8 cl de vodka - 2 cl de Campari - 1 dizaine de glaçons 1. Versez la vodka dans un shaker avec le Campari, le jus du citron vert et la moitié des glaçons. Agitez énergiquement pendant 2 minutes. 2. Répartissez la préparation dans 2 verres en la versant au travers du filtre à shaker. 3. Complétez avec le jus de cranberry. Ajoutez des glaçons et servez aussitôt. ¼ de saucisse de Morteau - ¼ de patate douce - 1 poignée de roquette - 100 g de bleu d'Auvergne taillé en lamelles - 100 g de reblochon taillé en lamelles - 10 g de beurre - 8 minipains burger Graines de sésame blanc, noir et grillé - Sel et poivre 1. Tranchez la

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Nous Deux 4102 Que manger quand on a toujours froid ?

Que manger quand on a toujours froid ?

En hiver, pour maintenir notre température interne à 37 °C, notre organisme doit dépenser une plus grande quantité d'énergie qu'en temps normal. Si, en plus, on se sent un peu fatiguée, que l'on est stressée ou carencée en certains nutriments, la thermorégulation se fait encore plus difficilement. Résultat : on grelotte toute la journée ! La frilosité touche davantage les femmes que les hommes. Rien d'étonnant à cela : notre masse musculaire moins importante, une circulation sanguine souvent plus lente ainsi que des besoins énergétiques qui varient en fonction de notre cycle hormonal nous prédisposent à avoir rapidement froid. Mais certains aliments ont la capacité d'aider le corps à produire naturellement plus de chaleur : ils stimulent la thermogenèse, c'est-à-dire l'augmentation de la chaleur produite après l'ingestion de nourriture,

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