J'ai toujours été sujette aux pressentiments. D'ailleurs, à Bréville-sur-Étang, plusieurs de mes voisines viennent solliciter mon avis avant de prendre une décision importante. Certaines me conseillent même de m' installer comme voyante, car je gagnerais beaucoup plus d 'argent qu'en faisant le ménage chez les particuliers. Je dois avouer que mon intuition m'étonne moi-même. Par exemple, le matin où la femme de l'ancien instituteur est allée se noyer dans l'étang, j'avais ressenti une angoisse inexplicable. J'avais même prévenu Mme Sireude, la boulangère, qu'un malheur allait bientôt s'abattre sur le village. Et quand des gamins ont crié qu'ils avaient aperçu un corps qui flottait dans l'étang, je n'ai pas été étonnée. Mme Sireude l'a raconté le lendemain à tout le monde, et c'est depuis ce jour-là que les gens du village viennent me consulter. Quand j'ai répondu à l'annonce de M. et Mme Astorri, les nouveaux propriétaires du château de Bréville-sur-Étang qui cherchaient une femme de ménage, j'ai tout de suite senti qu'un drame menaçait leur couple. J'aurais même pu l'annoncer par avance à Mme Sireude, mais j'a i eu peur qu'elle ne le répète à toutes ses clientes ! Si ces nouveaux châtelains avaient appris que je faisais courir des rumeurs sur eux, ils ne m'auraient sûrement pas engagée. Ces gens-là attisaient ma curiosité. Ils n'étaient pas de la région, et ils portaient aussi
Le contenu complet de cet article est réservé aux abonnés. Vous pouvez également acheter Pleine Vie n°476 au format digital. Vous le retrouverez immédiatement dans votre bibliothèque numérique KiosqueMag.
Voir plus