C'est un drôle de paradoxe. Jamais les appareils photo et leur autofocus, dopés à l'IA, n'ont été aussi fiables, si bien que l'obtention d'une image floue relève au mieux d'un réglage mal ajusté, au pire d'un accès de paresse. Pourtant, les photos imparfaites - comprenez “pas nettes” - prisées par les générations Z et Alpha (lire encadré) déferlent sur les réseaux sociaux, mais aussi, et c'est bien ce qui trouble nos âmes de passionnés, dans la presse magazine, signe que cet élan nostalgique gagne tout autant les amateurs que les photographes pros, forcés de s'adapter. “J'ai même remarqué récemment des photographes qui travaillent avec des caméras pour en extraire des images pas très nettes mais qui ont un grain, un cachet particulier” , confie Franck Seguin, directeur de l'image et photographe à L'Équipe , principalement chargé des magazines. “Certains diffusent leurs clichés sur un vieux téléviseur et le prennent en photo ! On est plus dans une démarche artistique que dans la photographie” , poursuit-il. Les lignes éditoriales fluctuent au gré des époques pour “coller” le plus possible aux codes esthétiques contemporains, même dans un domaine comme la photographie de sport, où la netteté est reine, garante à la fois de l'immortalisation et de l'identification des exploits des athlètes. Une distinction doit toutefois être établie entre le compte rendu factuel à chaud d'un événement et l'écriture magazine, plus permissive aux yeux de Franck Seguin : “Pendant des années, nous avons vécu avec l'idée qu'une photo pas nette était à jeter à
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