Pourriez-vous nous décrire votre univers artistique ? Je fais de la photo noir et blanc. Je ne suis pas photographe documentaire ni photojournaliste, mais plutôt dans une démarche d'auteur, poétique et autobiographique, inspirée par la littérature, par les rêves, par tout ce que l'on ne comprend pas, par les questions que je me pose, par le lien au monde. Ma photographie n'est pas là pour montrer quelque chose, elle laisse ( je l'espère) libre cours à quelque chose de plus vaste, de plus ouvert, un imaginaire, quelque chose qui ne décrit pas, qui ne contraint pas celui qui regarde. Vous êtes née en 1978, quelle enfant étiez-vous et où avez-vous grandi ? J'ai grandi dans le Sud-Ouest de la France. Dans une petite bourgade traversée par une nationale, non loin de Bayonne, avec la mer à côté. La maison familiale était un peu à l'écart du village, nichée au cœur d'une forêt, assez isolée. Racontez-nous votre enfance… Ma mère était américaine, d'origine aço-réenne. Elle a grandi aux États-Unis. Elle avait une personnalité très vivante, très gaie et spirituelle. Mon père était français, un peu ténébreux, il avait coupé avec son éducation catholique bourgeoise. C'était un artiste qui ne pensait qu'au travail. Il se levait à 4 h du matin pour dessiner. Mon père avait hérité d'une grande maison un peu délabrée à une époque où, à Paris, il commençait professionnellement à percer dans le milieu du dessin, notamment aux côtés de Wolinski avec Charlie mensuel. Il a tout quitté pour venir s'installer avec ma mère dans cette grande maison du Sud de la France. Il a su nourrir sa famille
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