Réponses Photo - Le numéro 388 du 5 mars 2026

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La Une de Réponses Photo n°388 du 05/03/2026

Au sommaire de ce numéro

Réponses Photo 388 Un outil à ne pas négliger

Un outil à ne pas négliger

Instagram ou un site Internet ? Dans notre époque moderne, une chose est demandée de plus en plus, c'est d'être son propre communicant. Rares aujourd'hui sont ceux qui ne sont pas sur les réseaux sociaux, une véritable vitrine de son travail, que l'on met à jour régulièrement pour faire connaître ce que l'on fait, nos dernières images, nos derniers voyages, etc. Mais si l'on passe beaucoup de temps (trop !) sur les réseaux sociaux, un élément est resté bien trop souvent oublié ces dernières années : celui d'avoir un site Internet. À quoi bon quand on peut publier ses meilleures photos sur son Ins-tagram et avoir des milliers de réactions ? Pour une raison : ils ne servent pas à la même chose. On peut même dire qu'ils se complètent. Si un éditeur, un commissaire d'exposition, un journaliste ou un directeur artistique a repéré votre travail sur Instagram, son réflexe sera d'aller plus loin, de découvrir votre démarche et donc de se rendre sur votre site. Ins-tagram mais aussi Behance ou d'autres plateformes où vous publiez vos images ont un rôle d'appât. Ils sont essentiels lorsque l'on développe une stratégie de photographe aujourd'hui pour exister, mais ils ne suffisent pas. Une carte de visite Contrairement à un réseau social, votre site Internet constitue votre véritable carte de visite. Admettez-le, donner son compte Instagram à un rendez-vous, cela ne fait pas très professionnel. Au contraire, le site Internet joue bien ce rôle de carte de visite virtuelle (que l'on peut et même doit inscrire sur une carte de visite physique !). C'est votre site que l'on va aller voir quand on vous

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Réponses Photo 388 Gabrielle Duplantier

Gabrielle Duplantier

Pourriez-vous nous décrire votre univers artistique ? Je fais de la photo noir et blanc. Je ne suis pas photographe documentaire ni photojournaliste, mais plutôt dans une démarche d'auteur, poétique et autobiographique, inspirée par la littérature, par les rêves, par tout ce que l'on ne comprend pas, par les questions que je me pose, par le lien au monde. Ma photographie n'est pas là pour montrer quelque chose, elle laisse ( je l'espère) libre cours à quelque chose de plus vaste, de plus ouvert, un imaginaire, quelque chose qui ne décrit pas, qui ne contraint pas celui qui regarde. Vous êtes née en 1978, quelle enfant étiez-vous et où avez-vous grandi ? J'ai grandi dans le Sud-Ouest de la France. Dans une petite bourgade traversée par une nationale, non loin de Bayonne, avec la mer à côté. La maison familiale était un peu à l'écart du village, nichée au cœur d'une forêt, assez isolée. Racontez-nous votre enfance… Ma mère était américaine, d'origine aço-réenne. Elle a grandi aux États-Unis. Elle avait une personnalité très vivante, très gaie et spirituelle. Mon père était français, un peu ténébreux, il avait coupé avec son éducation catholique bourgeoise. C'était un artiste qui ne pensait qu'au travail. Il se levait à 4 h du matin pour dessiner. Mon père avait hérité d'une grande maison un peu délabrée à une époque où, à Paris, il commençait professionnellement à percer dans le milieu du dessin, notamment aux côtés de Wolinski avec Charlie mensuel. Il a tout quitté pour venir s'installer avec ma mère dans cette grande maison du Sud de la France. Il a su nourrir sa famille

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Réponses Photo 388 LE FLOURÉCIT D'UNE TENDANCE

LE FLOURÉCIT D'UNE TENDANCE

C'est un drôle de paradoxe. Jamais les appareils photo et leur autofocus, dopés à l'IA, n'ont été aussi fiables, si bien que l'obtention d'une image floue relève au mieux d'un réglage mal ajusté, au pire d'un accès de paresse. Pourtant, les photos imparfaites - comprenez “pas nettes” - prisées par les générations Z et Alpha (lire encadré) déferlent sur les réseaux sociaux, mais aussi, et c'est bien ce qui trouble nos âmes de passionnés, dans la presse magazine, signe que cet élan nostalgique gagne tout autant les amateurs que les photographes pros, forcés de s'adapter. “J'ai même remarqué récemment des photographes qui travaillent avec des caméras pour en extraire des images pas très nettes mais qui ont un grain, un cachet particulier” , confie Franck Seguin, directeur de l'image et photographe à L'Équipe , principalement chargé des magazines. “Certains diffusent leurs clichés sur un vieux téléviseur et le prennent en photo ! On est plus dans une démarche artistique que dans la photographie” , poursuit-il. Les lignes éditoriales fluctuent au gré des époques pour “coller” le plus possible aux codes esthétiques contemporains, même dans un domaine comme la photographie de sport, où la netteté est reine, garante à la fois de l'immortalisation et de l'identification des exploits des athlètes. Une distinction doit toutefois être établie entre le compte rendu factuel à chaud d'un événement et l'écriture magazine, plus permissive aux yeux de Franck Seguin : “Pendant des années, nous avons vécu avec l'idée qu'une photo pas nette était à jeter à

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Réponses Photo 388 Les coulisses d'un logiciel photo français

Les coulisses d'un logiciel photo français

Quel est l'outil que nombre de photographes utilisent presque autant que leurs appareils photo ? Leur logiciel de développement d'image, pardi ! Un programme incontournable pour la plupart d'entre nous, mais finalement assez peu connu. Comment s'organise son développement ? Combien de personnes sont-elles nécessaires ? Comment sont réalisés les arbitrages ? Et quels sont les fonctions écartées et les échecs de développement ? En marge des annonces, des tutoriels et des zooms sur les nouvelles fonctionnalités, nous savons en réalité assez peu de choses des dessous d'un tel logiciel. Nous avons donc entrepris de tenter de vous raconter un peu de cette histoire. Mais pour cela, il nous fallait un sujet d'étude. Le roi du marché, c'est évidemment Lightroom de l'éditeur de logiciels américain Adobe. Mais San José en Californie, c'est assez loin. Et pourquoi traverser l'Atlantique quand il suffit de prendre un vélo ou un bus pour aller rencontrer le champion français : DxO Labs. Le projet ? Organiser une visite des locaux boulonnais de DxO, parler avec des cadres et des ingénieurs. Culture du secret Après avoir plusieurs fois relancé le sujet au cours des dix-huit derniers mois, la visite des locaux sur laquelle nous comptions ne reçoit pas le feu vert de la direction. Nous avons cependant échangé avec Jean-Marc Alexia, vice-président chargé du marketing et de la stratégie produits, un des tauliers de l'entreprise. Nous commençons logiquement l'entretien avec l'annulation de la visite et le (trop) grand nombre de “Nous ne communiquons

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Réponses Photo 388 De la plaque au papier, un panorama des procédés disparus

De la plaque au papier, un panorama des procédés disparus

Le papier albuminé est le principal procédé de tirage dans la seconde moitié duXIX siècle. Il offre une grande finesse de détails grâce à sa surface brillante, des dégradés nuancés et une tonalité plus ou moins aubergine. Inventé par Louis Désiré Blanquart-Évrard en 1850, c'est un papier à noircissement direct pour le tirage par contact : l'image se forme par la seule action de la lumière. Il est fabriqué manuellement, avec un papier très fin, réputé pour délivrer une meilleure qualité d'image. Le papier est d'abord enduit par flottaison dans une solution de blanc d'œuf battu et décanté, additionnée de chlorure de sodium ou d'ammonium. Une fois sèches, les feuilles peuvent se conserver un certain temps. La sensibilisation se fait par flottaison dans une solution de nitrate d'argent. Les photographes sensibilisent le papier juste avant l'exposition à la lumière du jour, riche en UV. La tonalité orangée de l'image obtenue par noircissement direct devient noir violacé grâce à un virage au chlorure d'or avant le fixage dans un bain de thiosulfate de sodium. Le succès du procédé s'est transformé en industrie, notamment en Allemagne, avec des entreprises qui possèdent leurs propres fermes de poules pondeuses, car la demande en

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Réponses Photo 388 CHOSES À SAVOIR SUR ROBERT CAPA

CHOSES À SAVOIR SUR ROBERT CAPA

1 Infidèle au Leica Si, dans l'imaginaire collectif, Robert Capa reste définitivement associé au Leica, il aura en réalité employé d'autres modèles pendant ses vingt-deux ans de carrière. C'est avec un Leica (I ou II) que Capa fait sa première photo connue, celle de Léon Trotski venu donner un meeting sur la révolution russe à Copenhague en 1932. Il travaille alors comme tireur pour l'agence Dephot à Berlin. Il remplace au pied levé le reporter qui devait couvrir l'événement, et Simon Guttmann, le patron, lui met entre les mains cet appareil 24×36 léger et discret qui lui permettra de s'approcher et d'obtenir de meilleures images que les autres reporters équipés de lourds boîtiers à plaque. Quand, en 1933, Capa quitte Berlin pour fuir le régime nazi, il ne possède pas grand-chose, à part son appareil. Mais, manquant d'argent à Paris, il doit plusieurs fois le mettre en gage. C'est toujours au Leica qu'il immortalise la guerre d'Espagne, mais pas seulement : la célèbre photo du milicien fauché a été prise avec un Reflex-Korelle 6×6. Notons aussi, pour les séquences filmées, son emploi de la fameuse caméra

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