Quand Juliette Armanet chante, elle a la voix qui danse, qui vole sur toute la gamme, tandis que ses mains courent sur le piano. Silhouette menue, gracile, légère, l'artiste n'avance pas : elle glisse. À 20 ans, elle est journaliste. À 30, musicienne, et en deux albums, elle file sur le devant de la scène pop. À 40, elle passe le cap du cinéma, et fait l'ouverture du Festival de Cannes avec Partir un jour d'Amélie Bonnin. C'était en mai dernier. Quelques mois plus tôt, avec Sofiane Pamart au piano, elle voguait sur la Seine en chantant John Lennon, pour l'ouverture des JO. Avec elle, le mouvement est fluide. Perpétuel. Facile ? « Mon rêve a toujours été de faire du théâtre, explique-t-elle. J'aimais l'idée de jouer un rôle, d'incarner un personnage et d'être dans le temps présent d'une représentation - j'ai retrouvé ça, d'ailleurs, en concert. Mais j'ai longtemps eu peur de ne pas être légitime. J'ai une forme de timidité qui me retient d'occuper l'espace, tant que je ne suis pas sûre que la place soit pour moi. » Le succès qu'elle rencontre en musique entraîne les premières propositions de cinéma. Elle hésite, elle réfléchit, elle refuse… Et puis se jette à l'eau. Partir un jour est d'abord un court-métrage, son personnage parle autant qu'il chante, la réalisatrice sait la convaincre : elle est en confiance, elle y va. Elle y prend goût : « C'est
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