La pièce est petite. La porte est vitrée. Ouverte chaque jour, entre 8 heures et 9 heures, par Amélie Nothomb, et ça fait vingt-quatre ans que ça dure : l’écrivaine est l’une des rares, si ce n’est la seule, à avoir un bureau chez son éditeur, et elle y tient. Délimiter l’espace, structurer le temps, distinguer les écritures : les romans, ce sera chez elle, à partir de 4 heures du matin, et pour quatre heures au moins. Ici, ce sera le courrier. Qui s’entasse, qui s’empile, et un jour, elle en fera des « cathédrales gothiques », mais elle y répond. Toujours. Pourquoi ? Parce que. « Non, ça ne m’aide pas à me sentir moins seule, s’agace-t-elle. Non, je n’y trouve pas l’inspiration pour mes romans. C’est un geste gratuit. Je le fais, c’est comme ça. Mais c’est fou que ça interroge à ce point. » Elle s’y retrouve ? Bien sûr. « Pour moi, c’est rangé, rit-elle. En fait, entre les livres, les objets, les photos et le courrier, ça fait des couches de sédiments… Et qui sait, peut-être qu’un jour, on y fera de l’archéologie, comme dans les ruines de Troie ! » Une étincelle d’espièglerie dans le regard, Amélie Nothomb fait le tour de la table et s’installe, juste à côté d’une affiche de Gaston Lagaffe : « Voilà, Gaston et son courrier, c’est tout moi. » La voix est douce, le sourire est engageant, alors
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